Économie https://finance-heros.fr/categorie/economie/ Prenez les bonnes décisions financières ! Tue, 25 Nov 2025 08:33:25 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.3.7 Bailout : traduction, définition et explications https://finance-heros.fr/bailout/ Tue, 19 Dec 2023 09:40:12 +0000 https://finance-heros.fr/?p=69859 La crise financière de 2008 a été marquée par la peur d’un effondrement général de l’économie. En cause, des établissements financiers au bord de la faillite pour avoir pris des risques inconsidérés. Jugés trop indispensables pour faire faillite (« Too big to fail »), ces établissements ont été massivement renfloués par les Etats afin de préserver la […]

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La crise financière de 2008 a été marquée par la peur d’un effondrement général de l’économie. En cause, des établissements financiers au bord de la faillite pour avoir pris des risques inconsidérés. Jugés trop indispensables pour faire faillite (« Too big to fail »), ces établissements ont été massivement renfloués par les Etats afin de préserver la stabilité financière mondiale. Or, ces renflouements (bailout en anglais) ont été massivement critiqués tant il est vrai que l’argent frais injecté provenait de fonds publics, c’est-à-dire appartenant à vous et moi.

En quoi consiste précisément un bailout ? Existe-t-il des exemples de bailouts en France ? Les bailouts sont-ils toujours d’actualité ? Autant de questions auxquelles je réponds dans cet article ⤵

Qu’est-ce qu’un bailout ?

Le mot anglais bailout peut se traduire par « renflouement ». Renflouer une structure consiste à lui apporter les ressources nécessaires à sa survie.

Par abus de langage, un bailout est assimilé à une l’injection de trésorerie par une Administration dans un établissement financier pour éviter qu’il ne fasse faillite. Aussi, le premier objectif d’un bailout est-il de protéger les créanciers et les déposants contre l’éventualité de tout perdre.

En réalité, les entreprises peuvent aussi bénéficier de fonds publics pour assurer leur pérennité. Par exemple, pendant la crise du Covid, l’Administration a mis en place un programme de 20 milliards d’euros intitulé « renforcement exceptionnel des participations financières de l’Etat dans le cadre de la crise sanitaire ». Ce programme visait à soutenir des grands groupes stratégiques en difficulté, dont les faillites pouvaient entraîner des difficultés économiques en chaîne. Air France, la SNCF et Safran en ont par exemple bénéficié.

Le terme bailout a pris une ampleur inédite pendant la crise financière de 2008. En effet, entre 2008 et 2017, l’UE aura injecté 665 milliards d’euros de capital et 1 296 milliards d’euros de trésorerie dans le secteur financier !

Techniquement, un bailout peut prendre des formes très diverses : prêts, apports en compte courant, souscription à des obligations, achat d’actions nouvellement émises etc.

Exemples de bailouts en France

Pendant la crise des subprimes de 2008, l’Etat Français a notamment injecté des liquidités dans plusieurs établissements bancaires en difficultés via la SPPE (La Société de prise de participation de l’Etat). Ces injections ont pris la forme de prises de participation directes en contrepartie d’engagements éthiques et moraux de la part des banques.

EtablissementInjection
(en Mds d’euros)
BNP Paribas7,65
Société Générale3,40
Crédit Agricole3,00
Caisses d’Epargne2,20
Banques Populaires1,90
Crédit Mutuel1,20
Montants des injections de fonds propres dans les banques françaises par la SPPE

À noter que la rémunération des titres émis avait été fixée à 8%, permettant à l’opération d’être, in fine, profitable.

Le bailin pour remplacer le bailout ?

Pour limiter le sentiment d’impunité des établissements financiers et pour répondre au mécontentement des contribuables, les politiques, ont, depuis la crise des subprimes, cherchés des alternatives aux bailouts. Et c’est précisément dans ce contexte qu’est né le bailin.

Le bailin est un mécanisme par lequel un établissement bancaire en difficulté est secouru, non pas par une Administration, mais par ses créanciers. Autrement dit, dans le cadre d’un bailin, c’est le secteur privé qui met la main à la poche (les actionnaires et les déposants notamment).

Cette alternative résulte de la signature d’un accord européen en 2013, transposé dans le droit de chacun des pays membres de l’UE. Cet accord est effectif en France depuis 2016.

À titre d’exemple, l’Etat de Chypres a employé un bailin en 2013 pour secourir la « Bank of Cyprus ». C’est ainsi que les dépôts des clients disposants de plus de 100.000€ ont été ponctionnés pour rétablir la situation financière de l’établissement.

Conclusion

Le bailout, largement utilisé dans l’histoire et en particulier suite à la crise des subprimes, a fait couler beaucoup d’encres. L’idée qu’un établissement puisse, parcequ’il est indispensable à la survie d’une économie, s’affranchir de ses responsabilités, a fait réagir les gouvernements du monde entier. Ainsi, en cas de nouvelle crise, ce ne sont plus les Etats qui porteront assistance (bailout) mais les créanciers (bailin). Ceci étant dit, bailout ou bailin, la banque sera, quoi qu’il en soit, sauvée. Est-ce donc un changement de politique si déterminant ? La question mérite d’être posée.

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Le seuil de pauvreté https://finance-heros.fr/seuil-pauvrete-france/ Tue, 29 Aug 2023 17:19:12 +0000 https://finance-heros.fr/?p=27914 Qu’est-ce que le seuil de pauvreté ?  Le seuil de pauvreté désigne le revenu minimum en deçà duquel une personne est considérée comme pauvre, dans un pays ou une région donné.  En dessous du seuil de pauvreté, un individu (ou un ménage) ne dispose donc pas de revenus suffisants pour s’assurer un niveau de vie jugé […]

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Qu’est-ce que le seuil de pauvreté ? 

Le seuil de pauvreté désigne le revenu minimum en deçà duquel une personne est considérée comme pauvre, dans un pays ou une région donné. 

En dessous du seuil de pauvreté, un individu (ou un ménage) ne dispose donc pas de revenus suffisants pour s’assurer un niveau de vie jugé comme convenable, selon les standards du pays. Le seuil de pauvreté varie fortement selon le niveau de développement économique du pays. Il n’est évidemment pas le même en France que dans un pays d’Afrique subsaharienne.

Cet indicateur permet de déterminer le pourcentage de la population pauvre du pays, appelé le taux de pauvreté.  

En France, le seuil de pauvreté est fixé en 2019 à un revenu de 1102 € par mois pour une personne seule.

Alors que l’INSEE calcule le seuil de pauvreté en France, la Banque Mondiale fixe un seuil international de pauvreté (situé en 2022 à 2,15 dollars par jour). Il existe donc plusieurs seuils de pauvreté.

Quelle est l’origine du « seuil de pauvreté » ?

L’idée de seuil de pauvreté apparaît pour la 1ère  fois pendant la période victorienne, à la fin du XIXe siècle.

Dans la continuité des Poor Laws (1601), le statisticien et philanthrope Charles Booth décide de créer un concept « objectif » et quantifiable de pauvreté. Ce seuil est fixé à 20 schillings par semaine.

Charles Booth, un des premiers à avoir utilisé le concept de seuil de pauvreté
Charles Booth, un des premiers à avoir utilisé le concept de seuil de pauvreté

Encouragés par les autorités royales et le milieu académique, les travaux de Charles Booth semblent être une réponse concrète à la montée de l’agitation de la classe ouvrière britannique, portée par l’idéologie marxiste.

Mais ce nouveau concept de seuil de pauvreté eut surtout un retentissement en Amérique du Nord où il engendra les premières mesures d’aides sociales aux familles canadiennes et américaines vers la fin du XIXe siècle.

Comment calcule-t-on le seuil de pauvreté ?

Seuil de pauvreté absolue 

Le seuil de pauvreté absolue se calcule en fonction d’un panier annuel de consommation minimale. Celui-ci se constitue des ressources essentielles qu’un adulte consomme en moyenne pendant un an. Il permet de déterminer le niveau de revenu global indispensable pour assurer un niveau de vie « tolérable » en tenant compte de la valeur des monnaies.

Le seuil de pauvreté absolue, qui correspond au seuil international de pauvreté, est évalué en 2022 à 2,15 dollar par jour, selon la Banque Mondiale.

Cet indicateur est utilisé comme référence dans la plupart des pays en développement et aux Etats-Unis.

Le seuil de pauvreté relative

Le seuil de pauvreté relative se calcule en fonction d’un pourcentage du revenu médian national avant impôts et après aides sociales (ex. Revenu de Solidarité Active, allocation logement). Un coefficient est appliqué en fonction du nombre et de l’âge des enfants du foyer.

Cette méthode tient compte du niveau de vie d’un pays, puisqu’elle s’appuie sur le revenu médian national. Elle permet ainsi de déterminer de manière plus précise le niveau de pauvreté, en tenant compte des spécificités sociologiques du pays étudié. Si en France nous nous fondions sur le seuil international de pauvreté, d’environ 60 dollars par mois, nous serions plus sur un seuil de misère totale…

Dans l’hexagone, le seuil de pauvreté est fixé par convention à 60% du niveau de vie médian de la population. Mesuré en 2019, il correspond à un revenu disponible de 1 102 euros par mois pour une personne seule et de 2 314 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans.

En France métropolitaine, 9,2 millions de personnes vivent sous ce seuil de pauvreté en 2019. Cela donne donc un taux de pauvreté à 14,6%, classant la France au 10e rang des pays avec les taux de pauvreté les plus faibles en Europe.

Le seuil de pauvreté prend en compte le nombre de personnes dans le foyer. L’INSEE considère que le premier adulte vaut 1 part, puis toutes les personnes de plus de 14 ans comptent pour 0,5 part et les moins de 14 ans pour 0,3 part. Cela donne donc :

Composition du foyerNombre de partsSeuil de pauvreté (en euros)
1 adulte seul11 102
1 couple sans enfant1,51 653
1 couple avec un enfant de moins de 14 ans1,81 984
1 couple avec un enfant de plus de 14 ans et un enfant de moins de 14 ans 2,32 535
1 adulte seul avec un enfant de moins de 14 ans1,31 433
1 adulte seul avec 2 enfants de plus de 14 ans22 204

Confusions et avertissements

⚠ Il est fréquent de rencontrer dans des publications une confusion entre le seuil de pauvreté relative et le seuil de pauvreté absolue, conduisant à des affirmations contradictoires.

Il apparaît donc important de connaître ou de préciser la méthode utilisée avant d’établir des comparaisons et d’en tirer des conclusions en matière d’analyse économique.

A quoi sert de déterminer le niveau de pauvreté ?

Le seuil de pauvreté est un indicateur central de l’analyse économique. Il possède en cela plusieurs fonctions.

Le seuil de pauvreté est un outil de cartographie économique et social. Il permet d’aider à identifier les déterminants et facteurs de contingence de la pauvreté. Par exemple, en France, la pauvreté touche plus les chômeurs, les travailleurs indépendants, les familles monoparentales et les jeunes.

De manière indirecte, le seuil de pauvreté permet aussi de définir le niveau de développement d’un pays donné. En effet, les pays développés se caractérisent par une baisse significative de la pauvreté au XXème siècle, due à la mise en place de politiques de redistribution, propres aux démocraties libérales.

Le seuil de pauvreté peut également servir aux politiques. Les choix en matière de politique budgétaire et monétaire sont en effet influencés par les déterminants sociaux, comme le taux de pauvreté. L’Etat peut ainsi ajuster ses décisions en matière d’aides sociales, de salaire minimum, de législation du marché de travail ou de stratégie industrielle dans une perspective de lutte contre la pauvreté.

Enfin, les Banques Centrales peuvent également définir leur politique monétaire en prenant en considération le niveau de pauvreté. Par exemple, baisser le taux directeur aide à relancer l’activité, tandis que l’augmenter sert à lutter contre l’inflation.

L’évolution du seuil et du taux de pauvreté en France

L’évolution du taux de pauvreté est fortement influencée par la conjoncture économique nationale et mondiale, mais également par les choix en matière de politiques économiques des Etats.

Comme tous les Pays Développés à Economie de Marché, la France se caractérise par une baisse quasiment continue de la pauvreté depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. S’il est difficile d’obtenir des chiffres précis, la période des Trente Glorieuses (1945-1973) fut marquée par l’apparition d’une classe moyenne majoritaire, ayant accès pour la première fois à la société de consommation et aux avancées scientifiques et médicales.

  • De 1970 à 1984, le taux de pauvreté a fortement diminué, passant de 18,2% à 14,3% de la population, avant de remonter de 2 points jusqu’en 1996, sous l’effet de la hausse du chômage.
  • De 1997 à 2004, le taux de pauvreté descend à 12,7% porté par l’embellie économique due notamment à l’émergence des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC).
  • De 2008 à 2017, le taux de pauvreté remonte de manière significative sous l’effet conjugué de la crise mondiale des « subprimes » et l’explosion de la dette publique des Etats, les obligeants à mettre en place des politiques d’austérité strictes.
  • Depuis 2018, nous assistons à une stabilisation globale du taux de pauvreté en France à 14,3% de la population, avec quelques variations peu significatives.
Graphique de la pauvreté en France
Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2015 à 2019 ; modèle Ines 2020 (ERFS 2019 actualisée)

💉 Alors que la crise du Covid 19 pouvait faire redouter une hausse de la pauvreté, les mesures économiques fortes prises par le gouvernement français ont permis de protéger la population. C’est désormais le retour de l’inflation qui impose de surveiller les personnes les plus fragiles, alors que les aides liées à la crise sanitaire ont pris fin.

  • https://www.banquemondiale.org/fr/news/factsheet/2022/05/02/fact-sheet-an-adjustment-to-global-poverty-lines

Questions fréquentes

Est-on toujours pauvre si l’on se situe en dessous du seuil de pauvreté ?

Le seuil de pauvreté est un indicateur « mathématique » qui se calcule en fonction d’agrégats économiques et monétaires « objectifs », propres à la situation du pays étudié. Le concept de pauvreté s’est complexifié au fil du temps en incorporant des éléments plus subjectifs fondés sur des aspects humains et psychologiques. Par exemple, pour les néo-ruraux développant des modes de consommation et de production en autonomie hors du système marchand l’utilisation de cet indicateur n’a que peu de sens.

Quels sont les autres indicateurs permettant de saisir la notion de pauvreté ?

Au niveau international, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a développé depuis les années 1990 un nouvel indicateur permettant de saisir la notion de pauvreté dans ses aspects économiques et humains.
L’Indice de développement humain (IDH) créé par les économistes indiens Amartya Sen et pakistanais Mahbub ul Haq propose d’intégrer, en plus d’éléments économiques, des déterminants sociologiques, politiques et humains : la santé (accès à l’eau potable, démographie, espérance de vie, accès à l’alimentation…), ainsi que le savoir et l’éducation (parité homme-femme, durée de scolarisation…) servant des nouveaux paramètres déterminant la pauvreté.

Pourquoi y a-t-il 2 méthodes d’évaluation du seuil de pauvreté (absolue vs relative)

L’existence de 2 méthodes fortement distinctes de calcul du seuil de pauvreté répond à une histoire et une vision idéologique différentes du concept de pauvreté.
Le seuil de pauvreté absolue répond à un objectif d’évaluation et de comparaison de la pauvreté au niveau mondial, au contraire du seuil de pauvreté relative qui se définit plus comme un outil d’action de lutte contre la pauvreté au niveau national, à destination des autorités du pays.

Est-ce qu’il y a plus de chômeurs sous le seuil de pauvreté ?

En France il y a beaucoup plus de chômeurs sous le seuil de pauvreté qu’au sein de la population active. En 2019, 38,9% des chômeurs sont sous le seuil de pauvreté, alors que seulement 6,8% des salariés sont sous le seuil de pauvreté.

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La théorie quantitative de la monnaie https://finance-heros.fr/theorie-quantitative-monnaie/ https://finance-heros.fr/theorie-quantitative-monnaie/#comments Mon, 28 Aug 2023 16:14:54 +0000 https://finance-heros.fr/?p=20773 La théorie quantitative de la monnaie est un concept économique ayant pour objet le lien entre la quantité de monnaie disponible et le niveau des prix. Cette théorie a été posée sous forme d’équation par l’économiste Irving Fisher en 1911. Fisher est issu de l’école autrichienne, qualifiée de libérale, voire libertarienne. Il défend donc l’idée […]

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La théorie quantitative de la monnaie est un concept économique ayant pour objet le lien entre la quantité de monnaie disponible et le niveau des prix.

Cette théorie a été posée sous forme d’équation par l’économiste Irving Fisher en 1911. Fisher est issu de l’école autrichienne, qualifiée de libérale, voire libertarienne. Il défend donc l’idée selon laquelle l’intervention de l’Etat dans l’économie est généralement nuisible. Il serait préférable de laisser les agents économiques globalement libres de leurs actions, afin de permettre une résorption spontanée des déséquilibres économiques.

Certaines hypothèses défendues par les économistes de l’école autrichienne sont communes avec l’école classique et néoclassique. En particulier, l’un des aspects essentiels de la théorie quantitative de la monnaie est d’opérer une séparation entre deux sphères distinctes : la sphère monétaire et la sphère réelle.

Toute stimulation monétaire débouche sur de l’inflation

La monnaie n’est qu’un voile

Un point central de la théorie repose sur la dichotomie entre la sphère réelle et monétaire : 

  • La sphère réelle regroupe l’ensemble des agrégats économiques qui structurent les rapports des prix (production, consommation, investissement, exportations et importations, salaire réel et taux d’intérêt réel, etc.). 
  • La sphère monétaire correspond à l’ensemble des variables dites nominales (masse monétaire, niveau général des prix, salaires nominaux et taux d’intérêt nominal, etc.)

L’économiste français du XIXe siècle Jean-Baptiste Say a utilisé le terme « voile » pour définir la monnaie. En vertu de sa célèbre Loi des débouchés, Say énonce que « les produits s’échangent contre des produits ». Ce qu’il entend par là, c’est que la monnaie n’est qu’un moyen d’échange mais ne représente pas une richesse en soi. Dans le cadre d’un marché, lorsqu’un individu vend sa production, il récupère une somme monétaire dont il pourra disposer pour ses achats futurs. À la fin de la série d’échanges, les produits des uns auront été échangés contre les produits des autres. La monnaie n’aura servi que d’intermédiaire facilitant les transactions par rapport à une économie de troc.

L'économiste Jean-Baptiste Say
L’économiste Jean-Baptiste Say

Cette analyse peut être prolongée, en expliquant qu’encore plus fondamentalement, ce qui est échangé sur un marché, c’est du temps. Nous nous spécialisons tous dans un certain type de production, et cette spécialisation nous rend chacun en moyenne plus productif (en supposant que nous fassions ce pourquoi nous sommes « faits »). Le temps que nous passons à produire certains biens ou services est du temps que nous ne passons pas en loisir ou à produire d’autres biens et services qui pourraient nous rendre autosuffisants. Par le mécanisme de marché, nous échangeons donc le temps que nous avons passé à produire contre le temps que d’autres agents ont passé à produire d’autres biens et services.

Nous pouvons en déduire que ce qui structure l’économie, ce n’est pas le niveau des prix, mais le rapport entre les prix. En clair, notre système d’économie de marché repose sur le fait que peu importe qu’un téléphone vaille 500€ et un stylo 2€, ce qui est structurant c’est que le téléphone vaille 250 stylos.

Equation de la théorie quantitative de la monnaie

L’équation de la théorie quantitative de la monnaie repose sur l’équilibre emploi ressources, qui présente à gauche la totalité de la masse monétaire disponible, et à droite son utilisation :

M * V = P * Y

Dans cette formule :

  • M représente le volume de la masse monétaire en circulation. Nous pourrions simplifier en disant que cela correspond aux pièces et billets, mais vous comprenez que cela va plus loin étant donné les paiements par cartes bancaires et virements par exemple ;
  • V correspond à la vitesse de circulation de la monnaie. C’est-à-dire le nombre de fois où la monnaie est utilisée sur la période considérée (puisqu’un billet de 20€ peut servir plusieurs fois sur un an) ;
  • P représente le niveau général des prix, c’est à dire le prix moyen d’un bien ou d’un service
  • Y représente la production sur la période

Autrement dit, le nombre de transactions monétaires sur une période donnée correspond au volume de de biens et services produits, multiplié par le prix moyen de ceux-ci. Assez logique.

Hypothèses autour de la théorie quantitative de la monnaie et conséquences

Dans le cadre où plusieurs hypothèses sont prises, l’équation de la théorie quantitative de la monnaie établit un lien direct entre l’évolution de la quantité de monnaie en circulation et le niveau de prix, donc le taux d’inflation.

Ces hypothèses sont les suivantes :

  • La masse monétaire est considérée exogène, ce qui signifie que son volume est entièrement déterminé par la politique des autorités monétaires (ex. pour les pays de la zone euro par la Banque Centrale Européenne) ;
  • Les prix sont flexibles, ce qui suppose un ajustement sans rigidité à la hausse ou à la baisse ;
  • L’économie est au plein-emploi. Il n’est donc pas possible de produire davantage à court terme quelle que soit la stimulation opérée ;
  • la vitesse de circulation de la monnaie peut être considérée fixe à court et moyen terme

En conséquences, si les autorités injectent de la monnaie dans le système économique, la seule conclusion possible est une augmentation du niveau général des prix.

Principales limites de la théorie quantitative de la monnaie

Une théorie peu explicative

La principale faiblesse de cette théorie est qu’elle s’appuie sur un postulat qui relève de l’évidence, sans parvenir véritablement à expliquer l’origine de l’inflation. En particulier, elle identifie la création monétaire comme seule cause de l’inflation, sans tenir compte de la demande de monnaie.

Or il faut distinguer monnaie interne et monnaie externe. La monnaie externe est celle qui est effectivement créée directement par la Banque Centrale, tandis qu’une part non négligeable de la création monétaire provient des banques commerciales, ce qu’on appelle la monnaie interne. Ainsi, en fonction de la dynamique de prêts des banques commerciales, et de la demande de monnaie des agents économiques (les particuliers et les entreprises), la quantité de masse monétaire totale peut être très variable. Les autorités peuvent influer, mais elles ne peuvent pas tout maîtriser.

Par ailleurs l’hypothèse selon laquelle la vitesse de circulation est fixe à court et moyen terme est critiquable. En fonction du contexte économique, et du niveau de confiance, cette donnée peut être assez variable. On peut par exemple penser à la crise sanitaire du covid 19 qui a limité le nombre de transactions et a orienté naturellement l’argent des ménages vers plus d’épargne.

Limites pratiques de la théorie quantitative de la monnaie

Comme l’énonce la théorie de l’hélicoptère, prolongement de la théorie quantitative de la monnaie par Milton Friedman dans les années 1970, une stimulation monétaire peut éventuellement entraîner une augmentation de la production à court terme, si l’économie se trouve dans une situation éloignée du plein-emploi. Dans ce contexte, l’augmentation de la demande consécutive à l’injection monétaire débouche sur une augmentation de la production, les entreprises ayant la capacité d’augmenter la quantité de facteurs de production utilisés (capital et travail).

Par ailleurs, la crise de 2008 a montré que malgré des injections monétaires massives, le taux d’inflation peut rester faible, voire être négatif. Cela s’explique notamment par le fait que toute injection monétaire ne se diffuse pas immédiatement dans la sphère réelle. En vertu de l’effet Cantillon, le surplus de monnaie est d’abord capté par la sphère financière, qui se trouve directement au contact de la Banque Centrale, et ne se diffuse que très progressivement dans la sphère réelle.

  • « The Purchasing Power of Money: Its Determination and Relation to Credit, Interest, and Crises », Fisher, 1911

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L’économie circulaire : définition d’une tendance de fond https://finance-heros.fr/economie-circulaire-definition/ Tue, 15 Aug 2023 20:41:30 +0000 https://finance-heros.fr/?p=29763 Qu’est-ce que l’économie circulaire ?  Définition globale  L’économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation et le gaspillage des ressources non renouvelables, et la production des déchets.  Ce modèle repose sur la création de boucles de valeur positives en abolissant ainsi la notion de « déchets ».  Il s’agit d’un modèle […]

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Qu’est-ce que l’économie circulaire ? 

Définition globale 

L’économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation et le gaspillage des ressources non renouvelables, et la production des déchets. 

Ce modèle repose sur la création de boucles de valeur positives en abolissant ainsi la notion de « déchets ». 

Il s’agit d’un modèle inspiré du fonctionnement en boucle des écosystèmes naturels. Il s’oppose au modèle standard linéaire (extraire, produire, consommer, jeter) et à l’utilisation sans limites des ressources.

L’économie circulaire est un concept intégrant de multiples déclinaisons pratiques sur le terrain : écologie, industrie, production propre, économie de l’usage (plutôt que de la propriété), économie du partage.

Le concept fut intégré en France dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte du 18 août 2015. Une feuille de route fut ensuite publiée le 23 avril 2018 avec l’ambition « de porter notre modèle d’économie 100 % circulaire au niveau européen et international ».

Historique et origines de l’économie circulaire

Le concept d’économie circulaire est directement issu des mouvements écologiques des années 70, voulant réinventer une société de consommation jugée « à bout de souffle ». La fin des Trente Glorieuses, l’explosion des prix du pétrole et les premières marées noires incitent les universitaires et économistes proches de cette mouvance à repenser une organisation économique plus verte, débarrassée de sa dépendance aux hydrocarbures.

📕 D’un point de vue théorique, l’économie circulaire trouve ses origines dans deux essais publiés dans les années 1970 : « L’économie régénérative » de John T. Lyle et « L’économie de la performance » de Walter Stahel et Geneviève Reday.

📘 Le terme d’économie circulaire apparaît, lui, officiellement, pour la première fois en 1989 dans un livre sur l’économie de l’environnement de R. Kerry Turner et David William Pearce.

Le premier livre français portant sur l'économie circulaire
Le premier livre français portant sur l’économie circulaire

📙 En France, le premier livre sur l’économie circulaire paraît en 2009 sous le titre : « Économie circulaire : l’urgence écologique » écrit par Jean-Claude Lévy. Il a un fort retentissement médiatique. A tel point qu’il entraine la création d’une mission ministérielle voulue par le ministre du Développement International, Pascal Canfin.

Fonctionnement de l’économie circulaire, et impact 

Les différents mécanismes de l’économie circulaire

L’économie circulaire s’oppose au système de l’économie linéaire qui définit les systèmes de production et de consommation depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’économie circulaire est donc une contestation profonde du modèle de consommation et de production de masse ayant assuré la prospérité des grandes économies mondiales depuis des dizaines d’années.

De manière concrète, l’économie circulaire se définit comme un cercle vertueux reposant sur 7 piliers dans les 3 domaines que sont la production, la consommation et la gestion des déchets. 

La production

Dans les façons de produire, plusieurs changements peuvent être apportés pour un fonctionnement plus vertueux.

Tout d’abord, l’approvisionnement durable, qui consiste à prendre en compte les impacts environnementaux et sociaux des ressources.

L’écoconception, ensuite, vise à prendre en compte les impacts environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie d’un produit, et les intégrer dès sa conception.

Enfin, l’écologie industrielle et territoriale doit créer des synergies entre plusieurs acteurs économiques, notamment en mutualisant les flux de matières premières et d’énergie afin d’optimiser l’utilisation des ressources.

La consommation 

L’économie circulaire repose également sur des changements au niveau du consommateur final.

Celui-ci doit notamment privilégier de plus en plus l’économie de la fonctionnalité. C’est-à-dire privilégier l’usage à la possession, et donc acheter un service plutôt qu’un bien.

Lorsqu’il achète néanmoins un bien, l’individu doit s’orienter plus vers une consommation responsable, par exemple en favorisant les produits locaux, ou fabriqués à partir de matières recyclées.

Le consommateur peut également agir en allongeant sa durée d’usage des produits. Par exemple il peut avoir recours à la réparation, aux achats d’occasion ou réaliser un don lorsqu’il n’a plus besoin du produit.

Les sites d’achat et de vente d’occasion ont connu une forte expansion, qu’ils soient généralistes comme leboncoin, ou spécialisés dans les vêtements comme Vinted.

La gestion des déchets

Cet aspect est également primordial, et concerne là encore aussi bien les entreprises que les consommateurs. En améliorant la gestion et le recyclage des déchets, il est possible de réinjecter et réutiliser un maximum de matières issues des déchets dans le cycle économique. C’est ce que fait par exemple des groupe comme Veolia.

L’impact réel de l’économie circulaire au niveau national et européen 

Au niveau national

Le Grenelle de l’Environnement a marqué en 2008 la volonté de donner une consistance au pilier économique du développement durable en introduisant les notions d’économie « verte », « d’usage » ou « de fonctionnalité ».

Par la suite, 12 mesures concernant l’économie circulaire sont intégrées en 2013 à la feuille de route pour la transition écologique. Cela aboutira par la suite à la publication du premier décret d’application sur l’économie circulaire en 2015.

Au niveau législatif, des sanctions ont également été mises en place, comme une peine de deux ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende pour les délits concernant l’obsolescence programmée.

En 2021, le Conseil national de l’économie circulaire (CNEC) est créé. Cette instance administrative consultative, placée auprès du ministère de la Transition Ecologique, a pour but de renforcer la gouvernance nationale et le pilotage de l’économie circulaire en France. Elle a une mission à la fois législative, technique et de conseil auprès des collectivités territoriales.

Pour illustrer son rôle, le CNEC participa de manière active à la promulgation de la loi « Climat et Résilience » du 22 août 2021 portant sur la lutte contre le dérèglement climatique et le renforcement de la résilience .

Selon différentes études, l’économie circulaire en France représente :

  • 600 000 emplois, avec plus de 200 000 équivalents temps plein.
  • Taux de recyclage : 85% pour le carton, 65% pour le verre et le métal, 20-25% pour le bois et le plastique.
  • Le réemploi / la réutilisation des biens à hauteur de 940Kt (environ 15Kg par habitant et par an), soit 10% des 9.3Mt de biens arrivant en fin de vie chaque année.

Au niveau européen

En 2015, l’Europe lance son premier plan d’action en faveur d’une économie circulaire.

Dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe, le 30 mars 2022, la Commission européenne a publié un paquet législatif sur l’économie circulaire. Celui-ci propose des initiatives visant à promouvoir des modèles d’entreprise circulaires et à donner aux consommateurs les moyens d’agir en faveur de la transition écologique.

Un ensemble de règlements tend à promouvoir l’économie circulaire au niveau européen afin de modifier les fondements de l’appareil productif, tout en intégrant les principes de la croissance verte et durable. Ces mesures concernent :

  • L’écoconception pour des produits durables
  • Les textiles durables et circulaires
  • Les produits de la construction
  • La protection des consommateurs
  • La restructuration de la filière automobile

Au niveau européen, les objectifs de l’économie circulaire sont :

  • Un taux de recyclage de 70% en 2030
  • 900 milliards d’euros d’économie en matières premières d’ici 2030, soit près de 380 milliards par an.
  • 1800 milliards d’euros de bénéfices d’ici 2030
  • Création de 800 000 emplois en Europe d’ici 2030

Des exemples concrets dans l’économie 

De nombreuses entreprises se sont emparées du concept d’économie circulaire pour proposer des solutions et des modèles commerciaux efficaces et pérennes.

✅ De PME aux Firmes MultiNationales (FMN), l’économie circulaire pénètre l’appareil productif français en créant des pratiques vertueuses, tant sur les économies d’énergie que sur les opportunités commerciales.

Start-ups et PME

En France, l’entreprise La Brosserie Française utilise des déchets d’autres industries plastiques, ainsi que les coquilles Saint Jacques concassées des restaurateurs locaux pour fabriquer les manches de ses brosses à dents.

La marque 1083 propose également un jean entièrement recyclé à partir d’anciens jeans usagés. Les clients paient une consigne leur permettant d’acquérir le jean suivant à un prix réduit.

Page d'accueil de la startup Phenix, acteur de l'économie circulaire via la lutte contre le gaspillage
Page d’accueil de la startup Phenix, acteur de l’économie circulaire via la lutte contre le gaspillage

Autre exemple, la startup Phenix qui œuvre à la réduction des déchets alimentaires. Elle a mis en place 3 canaux qui permettent de sauver de la poubelle des tonnes de déchets alimentaires, tout en valorisant une consommation responsable et en faisant des économies en matière de pouvoir d’achat pour le consommateur.

Plusieurs fintechs se sont également lancées avec le développement durable au cœur de leur concept.  Nous vous présentons quelques unes d’entres elles, comme Helios ou OnlyOne dans notre article sur les banques vertes, éthiques et écologiques.

Firmes multinationales (FMN) 

Depuis 2017, 33 grandes entreprises se sont engagées en faveur de l’économie circulaire. Leurs objectifs ne relèvent pas d’une adhésion naïve à ce concept mais de la prise de conscience des véritables opportunités commerciales et économiques offertes par une réorientation vers ces enjeux :

  • Une stratégie de différenciation permettant de se démarquer auprès du consommateur plus responsable.
  • Une optimisation de l’appareil productif, notamment en matière d’économie d’énergie.
  • De nouveaux marchés, ainsi que de nouveaux produits. 
  • Booster l’innovation et l’efficacité des salariés.

En 2017, le Crédit Agricole a recyclé plus de 16,5 tonnes de cartes bancaires et récupéré 1 kilogramme de métaux précieux (notamment de l’or). La banque française travaille par ailleurs à l’écoconception de ces moyens de paiement à l’aide d’un polymère de synthèse qui remplacerait le plastique.

Depuis plusieurs années, La Fnac a déployé un nouveau logo qui indique l’impact environnemental de ses téléviseurs, tablettes, PC et smartphones en magasin et sur Internet. Cet affichage permet aux clients de comparer les produits et de faire un choix plus éclairé.

Le cimentier LafargeHolcim entend quant à lui multiplier par quatre son offre de granulats recyclés d’ici 2030, avec un objectif de 26 millions de tonnes. À Avignon, le groupe a récupéré les déblais de chantier de la nouvelle ligne de tramway et les a recyclés en granulats qui ont servi à la construction des voies.

PSA (Peugeot Citroën) construit des voitures avec 30 % de matériaux verts. Cela représente environ 490 000 pièces de rechange rénovées par an. 

Enjeux d’avenir de l’économie circulaire

Si l’économie circulaire commence à intégrer les processus de production des entreprises, elle occupe néanmoins encore une place limitée dans la création de richesse au niveau national.

Plusieurs enjeux d’avenir apparaissent pour favoriser l’émergence de cette économie alternative. 

Améliorer la résilience

La mise en place de démarches d’économie circulaire a pour vocation à renforcer la résilience du territoire, en limitant sa dépendance aux flux de ressources entrants, afin d’optimiser l’utilisation de l’énergie au profit de l’économie locale.

Renforcer l’attractivité du territoire

L’économie circulaire est génératrice d’innovation au niveau territoriale, tant par le remodelage de l’organisation et de la gouvernance locales, que par la promotion de nouvelles filières et d’activités non délocalisables. Le décloisonnement des industries locales et la mise en place de partenariats industriels renforcent l’attractivité du territoire, en attirant de nouveaux acteurs industriels innovants.

Créer des emplois locaux

La mutation des secteurs économiques traditionnels vers l’économie circulaire favorise la création de sites industriels tournés vers l’écologie et l’arrivée de nouveaux acteurs économiques, vecteurs d'emplois locaux non-délocalisables.

Créer du lien social

L’économie circulaire met à l’honneur de nouvelles pratiques sociales d’entraide et de co-production, pouvant fédérer les citoyens locaux autour des problématiques socio-environnementales du territoire.

Concrétiser le développement durable

L’économie circulaire constitue une réponse opérationnelle aux enjeux du développement durable.  La mise en place de circuits courts et la promotion des filières locales engendrent des bénéfices environnementaux importants. Des mesures concrètes sont prises, comme l’interdiction progressive des plastiques à usage unique.

L’économie circulaire, à votre échelle

En tant que consommateur 

Le concept d’économie circulaire fait écho à celui de consommation responsable. En effet, le citoyen consommateur est invité à effectuer son choix en prenant en compte les impacts environnementaux à toutes les étapes du cycle de vie du produit (biens ou services). 

Plus largement, la consommation responsable inclut, au-delà du processus d’achat, l’utilisation qui est faite du produit jusqu’à sa fin de vie. De fait, dans l’économie circulaire, le consommateur s’appuie sur des critères autres que purement économiques pour effectuer ses choix lors du processus d’achat.

Les considérations sanitaires s’ajoutent d’ailleurs souvent aux motivations d’ordre éthique. Le développement des circuits courts est souvent porté par la volonté des consommateurs de mieux connaître l’origine de leurs produits.

Les systèmes de notation sur internet peuvent d’ailleurs aiguiller le choix du consommateur vers des produits avec des critères écologiques ou éthiques.

Par exemple, la lutte contre le gaspillage alimentaire est un combat de plus en plus populaire auprès du consommateur responsable. Des entreprises, des acteurs économiques et associatifs se saisissent aujourd’hui de cette problématique, en collaborant notamment pour réduire le volume des invendus. 

En tant qu’épargnant

Tout comme le consommateur, l’épargnant peut devenir un investisseur citoyen en privilégiant les placements responsables.

« Investir responsable », c’est placer son épargne sur certains produits financiers, répondant à des critères de développement durables. Ceux-ci peuvent prendre la forme classique par exemple d’actions et ou d’obligations d’entreprises.

L’investissement responsable, sous l’égide de labels (ex. label ISR) et de certifications, permet aujourd’hui de s’aiguiller vers des projets de placements durables, à la fois utiles à la société et à l’environnement. Vous pouvez y retrouver aussi bien des assurances-vie ISR que des SCPI ISR.

Cependant, « investir responsable » ne signifie pas renoncer à une espérance de rentabilité. L’objectif est de réussir à concilier rendement, maitrise des risques, stabilité financière et objectifs environnementaux, sociaux ou éthiques.

Pour évaluer les entreprises et construire leurs fonds d’investissement durable, les sociétés de gestion d’actifs utilisent les critères internationaux d’évaluations extra-financières ESG :

  • Environnemental : prise en compte des émissions de gaz à effet de serre, protection de la biodiversité…
  • Social : prévention des accidents, droit du travail, dialogue social…
  • Gouvernance : diversité, parité du conseil d’administration…

L’épargnant responsable peut donc se tourner vers des fonds ISR (Investissements Socialement Responsables) qui garantissent une utilisation responsable des capitaux vers des projets répondant à ces critères ESG. 

Depuis 2020, face à l’urgence climatique, les investissements qui se disent socialement responsables connaissent une croissance de 32% par an. L’investissement à impact a sans doute un bel avenir devant lui.

  • https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000031044385
  • https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/Conf%C3%A9rence_environnementale_TBFRTE_201310.pdf
  • https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
  • https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52015DC0614

Questions fréquentes

L’économie circulaire est-elle antagoniste ou complémentaire de l’économie linéaire ?

De manière théorique, l’économie circulaire trouve son origine dans une volonté de contestation du modèle de croissance économique classique. En effet, l’économie circulaire a comme objectif inavoué de changer les structures mentales des acteurs de l’offre et la demande, et donc de modifier l’organisation économique héritée de la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Dans les faits, l’économie circulaire apparaît plus comme un élément de modernisation de l’économie linéaire en offrant des opportunités d’efficacité (baisse de la consommation énergétique, innovations, inclusion …).

L’économie circulaire peut-elle être une chance de développement pour les pays pauvres ?

Les pays pauvres, ou communément appelés pays en voie de développement, se caractérisent généralement par un tissu industriel, financier et économique fragile. De plus, ces territoires sont marqués par des problèmes structurels en matière d’approvisionnement des ressources énergétiques et de gestion des déchets.
La mise en place d’une économie circulaire peut offrir l’opportunité de construire un modèle de développement plus efficace, et plus résilient aux aléas de la conjoncture économique mondiale. En effet, l’économie circulaire peut permettre de générer une croissance endogène et plus pérenne.

Quelle est la différence entre Développement durable et économie circulaire ?

Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Il s’agit donc d’un concept théorique, presque abstrait, qui tend à définir une nouvelle philosophie économique, c’est-à-dire un nouveau mode de consommation et de production.
L’économie circulaire est une déclinaison opérationnelle des principes fondateurs du développement durable. La concrétisation des nouvelles boucles de valeur promues par l’économie circulaire vise en effet à répondre à l’ensemble des problématiques sociales, économiques et environnementales du développement durable.

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Les subprimes : les crédits à l’origine de la crise https://finance-heros.fr/subprime-definition/ Wed, 02 Aug 2023 13:27:45 +0000 https://finance-heros.fr/?p=35505 Définition de subprime  Le terme de « subprime » désigne un prêt immobilier à un taux élevé, accordé à un ménage disposant de faibles revenus. Ce type de prêt a été particulièrement développé aux Etats-Unis. Il s’agit de crédits destinés à des emprunteurs qui ne présentent pas les garanties suffisantes pour bénéficier des taux d’intérêt préférentiels « prime rate », […]

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Définition de subprime 

Le terme de « subprime » désigne un prêt immobilier à un taux élevé, accordé à un ménage disposant de faibles revenus. Ce type de prêt a été particulièrement développé aux Etats-Unis. Il s’agit de crédits destinés à des emprunteurs qui ne présentent pas les garanties suffisantes pour bénéficier des taux d’intérêt préférentiels « prime rate », mais seulement à des taux plus élevés, donc « subprime ».

Afin de démocratiser et d’élargir l’accès à la propriété immobilière, les banques américaines accordent massivement des prêts immobiliers, notamment de type subprime, au début des années 2000. Avec le soutien des pouvoirs politiques, on assiste à une véritable frénésie de construction immobilière qui dynamise l’économie américaine à court terme.

Ces crédits, très rentables mais plus risqués, présentent deux particularités permettant de se prémunir d’une défaillance de l’emprunteur :

  • Ils sont gagés par une hypothèque du logement acheté. Dans un contexte de hausse du marché immobilier américain, ce qui était le cas au début des années 2000, une défaillance de l’emprunteur devait être plus que compensée par la vente du bien hypothéqué.
  • Ces crédits sont accordés avec des taux variables. Le taux d’emprunt est indexé sur le taux directeur de la FED (Banque Fédérale Américaine).

Origine de la crise des subprimes

L’explosion de la commercialisation de prêts subprimes au début des années 2000 est le fruit d’une politique volontariste menée par les pouvoirs publics américains. En effet, le gouvernement souhaitait relancer l’économie américaine en boostant le marché immobilier. Il s’agissait d’ « ouvrir » ce marché en facilitant l’accès à la propriété pour les ménages les plus pauvres et également les immigrés. Ce marché s’est largement développé aux États-Unis à partir de 2001, passant d’un montant de 200 milliards de dollars pour les prêts hypothécaires en 2002 à 640 milliards de dollars en 2006. Ce montant représentait 23 % du total des prêts immobiliers souscrits.

Les ménages les plus pauvres avec un accès difficile au prêt immobilier ont un acronyme : NINJA. Cela signifie No Income, No Job, No Asset, donc ni revenus, ni emploi, ni patrimoine.

La croissance du marché des subprimes a été encouragée par plusieurs facteurs :

  • Des taux directeurs historiquement bas pratiqués par la FED suite à la crise d’internet du début des années 2000. Ces taux très faibles ont incité les institutions de crédit à accroître la part des subprimes dans leur portefeuille et à profiter des importantes marges de risque imposées à ces crédits.
  • Une législation incitative : le Community Reinvestment Act de 1977 permettant à un établissement bancaire d’obtenir une garantie de ses dépôts par l’État en contrepartie de prêts accordés à des personnes à revenus modestes.
  • L’absence de législation prudentielle aux Etats-Unis concernant la situation financière des emprunteurs.
  • De fortes commissions incitant les conseillers des banques régionales à vendre de préférence un crédit subprime à son client.

Mécanismes et fonctionnements pour un prêt subprime

Comme évoqué précédemment, le marché des subprimes est constitué de prêts hypothécaires accordés à une clientèle peu solvable ou à l’historique de crédit difficile. Pour que tout cela fonctionne, il repose sur un mécanisme complexe mêlant système bancaire classique et nouvelle technique financière : la titrisation.

Les acteurs

Il y a d’un côté les débiteurs, donc des foyers à faibles revenus, ayant eu des retards de paiement sur leurs emprunts, ou des absences de paiement par le passé. Leur score de crédit se situe en dessous de 620, les plaçant dans la catégorie à risque des subprimes (les primes étant supérieurs à 700 et mid-prime entre 700 et 620).

Pour qu’une banque décide si elle vous prête ou non de l’argent, et à quel taux, elle calcule un score de crédit. Celui-ci prend en compte plusieurs variables, comme votre niveau de revenus, votre reste à vivre, votre historique d'emprunteur, etc.

De l’autre côté, les créanciers sont les banques et des organismes de crédit spécialisés (ex. Fannie Mae ou Freddie Mac), qui ont titrisé une partie de leurs créances, placées ensuite auprès de fonds d’investissement. A noter qu’aux États-Unis, les banques peuvent sous-traiter à un intervenant extérieur l’analyse du profil des emprunteurs. Les banques américaines maîtrisent donc moins bien l’ensemble des informations.

Le mécanisme autour des prêts subprimes 

Les taux d’intérêt sont variables avec toute une palette de modalités. Ils sont calculés en fonction du taux directeur de la Banque Centrale américaine, également lié aux taux auquel les banques se prêtent de l’argent entre elles (par exemple le taux LIBOR). De plus, il arrive que le taux soit fixe et bas pendant les premières années, puis calculé en regard d’un index par la suite. Cela peut entraîner une brusque augmentation des mensualités, les rendant insupportables pour le budget des ménages.

La période d’expansion accélérée des subprimes a commencé en 2001 et s’est arrêtée au milieu de l’année 2007. En parallèle, en lien avec la titrisation, les dérivés de crédit (Credit Default Swap ou CDS, Asset-Backed Security ou ABS, Collateralised Debt Obligation ou CDO) ont tous connu une croissance très rapide à la même époque.

La titrisation des créances consistait à regrouper les subprimes par paquet (de plusieurs milliers) en un produit financier appelé Asset-backed Security (ABS), revendu ensuite sur les marchés financiers. L’opération de titrisation permettait de sortir les créances (prêts) du bilan de la banque. Ainsi, elle peut continuer à placer de nouveaux crédits immobiliers. 

La pérennité du système des subprimes repose donc sur deux conditions, généralement liées entre elles : 

  • Des taux d’intérêt relativement stables
  • Une stabilité, voire une croissance du marché de l’immobilier 

Quand ces conditions ne sont plus réunis, les dégâts arrivent…

Analyse de la crise des subprimes

Si vous avez entendu parlé de subprime en France, c’est probablement en lien avec la crise déclenchée en 2007/2008.

Les subprimes se sont envolés avec des taux d’intérêts faibles au début des années 2000, et des établissements de crédit qui poussent des ménages à s’endetter pour acheter une propriété immobilière. Sauf que la mécanique a fini par se gripper, et alors une profonde crise systémique survient, après un véritable effet « boule de neige ».

Naissance de la bulle immobilière et du surendettement

Au début des années 2000 les Américains sont donc de plus en plus nombreux à acheter des maisons grâce au crédit bon marché. Alors, le prix de l’immobilier augmente. En effet, l’offre de logements ne peut suivre à court terme une forte croissance de la demande, du simple fait des délais de construction. Comme l’offre augmente plus vite que la demande, les prix montent.

Or les subprimes s’appuient sur une hypothèque, donc tant que les prix montent, les établissements de crédit se disent qu’ils peuvent largement se rembourser en cas de défaut de leurs clients. Le risque paraît alors faible, et les crédits inondent le marché, permettant à des foyers américains d’acheter des maisons en fait trop chères pour leurs moyens.

➡ Cette spirale alimente une véritable bulle immobilière.

La hausse des taux déclenche la crise

Pour limiter le gonflement de cette bulle, la banque centrale américaine, la FED, décide d’augmenter les taux d’intérêt à partir de 2005. Cette hausse a pour objectif de limiter le recours aux crédits subprime et de limiter la croissance artificielle du marché de l’immobilier.

Sauf que la hausse des taux directeurs provoque un renchérissement de la partie variable des crédits subprimes déjà accordés par les banques aux acquéreurs de logements. De plus en plus d'emprunteurs ne peuvent alors plus assurer le paiement de leurs mensualités, occasionnant des pertes pour les banques et la saisie des logements concernés par ces prêts. Ces biens se retrouvent bradés lors de ventes aux enchères, et le marché de l’immobilier américain finit par s’écrouler. Ainsi les établissements financiers se retrouvent en grande difficulté, notamment ceux détenant les produits de dettes titrisées (ABS, CDS, CDO, …) 

Le 15 septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers fait faillite, déclenchant une panique inédite depuis 1929.

Un effet systémique

De par le poids des États-Unis dans le monde économique et financier, l’ensemble des pays du globe est rapidement impacté. Les banques n’osent plus se prêter de l’argent entre elles, ne sachant plus à qui faire confiance. Donc les financements bancaires se gèlent et l’économie mondiale se grippe.

Cette crise devient la plus violente que l’économie mondiale ait connue depuis la Seconde Guerre Mondiale. 

D’ailleurs, suite à cet évènement, les stress tests des banques ont été considérablement renforcés et menés de manière plus systématique. Leur objectif principal est justement de jauger de la solidité du système bancaire, et éviter un effet systémique.

Les politiques menées face à la crise

Pour enrayer la crise, les Banques Centrales et les gouvernements mettent en place des politiques de relance budgétaire et monétaire. L’objectif était de limiter les impacts négatifs de la crise en termes de chômage et de précarité. 

Si les résultats à court terme ont été positifs et ont permis d’atténuer les conséquences sociales et économiques de cette crise, les Etats ont dû massivement s’endetter pour financer ces politiques de soutien à l’économie.

Dans la plupart des pays développés, face à une dette devenue insupportable (plus de 100% du PIB), les Etats ont dû mettre en place, à partir du début des années 2010, des politiques d’austérité drastiques. Celles-ci ont fait peser fortement le poids de la crise de 2008 sur le budget des classes moyennes.

La crise des subprimes et la France 

L’Union européenne et la France bénéficient d’un système bancaire et financier spécifique, empêchant la création d’une bulle fondée sur des crédits de type subprimes.

En effet, plusieurs conditions annihilent ce risque systémique :

  • En France, le marché du financement est totalement intégré. C’est-à-dire qu’un même établissement assure la totalité de la relation bancaire allant de la réalisation du prêt à l’étude préliminaire jusqu’au recouvrement en cas de contentieux. Aux États-Unis, chaque étape peut être sous-traitée à un intervenant différent (un vendeur de crédit, un organisme prêteur, un organisme pour récupérer les mensualités du prêt et un organisme pour packager les prêts afin d’en faire des titres négociables sur un marché). La notion de banque recouvre donc une réalité totalement différente des deux côtés de l’Atlantique.
  • Les conditions de délivrance des prêts immobiliers en France reposent essentiellement sur le profil financier des emprunteurs et non sur la valeur du bien. Le paramètre principal reste la capacité de remboursement de l’emprunteur en fonction de la valeur réelle du bien immobilier et non sur sa valeur potentielle.
  • Les prêts immobiliers en France se font en grande majorité à des taux fixes dépendant du profil des candidats, du temps d’emprunt, de la valeur du bien et des taux directeurs pratiqués par la Banque Centrale.

➡ Finalement, la crise des subprimes n’a eu qu’un effet indirect en France. C’est la propagation de la crise économique venue des Etats-Unis qui a fortement impacté l’économie française. Les pouvoirs publics ont alors dû mettre en place des politiques de relance massive qui ont dégradé l’équilibre budgétaire et le ratio de la dette.

Il est à noter que des réflexions avaient été menées en France et au Royaume-Uni  au début des années 2000 pour élargir le crédit hypothécaire aux ménages les plus précaires. Il s’agissait d’introduire prudemment et progressivement des critères de variabilité dans les taux, et de plus tenir compte de la valeur du bien. Cependant les recommandations du rapport Taffin Worms, publié en 2008 se sont heurtées au début de la crise des subprimes et furent donc rapidement enterrées par les pouvoirs publics.

Culturellement, en matière bancaire, la France préfère l’exclusion au risque.

  • https://hal-sciencespo.archives-ouvertes.fr/hal-01064406/document

Questions fréquentes

Une crise des subprimes est-elle possible en Europe et en France ?

La crise des subprimes reposait de manière structurelle sur deux caractéristiques : des crédits toxiques et une technique financière, la titrisation, devenue anarchique.
Si la titrisation reste une technique novatrice et puissante pour financer la croissance économique d’un pays, elle se doit d’être régulée et contrôlée de manière stricte afin de limiter ses effets pervers. La titrisation, qui consiste à émettre des titres adossés à des portefeuilles de prêts, peut aider les banques à alléger leurs bilans, et donc à financer les entreprises et les ménages. Cette technique reste donc un levier puissant de financement pour l’économie, qu’il convient d’encourager.
Depuis le 1er janvier 2019, les banques en Europe ayant recours à cette technique financière, doivent respecter des nouvelles règles du jeu élaborées à Bruxelles. 
Les autorités européennes encouragent dorénavant les banques à émettre des titrisations dites « simples, transparentes et standardisées » (STS), en respectant une série de critères. 
Ce nouveau label augmente la transparence du processus de titrisation en permettant de comprendre et d’identifier les produits financiers qui alimentent et se diffusent dans le circuit financier. Il s’agit d’une réponse concrète aux dérives de la crise des subprimes.

Une nouvelle crise des subprimes est-elle possible ?

Si la plupart des gouvernements des grands pays industrialisés ont réagi après la crise des subprimes en adoptant des mesures de contrôle et de régulation de leur système financier, il existe des signes permettant de craindre une résurgence d’une crise similaire.
Pour soutenir la croissance économique, les Banques Centrales pratiquent des politiques monétaires laxistes avec des taux d’intérêt extrêmement bas. Ces taux donnent un accès facilité aux capitaux pour les banques, qui grisées par « cet argent gratuit » font parfois preuve d’une absence de sélectivité dans la distribution des crédits, notamment aux entreprises et aux startups. Les taux directeurs (très bas) ne jouant plus leur rôle de vigie, les banques prennent des risques de plus en plus importants dans leur investissement en négligeant la pérennité économique des projets d’entreprise. Là, il ne s’agit plus d'emprunts immobiliers à risques, mais d'emprunts d’entreprises à risques.
En 2019, les déboires du fonds H20 détenu par Natixis ont souligné les risques du retour de crédits toxiques (non pas adossés sur les prêts immobiliers mais sur les prêts aux entreprises) dans le système financier. Le fonds H20 a perdu près de 1.4 milliards d’euros en 2019 faisant chuter la valeur boursière de Natixis de 10%.

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Investir dans les BRICS : comprendre les enjeux et les risques  https://finance-heros.fr/brics/ https://finance-heros.fr/brics/#comments Fri, 28 Jul 2023 18:00:04 +0000 https://finance-heros.fr/?p=28350 Que sont les BRICS? L’acronyme BRICS désigne les initiales des pays suivants : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Il a été utilisé pour la première fois en 2001 par Jim O’Neill, ancien économiste en chef de la banque américaine Goldman Sachs dans une forme plus restreinte (BRIC), avant que l’Afrique du Sud […]

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Que sont les BRICS?

L’acronyme BRICS désigne les initiales des pays suivants : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Il a été utilisé pour la première fois en 2001 par Jim O’Neill, ancien économiste en chef de la banque américaine Goldman Sachs dans une forme plus restreinte (BRIC), avant que l’Afrique du Sud ne rejoigne le groupe en 2011.

En effet, dans un rapport de la banque américaine, intitulé « Building Better Global Economic BRICs », O’Neill prédisait un chamboulement de la scène économique mondiale, où l’économie mondiale serait stimulée et guidée par la croissance des économies des BRIC. Jusqu’à stipuler en 2003 qu’à l’horizon 2050, le PIB des BRIC dépasserait celui des six premières économies mondiales de l’époque (USA, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France).  

En 2022 le PIB de la Chine atteint presque 18 000 milliards de dollars, faisant de l’Empire du Milieu la 2ème puissance économique mondiale, derrière les Etats-Unis, et largement devant le Japon.

Ensuite, ce groupement de pays a pris encore plus de sens en 2011, quand les pays concernés se sont retrouvés pour la première fois dans une conférence diplomatique spécifique, avec un sommet annuel ayant pour but d’asseoir leur influence économique et politique face aux autres “coalitions” déjà existantes.

Comment se structurent les économies des BRICS ?

Quelques caractéristiques communes aux pays des BRICS

Les pays initialement identifiés par le rapport de Goldman Sachs (BRIC) ont des caractéristiques macroéconomiques en commun :  

  • Démographiquement : grandes populations, avec une émergence d’une classe moyenne de plus en plus grande.
  • Géographiquement :  vastes surfaces dotées de ressources naturelles significatives (minéraux, énergie, terres agricoles, etc.)
  • Économiquement : Une croissance rapide, en profitant d’une insertion de plus en plus importante dans les chaînes de valeur mondiales. Ces pays ont profité de la spécialisation dans le secteur tertiaire des pays avancés pour se créer des expertises industrielles, qui, dans un contexte d’essor de l’export, leurs ont permis de booster leurs croissances.

Principaux traits des différents pays des BRICS

De plus, ces pays disposent, individuellement, de caractéristiques qui peuvent être complémentaires : 

  • Le Brésil : L’économie brésilienne se construit sur la base d’un territoire vaste et riche. Le Brésil dispose de ressources naturelles diversifiées, dont énergétiques, et de récoltes agricoles conséquentes (ex. canne à sucre, café, soja). L’industrie brésilienne est assez diversifiée, entre industrie lourde (voitures, avions) et industrie agroalimentaire. Le Brésil est aussi le 2ème producteur mondial de cellulose, composant essentiel à la fabrication du papier. 
  • La Russie : L’économie russe est très dépendante des richesses naturelles de son territoire. La Russie est le second producteur mondial de gaz naturel et le troisième de pétrole. Elle dispose également de stocks importants de métaux (ex. platine, nickel et terres rares, matières premières importantes pour les produits technologiques, dont les batteries). Sa grande surface lui permet aussi d’être parmi les principaux producteurs de céréales à l’échelle mondiale. Son industrie quant à elle est surtout orientée vers les secteurs militaires et spatial. 
  • L’Inde : L’Inde dispose d’une économie assez diversifiée en termes de secteurs économiques. Si la majorité de sa population exerce dans le secteur agricole, elle peut aussi compter sur son industrie minière (le fer), le textile et quelques industries lourdes. L’Inde est aussi connue pour sa spécialisation dans les services, notamment en informatique. Pays le plus peuplé de la Terre, devant la Chine, l’Inde pointe en 2022 à la 5ème place en terme de Produit Intérieur Brut (PIB), juste devant la France.
  • La Chine : La particularité de l’économie chinoise demeure dans le fait que l’industrie y tient une part majoritaire. La Chine est actuellement le leader mondial de l’industrie lourde et de la production manufacturière. En plus de cela, elle dispose de ressources minières très importantes, y compris des minerais rares. Enfin, autre atout conséquent, la Chine est aussi un marché de quasiment un milliard et demi de consommateurs, au pouvoir d’achat toujours grandissant. 

D’autre part, l’Afrique du Sud, qui a rejoint le groupe en 2011 comme représentant du continent Africain, ne partage pas toutes les caractéristiques macroéconomiques des autres pays. Mais son appartenance au groupe a une forte signification en termes de symbolique politique.

En août 2023, les pays des BRICS doivent se retrouver pour leur 15ème sommet, malgré un mandat d’arrêt en cours contre Vladimir Poutine suite à la guerre en Ukraine.

Le développement économique des BRICS  

Les pays des BRICS ont effectivement connu depuis plusieurs années une croissance économique rapide, qui dépasse celle des pays avancés. Selon la Banque Mondiale, les taux de croissance annuel moyen entre 2000 et 2020 était de 13,3 % pour la Chine, 9,1% pour la Russie, 9% pour l’Inde et et 4% pour le Brésil. Le PIB par habitant de ces pays a connu aussi une croissance du même ordre de grandeur.

Néanmoins, les pays des BRICS ne se sont pas appuyés sur les mêmes moteurs de croissance. La Chine s’est appuyée sur une politique économique d’ouverture (progressive) et de libéralisme économique, initié dès la fin des années 1970. Ensuite son adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce en 2001 lui a ouvert les portes du marché mondial des produits manufacturés, faisant d’elle l’usine du monde. L’Inde s’est concentrée sur les services, notamment en informatique, qui représentent environ 55% de son PIB. Le Brésil et la Russie, de leur côté, ont profité de leurs ressources naturelles. Notamment le gaz pour la Russie.

Au début des années 2020, les pays des BRICS abritent 42% de la population mondiale pour 31% du PIB mondial.

ClassementPaysPIB 2022 (en milliards de $)
1États-Unis25 463
2Chine17 963
3Japon4 231
4Allemagne4 072
5Inde3 385
6Royaume-Uni3 071
7France2 783
8Russie2  240
9Canada2  140
10Italie2  010
11Brésil1  920
12Australie1 675
Classement des pays par PIB (source Banque Mondiale)

Par ailleurs, l’Afrique du sud est classée 38ème avec un PIB de 406 milliards de dollars.  

Quelles difficultés rencontrent les BRICS ?

Des similitudes économiques, mais pas d’unité politique

L’union et la coopération des pays des BRICS connaissent des défis divers, notamment dus à l’hétérogénéité des pays constituants ce groupe. En plus des différences économiques et démographiques déjà cités, des divergences politiques s’ajoutent.

En effet, les systèmes politiques de ces pays sont différents, entre la Chine et la Russie qui sont gouvernés depuis des années par des régimes autoritaires, tandis que le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Inde sont plutôt considérés comme des démocraties par les pays occidentaux.  

D’ailleurs ces divergences se manifestent parfois lors de votes dans les instances internationales. Par exemple, dans le cadre du conflit avec l’Ukraine, le Brésil a voté pour les sanctions contre la Russie (tout en ne les appliquant pas et en entretenant des relations normales avec la Russie). D’autre part, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud se sont abstenus de voter.

Des différences de taille

D’un point de vue démographique, les pays des BRICS se divisent en deux groupes avec des caractéristiques radicalement différentes. 

D’une part, la Chine et l’Inde, avec leurs vastes territoires et leurs grandes populations qui n’ont cessé de croitre. La Chine est passée d’1,340 milliards d’habitants à 1,426 milliard entre 2010 et 2022, tandis que l’Inde est passée d’1,195 milliards à 1,406 milliards sur la même période. D’ailleurs, la croissance démographique de l’Inde demeure énorme à 1% compte tenu de sa population. A l’inverse, suite aux effets de la politique de l’enfant unique, la Chine a réussi à ralentir sa croissance démographique, qui est tombée à 0,1% en 2022.

D’autre part, le Brésil, l’Afrique du Sud et la Russie ont des populations beaucoup moins nombreuses (respectivement 214, 60 et 143 millions en 2022) avec des taux de croissance respectifs de 0,7 %, 1,2% et -0,4 %. Ainsi, la Russie connait un déclin démographique qui est problématique au vu de son très vaste territoire, avec des endroits désertés, surtout à l’extrême ouest. 

Des niveaux d’inégalités variés

Si les pays des BRICS peuvent impressionner par leur croissance économique, ils présentent un niveau d’inégalités nettement supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE. De surcroit, hormis pour le Brésil qui a réussi relativement à les maitriser, ces disparités se sont accentuées de manière proportionnelle à la croissance de ces pays. Donc même si le seuil de pauvreté de ces pays a pu s’améliorer, tous les soucis ne se sont pas volatilisés pour autant.

  • Brésil : Élève modèle parmi les BRICS malgré son histoire fortement inégalitaire, le pays a réalisé une croissance concomitamment à une baisse des inégalités. Les politiques sociales de redistribution, d’augmentation des salaires, des prestations de chômage ont permis au Brésil de fortement réduire les inégalités. Cela fut rendu possible grâce à un contexte très favorable à l’essor de cette économie, notamment grâce à ses ressources naturelles et terres fertiles (produits agroalimentaires et miniers).
  • Russie : l’économie Russe, au vu de son histoire communiste, avait une économie relativement faible mais moins inégalitaire que celle d’autres pays occidentaux. Ensuite, ces inégalités se sont creusées, notamment lors de la période d’ouverture du pays à l’économie de marché. Ainsi, le gouvernement russe essaye de remédier à ce problème depuis les années 2000 via des mesures de protection sociales qui sont de plus en plus prioritaires, mais dont l’efficacité reste confrontée à des problématiques plus structurelles, notamment l’économie principalement basée sur l’export de matières premières.
  • Inde : La situation de l’Inde n’est pas différente des autres pays des BRICS puisque les inégalités salariales se sont creusées au fur et à mesure de son ouverture et de son développement économique, malgré un recul de la pauvreté. Par ailleurs, l’économie informelle représente 80% du marché de l’emploi, rendant compliqué le calcul d’indicateurs. Le pays a encore du retard par rapport aux autres pays des BRICS sur les politiques sociales (retraites, assurance maladie). S’ajoute à ceci une disparité territoriale et sectorielle due à des politiques publiques inégalitaires.
  • Chine : La Chine a connu depuis son essor économique une diminution considérable de la pauvreté, notamment liée à l’augmentation des salaires due à la transformation de l’économie chinoise d’une économie de la manufacture à une économie de l’innovation. L’industrie chinoise, forte de l’expertise développée et des savoir-faire acquis avec les années, a élargi sa position dans les chaines de valeurs mondiales à des positions permettant de capturer une part plus grande de la valeur ajoutée. Cette baisse de la pauvreté a conduit à l’essor de certaines régions, tandis que d’autres sont restées à la traîne. Ceci a creusé un écart entre les régions, et entre les zones urbaines et rurales. Pour diminuer ces inégalités, des politiques de développement régional ont été lancées, ainsi qu’un système de sécurité sociale.
  • Afrique du sud : Le pays a hérité d’un système profondément inégalitaire de l’époque de l’apartheid. Si des politiques publiques de redistribution et des programmes d’accompagnement à destination des populations défavorisées ont été lancés, le pays demeure parmi les plus inégalitaires du monde. Cependant le pays continue depuis le début des années 2000 d’intensifier ses politiques de redistribution, de sécurité sociale et de promotion et création d’emplois pour lutter contre cette situation.

Des pays « relativement » peu endettés

Concernant la dette des BRICS, les situations de ces pays sont assez disparates, comme le montre le tableau suivant (chiffres 2022) : 

Pays Dette en % du PIB
Brésil93,01 %
Inde89,18 %
Chine68,06 %
Afrique du Sud68,98 %
Russie16,99 %

Néanmoins, la moyenne pour les pays de l’OCDE étant de 117 %, le niveau d’endettement des BRICS peut être considéré comme assez modéré.  Mais il ne faut pas oublier que ces pays ne disposent pas de monnaies fortes comme le dollar américain ou l’euro, et donc on ne peut pas comparer leur niveau de dette à celui des Etats-Unis ou de l’Allemagne.

Comment investir dans l’économie des BRICS ?

Sachez qu’il est possible d’investir dans l’économie des BRICS à travers des fonds dédiés. Si les rendements de ces fonds peuvent être intéressants en termes de rentabilité, ils sont évidemment également risqués. Les fluctuations des cours de ces fonds sont généralement d’amplitudes plus importantes par rapport aux fonds investissant dans des pays avancés.

Ce type de fonds vous permet en tant qu’investisseur d’avoir accès aux économies des BRICS, et de profiter de la croissance de cette zone. Avec une sélection de titres en provenance de ces différents pays, touchant principalement les domaines où ces pays sont avantagés, à savoir : les matières premières, l’informatique et les services aux industriels.

Il est aussi possible d’investir sur des indices qui concernent certains de ces pays comme le CHN50 qui regroupe les 50 plus grosses capitalisations boursières de Shanghai et Shenzen. Ou l’indice Bovespa, l’indice phare de la bourse de Sao Paulo par exemple.

Illustration d'un indice s'appuyant sur les BRIC et disponible chez le courtier en ligne IG
Illustration d’un indice s’appuyant sur les BRIC et disponible chez le courtier en ligne IG

Parmi ces fonds et indices on peut également citer :

  • Templeton BRIC Fund : qui investit dans des titres des BRIC, principalement dans les secteurs des banques, de l’industrie des semi-conducteurs et de la distribution. Ce fonds lancé en 2005 est par exemple accessible avec l’assurance-vie de Sicavonline.
  • iShares BRIC 50 UCITS ETF : un indice de BlackRock qui réplique la performance d’un indice qui rassemble les 50 sociétés les plus grandes des BRIC. Cet indice est par exemple disponible chez le courtier en ligne IG (et vous retrouverez mon avis sur IG ici).

  • https://www.goldmansachs.com/intelligence/archive/building-better.html
  • https://donnees.banquemondiale.org/indicator/NY.GDP.MKTP.CD?locations=CN

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Le déficit public https://finance-heros.fr/deficit-public-definition/ Thu, 13 Jul 2023 12:29:20 +0000 https://finance-heros.fr/?p=29765 Pour 2022, le déficit public de la France a atteint 124,9 milliards d’euros, soit 4,7% du PIB. Ce chiffre est régulièrement mis en avant dans les médias, notamment dans la presse économique mais également dans la presse généraliste. Alors pourquoi ce chiffre, en apparence résultat d’une opération purement comptable, est-il si régulièrement mis en avant […]

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Pour 2022, le déficit public de la France a atteint 124,9 milliards d’euros, soit 4,7% du PIB. Ce chiffre est régulièrement mis en avant dans les médias, notamment dans la presse économique mais également dans la presse généraliste. Alors pourquoi ce chiffre, en apparence résultat d’une opération purement comptable, est-il si régulièrement mis en avant et débattu ?

Trop élevé, et donc à réduire, pour certains ; un moindre mal pour d’autres, en particulier en période de crise économique, comme ce fut le cas lors de la crise du Covid-19, où il a pu atteindre 205,5  milliards d’euros en 2020, soit 8,9% du PIB (Produit Intérieur Brut).

Mais lorsque l’on parle de déficit public, de quoi parle-t-on ?

Qu’est-ce que le déficit public ?

Pour comprendre de quoi l’on parle lorsqu’on évoque le déficit public, il faut tout d’abord s’intéresser aux finances publiques. Par exemple les finances de l’Etat français. Celui-ci dispose en effet d’un budget : il s’agit des comptes qui décrivent pour une année civile les ressources (ce qui rentre dans les caisses) et les charges de l’État. Il est déterminé chaque année par une « loi de finances » votée par le Parlement. Il est composé de dépenses et de recettes.

Les dépenses publiques constituent les sommes qui découlent de l’action et de l’intervention de l’État dans l’activité économique. Cette intervention de l’État prend des formes extrêmement diverses : entretien de son administration bien sûr, dont les salaires des fonctionnaires, mais également financement de biens collectifs (éducation, santé), ainsi que d’infrastructures publiques (routes, ponts…) nécessaires au bon fonctionnement de l’économie dans son ensemble. Mais l’intervention de l’État ne se limite pas à la production de services publics. Elle vise également à réguler l’activité économique, comme nous le verrons plus tard.

Les ressources de l’État proviennent principalement des prélèvements obligatoires, c’est-à-dire des impôts et des cotisations sociales prélevés par les administrations publiques. Les impôts regroupent pour l’essentiel l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Mais il en existe de nombreux autres. Les cotisations sociales sont constituées des cotisations employeurs (ou cotisation « patronales »), ainsi que les cotisations des salariés et des non-salariés. Elles visent à prémunir contre les risques sociaux (maladie, chômage, vieillesse, etc.).

Si les dépenses de l’Etat sont supérieures à ses recettes, alors nous sommes dans une situation de déficit public.

Le solde budgétaire représente la différence entre les recettes (ressources) et les dépenses dans le budget de l’Etat. Si le solde est positif (recettes supérieures aux dépenses) alors on parle d’excédent budgétaire. Dans le cas contraire (dépenses supérieures aux recettes) alors le budget de l’Etat est en déficit : on parle de déficit public.

Comment expliquer le déficit public ?

On distingue le déficit conjoncturel du déficit structurel.

Le déficit conjoncturel s’explique par la conjoncture économique, soit « l’état de santé » de l’économie à une période donnée. En situation de conjoncture favorable (croissance soutenue, chômage faible), le déficit a tendance à baisser (voire se transformer en excédent). Les recettes fiscales augmentent (puisque les revenus et la consommation augmentent) et les dépenses diminuent, en particulier celles liées à l’indemnisation des chômeurs. Les politiques de relance, qui peuvent être coûteuses, sont également beaucoup moins mises en œuvre en situation de conjoncture favorable.

Le déficit structurel correspond à la part du déficit total qui persiste même si l’économie tournait à plein régime. Les dépenses sont supérieures aux recettes, y compris en situation de croissance forte et de chômage à son plus bas niveau.

Le déficit conjoncturel peut par exemple s’expliquer par une situation de crise, comme lors du covid 19, qui a engendré de nombreuses aides de l’Etat, ainsi que la mise à l’arrêt d’une partie de l’économie. Ce déficit peut arriver et se comprend.

Le déficit structurel est plus problématique. Un Etat qui perd forcément de l’argent chaque année, car son fonctionnement est construit de cette manière, ne peut pas être viable sur le long terme.

Dette et déficit public

On confond souvent déficit public et dette publique. Il s’agit pourtant de deux choses différentes.

La dette publique correspond aux sommes qui représentent les déficits budgétaires accumulés sur plusieurs années, soit plus précisément les emprunts contractés par les pouvoirs publics pour financer les déficits. Ces emprunts ne figurent pas dans le budget de l’Etat. Seuls les intérêts de cette dette y sont inscrits et sont considérés comme une charge. Il s’agit ainsi d’une dépense que l’Etat doit consentir chaque année auprès de ses créanciers.

Evolution de la dette et du déficit public de la France depuis 1978
Evolution de la dette et du déficit public de la France depuis 1978 (source INSEE)

😮 Au premier trimestre 2023, la dette publique de la France représentait 3 013,4 milliards d’euros. C’est la première fois qu’elle dépasse le seuil de 3 000 milliards d’euros.

Comment est financé le déficit budgétaire ? 

Lorsque les dépenses publiques sont supérieures aux ressources dont dispose l’État, ce dernier dispose d’un certain nombre de leviers de financement du déficit. Ils ne sont toutefois pas sans présenter certaines limites.

Monétisation du déficit, financement monétaire du déficit public

Pour résorber le déficit public, l’Etat peut avoir recours à la création monétaire. Il fait ainsi tourner la « planche à billets » afin de créer la monnaie nécessaire au financement du déficit public. Cela suppose toutefois que l’État ait le contrôle sur la politique monétaire, ce qui n’est souvent plus le cas. En effet, désormais la majorité des banques centrales, qui émettent la monnaie, sont indépendantes du pouvoir politique. C’est notamment le cas de la Banque Centrale Européenne.

Un pays ne peut pas rembourser sa dette en émettant de la monnaie indéfiniment. S’il fait cela, l’inflation augmente, la monnaie perd de sa valeur, et finalement d’autres problèmes surgissent.

Augmentation du taux de pression fiscale

Afin d’augmenter les ressources dont il bénéficie, l’État peut augmenter le niveau de la pression fiscale. En augmentant les impôts et les taxes ainsi que les cotisations, les pouvoirs publics vont augmenter leurs recettes fiscales. Comme ces dernières constituent l’essentiel des ressources de l’État, leur augmentation permet d’équilibrer les comptes publics. Toutefois, le taux de pression fiscale ne peut être augmenté indéfiniment, notamment car il finit par alimenter l’évasion fiscale.

Emprunt sur les marchés financiers, en émettant des titres de dette

Face aux limites des deux premiers leviers, le financement du déficit passe en réalité majoritairement par la souscription d’emprunts auprès d’acteurs privés sur les marchés financiers (fonds de pensions, banques, assurances…). Il s’agit notamment des Obligations Assimilable au Trésor (OAT). L’État émet ainsi des titres de dette, avec un montant d'emprunt, la durée du prêt (de quelques jours à plusieurs années), ainsi que le taux d’intérêt, c’est-à-dire la somme versée au créancier en contrepartie du prêt. On parle d’emprunts obligataires.

Les sommes empruntées qu’il reste à rembourser constituent la dette publique. En revanche, les taux d’intérêt payés aux créanciers sont comptabilisés comme une dépense publique, et donc inscrits au budget de l’État. Si les taux d’intérêt sont trop élevés, alors cela a pour effet d’accentuer le déficit public. L’État, en empruntant sur les marchés financiers, dispose ainsi d’une marge de manœuvre limitée.

Faut-il craindre le déficit budgétaire ?

Un des enjeux pour les décideurs publics est donc d’éviter que le déficit public ne soit trop élevé. Le déficit budgétaire n’est pas forcément une mauvaise chose en soi, mais s’il est excessif, il peut devenir un problème.

Un déficit budgétaire temporaire permet de relancer l’économie (approche keynésienne)

En période de conjoncture économique défavorable (faible croissance, fort taux de chômage), l’État peut utiliser le budget pour relancer l’activité, en creusant temporairement le déficit budgétaire. On parle de politique de relance.

Il peut ainsi augmenter temporairement les allocations chômage ou les revenus (par le versement de diverses primes ou allocation) afin d’augmenter le revenu disponible des ménages. Ceci va stimuler la consommation, puis la production, et donc la croissance économique, et par la suite réduire le chômage.

Mais surtout, les pouvoirs publics peuvent augmenter l’investissement public (ex. construction d’infrastructures). Celui-ci va augmenter la demande adressée aux entreprises privées, qui vont en retour investir et embaucher davantage, ce qui a également un effet positif sur l’emploi et la croissance.

Mais attention à un effet boule de neige du déficit public

Pour financer les politiques de relance, l’État est en général obligé de creuser son déficit, qu’il faut financer, ce qui passe en général par l’emprunt auprès des marchés financiers, en contrepartie d’un certain taux d’intérêt. Les intérêts des emprunts qui ont été consentis étant inscrits au budget de l’État, un déficit budgétaire trop élevé appelle potentiellement des intérêts importants à consentir.

Ces intérêts étant inscrits au budget de l’État, ils peuvent contribuer à creuser davantage le déficit, qu’il faut de nouveau financer par des emprunts, etc. Dès lors, le déficit risque de devenir insoutenable du fait du poids trop important des intérêts de la dette. Il s’agit finalement d’un cercle vicieux.

Un déficit budgétaire à redouter si les politiques budgétaire et monétaire sont mal coordonnées

Une politique budgétaire de relance n’est efficace qu’à condition qu’elle soit correctement coordonnée avec la politique monétaire. Celle-ci détermine le niveau des taux d’intérêt auxquels les ménages et les entreprises pourront contracter des crédits. Si la politique monétaire est trop restrictive, alors les taux d’intérêt resteront élevés, ce qui risque de décourager la consommation des ménages et l’investissement des entreprises, et ainsi diminuer la portée de la politique de relance.

Si la banque centrale mène une politique trop restrictive sur la quantité de monnaie qu’elle souhaite mettre en circulation, cela se répercute également sur le niveau des taux d’intérêt auxquels l’État emprunte sur les marchés financiers, ce qui peut miner la soutenabilité du déficit public. 

Le déficit budgétaire encadré par des règles de politique économique ?

Afin de contenir le déficit budgétaire, certains économistes préconisent de fixer des règles de politique économique, afin d’éviter que le déséquilibre des finances publiques ne devienne trop important. Ces économistes partent du postulat que les décideurs publics prennent principalement leurs décisions de politiques économiques sous influence du calendrier électoral. Par exemple, les pouvoirs publics mettraient en place une politique de relance de l’économie à l’approche des échéances électorales, afin d’augmenter leurs chances de rester au pouvoir.

En conséquence, certains économistes prônent l’indépendance des banques centrales vis-à-vis des pouvoirs politiques. L’idée est que la politique monétaire soit soumise à des règles (notamment en matière de contrôle du niveau de l’inflation). La politique budgétaire devrait de fait se caler sur celles-ci, ce qui limiterait sa marge de manœuvre et empêcherait la survenue d’un déficit public. En effet, puisque les conditions de refinancement de ce dernier seraient moins avantageuses.

De façon plus directe, pour un pays comme la France, les traités européens encadrent le déficit budgétaire. En 1997, les pays qui ont souhaité rejoindre la zone euro (monnaie entrée en vigueur en 1999) se sont engagés à ne pas avoir un déficit public supérieur à 3% du PIB. L’objectif était d’encourager les pays membres à avoir une gestion rigoureuse de leurs finances publiques, pour que l’ensemble de la zone bénéficie de taux d’intérêts faibles. En d’autres termes, il s’agit d’éviter les comportements de “passagers clandestins”. Toutefois, ce critère est souvent remis en question. Il apparaît comme trop rigide, en empêchant la mise en place de politiques économiques de relance qui pourraient être bénéfiques pour l’ensemble de la zone euro, dans un contexte de croissance économique faible.

  • https://www.insee.fr/fr/statistiques/7232553

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Le Produit Intérieur Brut (PIB) https://finance-heros.fr/pib-produit-interieur-brut/ Wed, 05 Jul 2023 14:55:58 +0000 https://finance-heros.fr/?p=44417 Le Produit Intérieur Brut (PIB) est au cœur des discussions en économie. C’est en effet un indicateur central, qui permet de rendre compte de « l’état de santé » de l’économie à un moment donné. Qu’il s’agisse de discours de politiques ou d’articles de presse, il est régulièrement question du « produit intérieur brut » […]

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Le Produit Intérieur Brut (PIB) est au cœur des discussions en économie. C’est en effet un indicateur central, qui permet de rendre compte de « l’état de santé » de l’économie à un moment donné.

Qu’il s’agisse de discours de politiques ou d’articles de presse, il est régulièrement question du « produit intérieur brut » du pays, et de son taux de croissance. Celui-ci s’élevait en 2022 à 2,5% en France selon l’INSEE, ce qui donne une valeur du PIB égale à 2 639 milliards d’euros. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Comment le PIB est-il mesuré ?

Qu’est-ce que le PIB ? A quoi sert cet indicateur ?

Définition du Produit Intérieur Brut (PIB)

De façon assez simple, le produit intérieur brut correspond à l’ensemble des richesses produites sur un territoire donné (le plus souvent un pays, parfois un groupe de pays) au cours d’une période donnée (en général une année).

Dans un premier temps, on peut dire concrètement qu’il correspond à la quantité de biens et de services produites sur une année, par exemple en France. Si le PIB augmente, alors c’est que cette quantité de biens et de services augmente : on parle de croissance économique.

Le PIB permet de rendre compte de la richesse d’un pays. Pour les économistes, le bien-être d’un individu est fonction de la quantité de biens et de services qu’il peut se procurer. Dès lors, la prospérité d’une nation dépend de cette quantité de biens et de services, produits dans son économie. Le PIB par habitant, qui s’obtient en divisant le montant du PIB par le nombre d’habitants, donne un aperçu de la richesse des individus qui résident dans le pays. 

Le PIB est également un indicateur économique central en ce qu’il permet de comparer les pays entre eux. En effet, des normes statistiques internationales rendent cette grandeur comparable au niveau international. Dès lors, il est fréquemment utilisé pour faire des comparaisons entre les pays, et ainsi savoir quelles sont les économies « dynamiques », c’est-à-dire en croissance, et celles dont le PIB stagne. Par ailleurs, il joue un rôle dans la mesure d’autres indicateurs, comme la dette et le déficit publics, qui sont toujours rapportés au niveau du PIB (on dira par exemple « En France en 2022, le déficit public s’élevait à 4,7% du PIB »).

Classement des pays par PIB

Comme dit précédemment, le PIB permet de comparer les pays entre eux. Pour vous donner une idée des ordres de grandeur, voici le classement des 10 premiers pays dans le monde en fonction du PIB.

PaysPIB 2022 (en Mds $)Croissance du PIB (2022 vs. 2021)
Etats-Unis25 462+2,1%
Chine17 963+3,0%
Japon4 231+1,0%
Allemagne4 072+1,8%
Inde3 385+7,0%
Royaume-Uni3 071+4,1%
France2 783+2,6%
Canada2 141+3,4%
Italie2 010+3,7M
Brésil1 920+2,9%
Source : données Banque Mondiale

Les Etats-Unis restent, de loin, la première puissance économique mondiale, suivis par la Chine et le Japon.

L’Allemagne est la première puissance économique européenne, et pointe à la 4ème place au niveau mondial.

Comment est-il mesuré ?

Il existe plusieurs méthodes qui permettent de calculer le PIB. Ces méthodes, issues de la comptabilité nationale, sont extrêmement complexes. Nous en présentons ici les grandes lignes. Il existe trois manières de mesurer le PIB, qui débouchent sur une même valeur mais permettent à chaque fois d’analyser la production (et donc l’économie) sous des angles différents.

Calcul du PIB : l’approche par la production

La première façon de mesurer le PIB est ce que l’on appelle « approche par la production ». L’idée est de faire la somme de l’ensemble des valeurs ajoutées de toutes les unités productives du PIB. La valeur ajoutée correspond à la différence entre le chiffre d’affaires (en fait le prix de vente d’un bien ou d’un service) et les consommations intermédiaires. Ces dernières correspondent à tout ce qui est détruit ou transformé dans le processus de production, comme les matières premières ou les consommables divers.

Prenons un exemple. Supposons que je produise des bâtonnets de glace, en utilisant de la crème, du chocolat, un morceau de bois, et de l’électricité nécessaire au fonctionnement des machines qui les produisent. Si, pour chaque unité produit, la somme de ces consommations intermédiaires vaut 0,60€, et que je vends chaque bâtonnet au prix unitaire de 2€, alors la valeur ajoutée par bâtonnet est de 2-0,6 = 1,4€.

Entre les matières premières et le produit final, il y a eu une création de valeur économique (le produit finit vaut davantage que les produits utilisés pour le produire). A l’échelle de l’ensemble de l’économie, la somme de toutes ces valeurs ajoutées nous donne le PIB. Si j’ai dans mon pays 10 entreprises qui produisent chacune 15 bâtonnets par an dans ces conditions, alors la valeur du PIB de mon pays sera 10*15*1,4 = 210€.

Calcul du PIB : l’approche par les revenus

La seconde façon de mesurer le PIB est ce que l’on appelle « approche par les revenus ». L’idée est ici de regarder les revenus générés par les agents économiques au cours de leurs activités et d’en faire la somme.

On prend en compte la rémunération des salariés (pour les ménages), l’excédent brut d’exploitation des entreprises, ainsi que les impôts sur la production et les importations (pour les administrations publiques). On en déduit les subventions versées par les pouvoirs publics à certaines entreprises.

Calcul du PIB : l’approche par la demande

La troisième façon correspond à ce que l’on appelle « approche par la demande ». Elle donne la répartition de l’utilisation de la richesse créée : soit dans la consommation, soit dans l’investissement, soit dans la constitution de stocks, soit dans les échanges avec l’étranger (importations et exportations).

Cette approche est d’une grande aide pour les pouvoirs publics car elle permet de cibler les politiques économiques conjoncturelles : soutien à la demande globale (consommation et investissement), dévaluation monétaire, etc.

Quelles sont les sources d’une augmentation du PIB, c’est-à-dire de la croissance économique ?

Si la richesse d’un pays peut être approximée par la quantité de biens et de services produits dans son économie, alors il est essentiel pour les pouvoirs publics de comprendre les sources de son augmentation. L’approche par la demande que nous venons de voir permet de voir quelles sont ses composantes qui contribuent à la croissance économique : consommation, investissement, solde extérieur, etc.

C’est ce que l’on peut voir dans le graphique ci-dessous, qui présente les contributions à la croissance du PIB française pour chaque trimestre en 2021 et en 2022 : 

Graphique variation PIB

Ainsi, au troisième trimestre de 2021, la contribution de la consommation à la croissance du PIB a été très importante (3,5 points). Il s’agissait de la reprise forte de la consommation suite au covid 19. Précisions que la contribution d’une composante peut être négative, en ce qu’elle ampute l’augmentation du PIB. C’est par exemple le cas pour le commerce extérieur au quatrième trimestre de 2021 (concrètement nous avons importé plus que nous n’avons exporté).

Les économistes ont également montré que le progrès technique, soit l’application au processus de production d’innovations technologiques, est l’explication principale de la croissance du PIB sur le long terme. Il permet en effet de produire plus efficacement (grâce à des machines et des technologies de production plus efficaces). De plus sa diffusion dans l’économie génère un processus de croissance auto-entretenue, puisque les agents économiques se saisissent des nouvelles technologies et les améliorent. On parle de croissance endogène : elle permet d’expliquer l’augmentation du PIB sur une longue période.

La création du moteur thermique, l’apparition d’Internet ou dernièrement l’avènement de l’Intelligence Artificielle sont ainsi vus comme des innovations ayant contribué ou contribuant à l’augmentation du PIB.

Pourquoi l’utilisation du PIB est parfois remise en cause ?

Le PIB est un indicateur qui n’est toutefois pas sans présenter un certain nombre de limites : 

  • Il prend mal en compte la production non marchande des administrations. Comme cette production est offerte gratuitement (par exemple une école publique) ou à un tarif non significatif (comme le prix payé pour une année à l’université) aux ménages, il est impossible de mesurer sa valeur ajoutée correctement. On estime que la production non marchande représente 20 à 30% du PIB
  • Le niveau du PIB ne dit rien sur la répartition de cette richesse. Des niveaux identiques de PIB par habitant peuvent cacher des niveaux d’inégalités économiques très différents
  • Le PIB est un indicateur purement comptable qui ne prend pas en compte le bien-être des habitants du pays, ainsi qu’aucune donnée environnementale. Il ne tient pas compte des dommages causés à l’environnement, comme l’épuisement des ressources naturelles.

Des indicateurs alternatifs au Produit Intérieur Brut ?

Afin d’enrichir la notion de PIB, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a développé en 1990 un nouvel indicateur : l’Indice de Développement Humain (IDH). Cet indicateur comprend, pour chaque pays, le PIB par habitant, mais également des indicateurs sociaux : le niveau d’alphabétisation, ainsi que l’espérance de vie à la naissance. En combinant ces indicateurs, on obtient un indice compris entre 0 et 1. Plus cet indice se rapproche de 1, plus le pays est considéré comme développé et offrant un bon niveau de vie à ses habitants.

L’IDH est donc basé sur le PIB mais permet d’y inclure des objectifs en matière de santé et d’éducation. Il va donc au-delà de la simple mesure de la valeur économique. Il rebat les cartes lorsque l’on fait des comparaisons internationales. Les pays qui ont les niveaux de PIB par habitant les plus élevés ne sont pas forcément ceux avec les IDH les plus élevés. L’IDH est un indicateur très utilisé par les institutions internationales, afin de promouvoir le développement économique et social.

Plus radicalement encore, le Bhoutan a promu dès 2008 l’utilisation d’un autre indicateur, le Bonheur Intérieur Brut (BIB). Les dirigeants ont jugé que l’indicateur à utiliser pour mesurer la richesse d’un pays devait prendre en compte le bien-être des individus, et ne pas faire la promotion d’un croissance sans limite de la production, dans un contexte d’épuisement des ressources naturelles et de dérèglement climatique. Le BIB vise à promouvoir un développement économique et social équitable, la sauvegarde de l’environnement, ainsi qu’une bonne gouvernance.

  • INSEE : https://www.insee.fr/fr/statistiques/6795343#:~:text=En%20moyenne%20sur%20l’ann%C3%A9e,en%20sortie%20de%20crise%20sanitaire

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Monnaie scripturale : définition, utilité et fonctionnement https://finance-heros.fr/monnaie-scripturale/ https://finance-heros.fr/monnaie-scripturale/#comments Tue, 06 Jun 2023 13:22:17 +0000 https://finance-heros.fr/?p=49734 Qu’est-ce que la monnaie scripturale ? Définition La monnaie scripturale est l’argent créé par les banques commerciales, inscrites sur les comptes bancaires de leur client. Elle prend la forme d’une simple écriture comptable représentant le crédit de chaque compte de dépôt vis-à-vis de la banque. 💶 La monnaie scripturale est souvent opposée à la monnaie […]

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Qu’est-ce que la monnaie scripturale ? Définition

La monnaie scripturale est l’argent créé par les banques commerciales, inscrites sur les comptes bancaires de leur client. Elle prend la forme d’une simple écriture comptable représentant le crédit de chaque compte de dépôt vis-à-vis de la banque.

💶 La monnaie scripturale est souvent opposée à la monnaie fiduciaire, prenant la forme de pièces et de billets, dont la gestion et l’émission sont dévolues aux banques centrales. La monnaie scripturale représente plus de 90 % de la masse monétaire en circulation.

Quels sont les principaux moyens de paiement scripturaux ? 

Dès lors que vous ne payez pas en espèce, la grande majorité des transactions que vous effectuez se fait avec de la monnaie scripturale. La plupart des moyens de paiements visent à transmettre un ordre de paiement à votre banque qui débite votre compte pour créditer le compte de la banque du bénéficiaire.

Si vous utilisez ces moyens de paiement, vous faites des paiements en monnaies scripturales :

  • Carte bancaire (90 % des paiements) ;
  • Virement bancaire et prélèvements ;
  • Chèques ;
  • Effets de commerce (lettre de change, billet à ordre…). 
Antoine
Les conseils de Antoine

Pour surfer sur la vague des cryptomonnaies, de plus en plus de banques proposent des cartes bancaires pour payer avec vos cryptos. Mais, l’utilisation de ces cartes consiste in fine en un paiement en monnaie scripturale puisque la banque procède à une conversion automatique de vos cryptos pour créditer le compte du bénéficiaire en monnaie scripturale.

D’où provient la monnaie scripturale ?

La monnaie scripturale est une monnaie émise par les banques commerciales à l’occasion de leur activité de crédit ou lorsqu’elle procède à un échange de devises. 

Elle provient d’un consensus politique penser pour assurer un marché concurrentiel entre banques commerciales, avec une banque centrale indépendante disposant d’un pouvoir d’influence indirect sur la quantité de monnaie scripturale émise.

Histoire de la monnaie scripturale

Initialement, et pendant plusieurs millénaires, la seule monnaie en circulation était physique, c’est-à-dire fiduciaire, prenant généralement la forme de pièces forgées dans des métaux dont l’abondance était limitée. 

Ce n’est que récemment, avec le développement de la bancarisation, l’amélioration des moyens de communication et la nécessité pour les agents économiques de gagner en fluidité dans leur opération de paiement, que la monnaie scripturale s’est imposée comme système comptable de compensation entre débit et crédit.

La monnaie scripturale permet alors d’optimiser les coûts de transaction entre les agents économiques et répondre aux problématiques physiques posées par les monnaies fiduciaires (stockage, transfert, sécurité…).

La règle des crédits faisant les dépôts

Contrairement aux idées reçues, la monnaie scripturale est une monnaie créée ex nihilo (à partir de rien) par les banques commerciales à l’occasion de leur activité de crédit et de change.

En effet, ce ne sont pas les dépôts des agents économiques qui font les crédits, mais bien l’inverse. Dès qu’un agent économique obtient un crédit (immobilier, découvert bancaire, crédit à la consommation…), la banque inscrit la somme du prêt sur le compte du déposant sans débiter le compte d’un autre déposant. 

➡ À cette occasion, la quantité de monnaie en circulation (masse monétaire) augmente.

Le marché interbancaire et compensation entre établissements bancaires

L’émission et la circulation de monnaie scripturale entre les banques commerciales ne sont pas sans poser de difficultés pour ces dernières. 

Dès lors que les transactions s’effectuent entre deux clients d’une même banque, les compensations se font automatiquement : le compte de l’agent A est débité pour créditer celui de l’agent B. Le bilan de la banque reste inchangé.

Par contre, lorsque deux agents effectuent une transaction sans être de la même banque, la banque de l’agent B devient créditrice à l’égard de la banque de A. Cette dernière doit alors lui fournir de la monnaie centrale pour compenser sa dette scripturale.

La monnaie centrale, réservée aux institutionnels, est émise par la banque centrale dans laquelle chaque banque commerciale dispose d’un compte de dépôt avec un solde obligatoirement positif. 

La circulation et les compensations entre crédit et débit des banques se font alors par le marché interbancaire. Forcément, un taux d’intérêt est pratiqué sur ces dettes, appelé le taux interbancaire qui est généralement similaire au taux de refinancement de la banque centrale (taux auquel la banque prête de la monnaie centrale aux banques commerciales pour notamment s’acquitter de leurs dettes auprès des autres banques commerciales).

Ainsi, plus une banque dispose de clients avant un compte créditeur et moins elle émet de monnaie scripturale, plus elle aura tendance à être en position créditrice sur le marché interbancaire.

Remboursement des crédits et destruction de la monnaie scripturale

La monnaie scripturale est pour ainsi dire une monnaie éphémère puisqu’elle a un cycle de vie limité. En effet, lorsque la banque octroie un crédit, il y a émission de monnaie scripturale. Mais, lorsque le crédit est remboursé (mensualité de remboursement d’un crédit immobilier par exemple), il y a destruction monétaire. La banque efface alors la ligne de crédit du client, la quantité de monnaie en circulation diminue d’autant.

Une banque commerciale peut-elle émettre de la monnaie scripturale à l’infini ?

Les banques commerciales ne peuvent pas émettre de la monnaie scripturale de manière illimitée. D’un point de vue financier, plus elle émet de crédit, plus elle fragilise sa position sur le marché interbancaire tout en augmentant son risque d’insolvabilité en cas de non-remboursement de ses clients.

Par ailleurs, la banque centrale fixe des limites à deux niveaux : 

  • le taux de réserve obligatoire (dans le compte banque centrale dont nous avons parlé précédemment) ;
  • le taux de refinancement, qui influence directement le taux interbancaire, mais aussi le taux auquel les banques commerciales peuvent prêter aux agents économiques pour maintenir une marge positive.

La politique monétaire menée par la banque centrale a donc une influence indirecte mais mécanique sur la création monétaire, laquelle est en pratique, le fait des banques commerciales.

D’autres lois et règlements étatiques encadrent aussi l’émission de crédit. En France, le HCSF (Haut Conseil à la Stabilité Financière) émet des recommandations qui peuvent revêtir un caractère obligatoire. C’est le cas par exemple des règles en matière de taux d’endettement maximum pour les particuliers.

Les réserves obligatoires

La banque centrale impose aux banques commerciales d’avoir en réserve un montant minimum de la totalité des dépôts de leur client. C’est ce qu’on appelle les réserves obligatoires.

Or, comme nous l’avons vu, les crédits font les dépôts. Cela implique que plus une banque octroie de crédits, plus elle devra avoir un volume élevé de réserve obligatoire.

Ce faisant, si le taux de réserve obligatoire est de 10 %, et que la banque émet un crédit de 1 000 euros, elle devra conserver sur le compte banque centrale 10 euros.

Ce taux de réserve obligatoire fixe alors une limite à l’expansion de la monnaie scripturale. 

Le taux de refinancement des banques et le marché interbancaire

Aussi, comme nous l’avons vu, les transactions réalisées entre clients de banques différentes impliquent une compensation entre ces dernières.

Les dettes générées ont un coût pour la banque en position débitrice dont le taux est fixé par la banque centrale. On parle de taux de refinancement. Il sert de taux minimum de référence pour les opérations de crédits et notamment pour le taux pratiqué sur le marché interbancaire.

Pour conserver leur marge lors de l’octroi d’un crédit, les banques doivent donc s’assurer que le spread de taux entre le taux de refinancement et le taux appliqué à leur client est suffisamment élevé pour conserver une marge. Par exemple, si le taux de refinancement est de 3 %, une banque commerciale ne pourra pas raisonnablement proposer des crédits immobiliers à des taux inférieurs (sauf si les agents anticipent une baisse des taux à long terme…). Son bilan se trouverait alors grignoté progressivement par le poids de sa dette à l’égard de la banque centrale et des autres banques commerciales.

Dès lors que le coût de crédit augmente au sein d’une économie, les agents économiques auront une propension plus faible à emprunter. La demande de crédit diminue, la masse monétaire en circulation aussi. Ainsi, par le truchement du taux de refinancement, la banque centrale réussit à limiter l’émission de monnaie scripturale dans l’économie.

Monnaie scripturale VS Monnaie numérique

La démocratisation des cryptomonnaies comme instrument de paiement vient remettre en cause le monopole bancaire en matière d’émission monétaire et d’intermédiaire de paiement. Gérées de manière décentralisée avec, le plus souvent, une masse monétaire finie, les cryptos permettent de contourner le système bancaire classique grâce à un registre décentralisé (blockchain) attestant en temps réel de la position créditrice de chaque compte et la possibilité de réaliser des transferts de cryptos.

Elles constituent désormais une alternative intéressante au monopole bancaire. Mais, leur efficacité et leur utilité demeurent contestées dans les économies modernes. En effet, leur adoption en tant que “monnaie” dans ses composantes essentielles (réserve de valeur, unité de compte, intermédiation des échanges) reste très contestée d’autant que l’écosystème évolue de plus en plus vers de la centralisation (via les plateformes d’échange) laissant penser à un rapprochement avec le système financier traditionnel.

Les banques centrales, dont la BCE, ont pour ambition de créer leur propre monnaie numérique dont la valeur serait garantie par la banque centrale directement (et non par une banque commerciale, comme c’est le cas avec la monnaie scripturale).

À l’instar des billets de banque dont la valeur est garantie par la banque centrale, la monnaie numérique pourrait avoir à terme l’ambition de remplacer les paiements en cash et, ainsi, répondre aux problématiques physiques posées par la monnaie fiduciaire.

Questions fréquentes

Comment est créée la monnaie scripturale ?

La monnaie scripturale est créée à partir de rien par les banques commerciales à l’occasion de leur activité de crédit et d’échange de devises.

La monnaie fiduciaire va-t-elle disparaître au profit de la monnaie scripturale ?

La monnaie fiduciaire est toujours utilisée par les acteurs économiques non bancarisés et constitue une habitude culturelle pour de nombreux pays. Sa disparition n’est pour le moment pas d’actualité, encore moins au profit de la monnaie scripturale.

Toutefois, la création d’une monnaie numérique par les banques centrales pourrait avoir pour effet de remplacer les monnaies fiduciaires à terme.

Quel est le lien entre masse monétaire et monnaie scripturale ?

La monnaie scripturale représente plus de 90 % de la masse monétaire en circulation. L’expansion monétaire décidée par les banques centrales se fait par l’intermédiaire des banques commerciales qui émettent de la monnaie scripturale en octroyant plus de crédit dans l’économie.

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La déflation : définition, causes et solutions https://finance-heros.fr/la-deflation-definition-causes-et-solutions/ Thu, 25 May 2023 08:57:52 +0000 https://finance-heros.fr/?p=48541 En France, en 2022, le taux d’inflation s’établit à 5,2%, selon l’INSEE. Cela signifie que le prix de ce que nous consommons (énergie, alimentation, transports, etc.) a augmenté de 5,2% en moyenne pour l’ensemble des biens. Certains postes ont connu une augmentation plus importante, notamment l’énergie (+23,1%) et l’alimentation (+6,1%). Cette hausse des prix pèse […]

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En France, en 2022, le taux d’inflation s’établit à 5,2%, selon l’INSEE. Cela signifie que le prix de ce que nous consommons (énergie, alimentation, transports, etc.) a augmenté de 5,2% en moyenne pour l’ensemble des biens. Certains postes ont connu une augmentation plus importante, notamment l’énergie (+23,1%) et l’alimentation (+6,1%). Cette hausse des prix pèse sur le pouvoir d’achat des consommateurs, qui peuvent se procurer une quantité de biens plus faible pour un même niveau de revenu.


Dès lors, il semble a priori souhaitable que les prix baissent, puisque cela augmente le pouvoir d’achat – et donc le bien-être – des consommateurs. Seulement, une baisse trop rapide et surtout inscrite dans la durée du prix des biens peut être nuisible à l’économie dans son ensemble. En d’autres termes, il faut éviter une baisse du niveau des prix. Mais d’où peut provenir une baisse durable des prix ? En quoi est-ce nuisible ? Comment les pouvoirs publics peuvent-ils lutter contre la déflation ?

Qu’est-ce que la déflation ?

La déflation se définit comme l’opposé de l’inflation. Elle correspond à une baisse générale du niveau des prix sur une période donnée, en général plusieurs trimestres. La particularité de la baisse des prix caractéristique de la déflation, c’est qu’elle est auto-entretenue et qu’elle constitue un vrai défi pour les politiques économiques.

Elle se caractérise par un effet dit procyclique du taux d’intérêt. Cela signifie que les taux d’intérêt (qui sont par définition positifs) entretiennent la baisse des prix. Plus précisément, les taux d’intérêt réels (différence entre le taux d’intérêt nominal et le taux d’inflation) augmentent, puisque le taux d’inflation est négatif. Cela a pour effet d’enchérir la valeur des emprunts, et plus largement le coût du crédit, ce qui ampute le pouvoir d’achat des consommateurs, et la capacité d’investissement des entreprises.

La déflation se caractérise également par une récession, c’est-à-dire une diminution du PIB (Produit Intérieur Brut) réel. Cela signifie que la quantité de biens et de services produite dans l’économie chaque année diminue. Cela a pour effet d’auto-entretenir la déflation, puisque les revenus de l’ensemble des agents économiques diminuent.

La déflation, un phénomène auto-entretenu : la spirale déflationniste

En soi, la déflation pourrait ne pas être si problématique si elle n’était que temporaire, et faisait par exemple suite à des périodes de forte inflation. Cependant, la déflation est un phénomène économique redouté en ce qu’il est auto-entretenu. Ce caractère auto-entretenu de la déflation s’explique par plusieurs mécanismes qui constituent ce que l’on appelle la spirale déflationniste.

En période de déflation, les agents économiques anticipent des baisses de prix futures. Cela les encourage à reporter, du point en partie, leurs achats : pourquoi en effet acheter aujourd’hui quelque chose que l’on pourra acheter moins cher dans quelques mois ? Cela a pour effet de diminuer la demande à laquelle sont confrontées les entreprises, ce qui encourage ces dernières à baisser leurs prix de vente, alimentant la déflation.

Toutefois, si les baisses de prix ne suffisent pas à écouler leurs stocks, alors les entreprises seront encouragées à ralentir (dans un premier temps) puis diminuer leur production. Cela a pour effet d’augmenter le chômage puisque les nouvelles quantités produites nécessitent moins de main-d’œuvre : les entreprises auront donc tendance à licencier. Cette hausse du chômage se traduit par une baisse du revenu disponible des ménages, ce qui les pousse à diminuer leur consommation, aggravant la baisse des prix.

Cette diminution de la production du fait d’une baisse de la demande se traduit également par une baisse de l’investissement des entreprises, c’est-à-dire de l’achat de machines, de matériel, etc. nécessaires à la production. Or, ces investissements constituent une composante importante de la demande globale. La baisse de l’investissement diminue donc la production et l’emploi, et donc les prix, ce qui alimente la spirale déflationniste.

Cette baisse de la consommation et de l’investissement est également favorisée par l’augmentation des taux d’intérêt réels. Mécaniquement, la baisse du niveau des prix a pour effet, nous l’avons vu, d’augmenter le poids du remboursement des crédits et des dettes dans les dépenses des agents économiques. Dès lors, les ménages et les entreprises disposent de moins de revenu pour la consommation et l’investissement, ce qui a pour effet de diminuer la demande globale et donc les prix.

Comment lutter contre la déflation ?

La déflation, lorsqu’elle se présente, constitue un véritable défi pour les politiques économiques, notamment de par son caractère auto-entretenu et parce qu’elle a des effets sur l’ensemble de la situation macro-économique d’un pays (ou d’un groupe de pays, comme la zone euro). Les économistes s’accordent à dire que la déflation est un phénomène plus facile à prévenir que guérir.

Les banques centrales doivent fixer des taux d’intérêt directeur à un niveau suffisamment bas pour favoriser le crédit et donc l’investissement et la croissance. Cependant, il doit être suffisamment élevé, non seulement pour éviter que l’inflation ne soit trop élevée (du fait d’une hausse excessive et/ou trop rapide de la demande globale), mais éviter que cette situation ne se transforme en déflation dans le moyen et le long terme. En effet, une politique monétaire trop accommodante peut favoriser la déflation dans le futur. À la suite d’une période d’euphorie, caractérisée par un endettement massif des agents économiques privés, a lieu une période de désendettement des ménages et des entreprises. Pour se désendetter, ces derniers diminuent leur consommation et leur investissement. Cette baisse de la demande globale se traduit par un ralentissement de la croissance et le risque de tomber dans la spirale déflationniste. La politique monétaire joue donc un rôle central dans la prévention de la déflation, et doit trouver un juste équilibre en matière d’objectif de hausse du niveau des prix.

L’exemple le plus contemporain de pays tombé dans le “piège déflationniste” est le Japon, qui a connu une importante période de baisse du niveau des prix à la fin des années 1990 et au début des années 2000, face à laquelle la politique monétaire s’est révélée impuissante, comme elle a réagi beaucoup trop tardivement. Afin d’encourager la hausse de la demande globale, les autorités japonaises ont cherché à augmenter le volume de crédit via le canal des taux d’intérêt directeurs. Mais comme la déflation était déjà là, la baisse des taux d’intérêt n’a eu aucun effet, et n’a pu freiner que marginalement l’augmentation de la valeur réelle des emprunts. Le rachat massif d’actifs par la Banque du Japon, visant à augmenter le prix des actifs financiers et donc réduire la contrainte de financement des agents économiques, s’est révélé inefficace.

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