Finance d'entreprise https://finance-heros.fr/categorie/pro-et-entreprises/finance-dentreprise/ Prenez les bonnes décisions financières ! Tue, 09 Dec 2025 08:18:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.3.7 Note de frais en micro-entreprise : possible ? https://finance-heros.fr/note-frais-micro-entreprise-auto-entrepreneur/ Wed, 29 May 2024 16:42:39 +0000 https://finance-heros.fr/?p=86231 Je ne vais pas tourner autour du pot : il n’est pas possible de faire des notes de frais pour votre micro-entreprise. En revanche, il y a 2 options à considérer si les frais professionnels sont un sujet important pour vous : ➡️ Dans cet article je vais étudier les deux choix qui s’offrent à […]

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Je ne vais pas tourner autour du pot : il n’est pas possible de faire des notes de frais pour votre micro-entreprise.

En revanche, il y a 2 options à considérer si les frais professionnels sont un sujet important pour vous :

  • Opter pour une autre forme que la micro-entreprise pour exercer votre activité (ex. SASU, EURL) afin de pouvoir être imposé sur votre résultat, et donc après intégration de vos frais pro
  • Opter pour des frais de débours si vos frais sont en fait des avances faites pour le compte de votre client

➡ Dans cet article je vais étudier les deux choix qui s’offrent à vous quant à la gestion de frais, afin de maximiser vos revenus, car que vous soyez en auto-entrepreneur ou pas, c’est bien ce que vous cherchez à faire !

Notes de frais importantes : mieux vaut éviter la micro-entreprise

Si vos frais professionnels sont conséquents au regard de votre chiffre d’affaires, il est possible qu’il soit préférable pour vous d’éviter le statut de micro-entreprise. Voyons ensemble comment déterminer si c’est le cas.

Rappel sur les notes de frais

Visuel pour les notes de frais avec de nombreuses factures
Pour des notes de frais, garder ses factures est indispensable

Que vous soyez le fondateur d’une entreprise, ou le salarié de celle-ci, vous pouvez généralement vous faire rembourser des frais dans le cadre de votre activité professionnelle.

Parmi ces frais, nous pouvons noter :

  • Frais de transport ou d’hébergement : par exemple si votre travail vous amène à aller à un congrès, ou à aller voir des fournisseurs en Chine
  • Frais de matériel : chez Finance Héros cela peut être l’achat d’un ordinateur, d’un fauteuil ergonomique, pour pouvoir vous écrire des articles dans de bonnes conditions 😉
  • Frais de restauration : s’il vous arrive de réaliser un déjeuner professionnel avec des clients ou des prospects

📄 Afin de vous faire rembourser, vous allez devoir faire une note de frais. Il s’agit principalement de fournir un justificatif avec la date d’achat, le descriptif de la dépense, ainsi que la TVA. En deux mots vous devez récupérer soit une facture, soit un ticket de caisse.

Il est important d’avoir un justificatif pour une note de frais, aussi bien pour la comptabilité de l’entreprise qu’en cas de contrôle de l’administration fiscale.

Avec le régime micro-fiscal, pas de notes de frais possibles

Un auto-entrepreneur bénéficie du régime micro-fiscal. Grâce à cela, tout est simplifié pour lui, notamment car il n’a pas de notes de frais à faire, tout en bénéficiant d’un abattement fiscal forfaitaire sur son chiffre d’affaires.

J’utilise indifféremment rget= »_blank » rel= »noopener »>le terme d’auto-entrepreneur ou de micro-entrepreneur, car depuis 2016 il n’y a plus de distinction entre les deux statuts.

Le taux d’abattement varie en fonction du type d’activité exercée :

Type d’activitéTaux d’abattement sur le chiffre d’affaires
Achat / revente de biens71%
Activité relevant des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC)50%
Activité relevant des Bénéfices Non Commerciaux (BNC)34%

Par conséquent, si vous avez une activité de service relevant des BNC, et que votre chiffre d’affaires est de 50 000€, votre base d’imposition ne sera que de 33 000€. C’est comme si vos frais professionnels étaient de 17 000€ ( = 50 000€ x 34%).

Note de frais conséquentes ? Envisagez un autre statut qu’auto-entrepreneur

Vous l’aurez compris, dans mon exemple précédent, si vos frais professionnels dépassent 34% de vos recettes, alors vous feriez potentiellement mieux d’exercer votre activité via une autre forme de société.

En tant qu’entrepreneur individuel, vous pouvez opter pour la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) ou l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée). Chacune de ces deux formes de société ont leurs avantages et leurs inconvénients, mais dans les deux cas vous allez pouvoir venir diminuer votre résultat en prenant en compte l’ensemble de vos frais professionnels.

⚠ Avant de prendre une décision, ayez tout de même en tête que la micro-entreprise a aussi des avantages de simplicité, et si vous choisissez de créer une SASU ou une EURL par exemple, alors vous devrez :

➡ Vérifiez donc que le jeu en vaut la chandelle avant d’abandonner le statut de micro-entreprise ! Dans certains cas, avoir des notes de frais et une SASU sera préférable à avoir une micro-entreprise et bénéficier du régime micro-fiscal, mais c’est loin d’être systématique.

Pour créer une SASU ou une EURL, vous pouvez vous faire accompagner efficacement et à moindre coût par une société comme Legalstart. Cela pourrait vous aider si vous n’êtes pas expert !

Par ailleurs, notez que parmi les meilleures banques pro en ligne, la plupart permettent de gérer vos notes de frais très facilement. C’est par exemple le cas de Qonto, la banque que nous avons choisi pour Finance Héros (voir mon avis et retour d’expérience sur Qonto pour en savoir plus).

L’alternative aux notes de frais : les frais de débours

Si vous n’avez pas intérêt à quitter votre statut de micro-entreprise, à défaut de notes de frais, cela vaut peut-être la peine de considérer les frais de débours. Explications ⤵.

Définition des frais de débours

Les frais de débours correspondent à des dépenses effectuées au nom de votre client, dans le cadre d’une prestation.

Imaginons que vous soyez plombier, et qu’il faut changer le siphon de votre client. Soit le client achète un siphon, soit vous vous en chargez à sa place. Dans ce dernier cas, il peut alors s’agir de frais de débours.

Mais attention, il y a certaines règles à respecter.

Auto-entrepreneurs : quelques règles à suivre si vous utilisez les frais de débours

Pour les frais de débours, vous devrez suivre quelques consignes :

  • Avoir l’accord écrit du client, qu’on appelle mandat de débours
  • Etablir la facture au nom du client pour les frais que vous allez avancer
  • Bien garder les factures, qui pourront vous servir en cas de contrôle de l’administration fiscale
  • Ne pas réaliser de marge entre les frais de débours avancés et ce qui est facturé au client

La facture finale correspondant à votre prestation devra de plus bien distinguer ce qui relève de votre prestation et ce qui relève des frais de débours.

La déduction des frais kilométriques comme frais de débours n’est pas possible pour un auto-entrepreneur. En revanche, des frais de déplacement (ex. taxi, billet de train ou d’avion) peuvent passer comme frais de débours, à condition de remplir les règles mentionnées ci-dessus.

Bon à savoir : les frais de débours ne viennent pas gonfler vos recettes

Pour bénéficier du statut de micro-entreprise, je rappelle qu’il faut respecter certains seuils de chiffre d’affaires :

  • 188 700€ pour les activités de commerce et de fourniture de logement
  • 77 700€ pour les prestations de services

✅ Vous pourriez donc craindre qu’en facturant des frais de débours à vos clients, vous alliez gonfler votre chiffre d’affaires. Mais rassurez vous, ces frais de débours ne sont pas à prendre en compte.

Surtout qu’en plus de risquer de dépasser les seuils plus rapidement, vos impôts et cotisations sociales sont fonction de votre chiffre d’affaires. Donc encore une fois, mieux vaut que celui-ci ne soit pas gonflé plus qu’il ne faut !

Questions fréquentes

Quels frais peut-on déduire en micro-entreprise ?

La micro-entreprise étant sous le régime micro-fiscal, vous ne pouvez pas déduire vos frais professionnels de votre chiffre d’affaires (vous disposez déjà d’un abattement forfaitaire). En revanche, vous pouvez optimiser la gestion de vos frais grâce aux frais de débours, si votre activité le permet.

Est-il obligatoire d’émettre des factures en micro-entreprise ?

Pour vos clients professionnels, vous devez obligatoirement émettre une facture pour vos ventes et prestations. C’est également conseillé pour ce qui concerne vos clients particuliers. Des logiciels de facturation très simples d’utilisation existent désormais sur le marché, profitez-en !

Comment créer une micro-entreprise ?

Pour créer une micro-entreprise, tout se fait depuis le portail e-procédures de l’inpi, de manière plutôt simple, et entièrement digitalisée. Pour vous accompagner dans vos démarches, vous pouvez utiliser notre guide de création de sa micro-entreprise.

Un auto-entrepreneur peut-il être remboursé de ses notes de frais ?

L’auto entrepreneur ne peut pas obtenir de remboursement de ses notes de frais, puisque les micro entreprises ne peuvent pas émettre de notes de frais. L’auto entrepreneur bénéficie du régime micro fiscal, ce qu’il fait qu’il déclare à l’administration le montant de son chiffre d’affaires, et qu’un abattement forfaitaire s’applique à ce montant pour prendre en compte les frais, sans avoir à déclarer ses frais réels un à un.

Comment utiliser les frais de débours ?

Si vous avez des frais de débours, pour avancer des frais à votre client, vous devrez faire attention à facturer ce dernier en indiquant bien les frais de débours à part, et en gardant les justificatifs associés.

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Quelle différence entre auto-entrepreneur et micro-entreprise ? https://finance-heros.fr/difference-auto-entrepreneur-micro-entreprise/ Mon, 27 May 2024 10:04:59 +0000 https://finance-heros.fr/?p=85564 Que vous soyez déjà auto-entrepreneur ou en train de réfléchir à vous lancer, ou encore juste curieux, vous vous demandez pourquoi vous entendez parler d’auto-entrepreneur et de micro-entreprise alors qu’apparemment cela veut dire la même chose. Et vous vous interrogez quant à l’existence réelle de différence entre auto-entreprise et micro-entreprise, histoire de ne pas manquer […]

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Que vous soyez déjà auto-entrepreneur ou en train de réfléchir à vous lancer, ou encore juste curieux, vous vous demandez pourquoi vous entendez parler d’auto-entrepreneur et de micro-entreprise alors qu’apparemment cela veut dire la même chose. Et vous vous interrogez quant à l’existence réelle de différence entre auto-entreprise et micro-entreprise, histoire de ne pas manquer quelque chose.

➡ Figurez -vous qu’auto-entrepreneur et micro-entrepreneur veut désormais dire strictement la même chose. Il en est de même pour leurs variantes, auto-entreprise et micro-entreprise. Mais cela n’a pas toujours été le cas, d’où la coexistence des deux expressions.

Auto-entrepreneur / micro-entreprise : à quoi cela correspond ?

La micro-entreprise correspond à un statut, simple, qui vous permet d’effectuer une activité entrepreneuriale avec des formalités administratives allégées.

Pour bénéficier de ce statut, vous ne devez pas dépasser :

  • 188 700€ de chiffre d’affaires pour les activités de vente de biens et d’hébergement
  • 77 700€ de chiffre d’affaires pour les autres prestations de service

✅ Si vous remplissez ces conditions, alors vous pouvez exercer votre activité sans avoir à créer une société nécessitant un dépôt de capital. Vous bénéficiez aussi d’abattements fiscaux plutôt que d’avoir à déclarer vos frais professionnels. Ou encore vous êtes exonéré du paiement de la TVA tant que vous ne dépassez pas certains seuils. La micro-entreprise possède donc de nombreux avantages !

Doit-on dire auto-entrepreneur ou micro-entreprise ?

Dans les média, sur internet, vous trouverez les deux termes d’auto-entreprise et micro-entreprise utilisés indifféremment, pour dire la même chose.

Visuel expliquant qu'auto-entreprise est égal à micro-entreprise

Dans les textes officiels, ou les sites du gouvernement, en revanche c’est désormais l’expression de micro-entreprise qui prévaut. Par exemple si vous prenez cette page du site economie.gouv.fr du Ministère de l’économie et des finances, vous ne verrez plus apparaître le terme d’auto-entrepreneur.

A certains endroits, comme le portail e-procédures de l’inpi, vous trouverez même l’expression d’ « entrepreneur individuel » pour désigner le statut de micro-entreprise.

Comment expliquer l’existence de ces deux termes ?

En fait, avant 2016, il existait bel et bien une différence entre auto-entrepreneur et micro-entrepreneur.

Avant cette date, le régime micro-social était une option possible pour l’auto-entrepreneur. Depuis 20216, le régime micro-social est devenu le régime par défaut pour une entreprise individuelle.

➡ Mais dans le langage courant, l’auto-entrepreneur apparaissait déjà bien plus fréquemment que celui de micro-entreprise. Ainsi, plusieurs années après, l’expression d’auto-entreprise ou d’auto-entrepreneur est encore largement utilisée.

Auto-entreprise / micro-entreprise : les ressources pour aller plus loin

Si vous voulez en savoir plus au sujet de la micro-entreprise, plusieurs contenus sont disponibles sur notre site afin de vous aider à comprendre les sujets et à faire les bons choix pour vos finances.

Voici les principaux articles qui peuvent vous intéresser :

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le régime micro social ?

Les cotisations sociales sont calculées selon le chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur ainsi que du type d’activité professionnelle exercée.

Qu’est-ce que le régime micro fiscal ?

Le régime micro fiscal est un régime simplifié, qui vous permet de ne pas avoir à déclarer chaque frais professionnels lors de votre déclaration de revenus. A la place, un abattement forfaitaire est appliqué sur votre chiffre d’affaires. Le taux d’abattement est de 34% pour les prestations de service, de 50% pour les activités libérales, et de 71% pour les ventes de marchandises.

La création d’une micro entreprise nécessite-t-elle un dépôt de capital ?

Contrairement aux sociétés (ex. SASU, EURL), vous n’avez pas à effectuer de dépôt de capital lors de la création de votre micro-entreprise.

BIC ou BNC ?

BIC et BNC sont deux acronymes utiles à connaître pour votre déclaration d’impôt sur le revenu. BIC signifie Bénéfices Industriels et Commerciaux, tandis que BNC signifie Bénéfices Non Commerciaux. Ces deux acronymes viennent donc désigner deux types d’activités professionnelles différents.

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Guide pour créer sa micro-entreprise en ligne https://finance-heros.fr/creer-micro-entreprise-en-ligne/ Thu, 23 May 2024 13:29:51 +0000 https://finance-heros.fr/?p=84952 Depuis la création en 2008 du statut d’auto-entrepreneur, il est désormais beaucoup plus simple en France de créer son entreprise. Ceci est d’autant plus vrai que désormais l’ensemble des démarches peuvent s’effectuer à distance, depuis votre ordinateur. Dans cet article, je vais vous guider étape par étape sur les démarches à effectuer pour créer sa […]

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Depuis la création en 2008 du statut d’auto-entrepreneur, il est désormais beaucoup plus simple en France de créer son entreprise. Ceci est d’autant plus vrai que désormais l’ensemble des démarches peuvent s’effectuer à distance, depuis votre ordinateur. Dans cet article, je vais vous guider étape par étape sur les démarches à effectuer pour créer sa micro-entreprise en ligne.

Auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur, auto-entreprise ou micro-entreprise, il s’agit là de deux noms différents pour désigner exactement la même chose.

Rappel : les critères pour la création d’une micro-entreprise

Avant de vous lancer tête baissée dans les formalités administratives, voyons déjà si votre situation et votre activité s’avère compatible avec le statut de micro-entreprise. En effet, ne deviens pas micro-entrepreneur qui veut !

Des conditions liées à votre situation

Vous pouvez créer une micro-entreprise si :

  • vous êtes majeur, ou un mineur émancipé ;
  • vous n’êtes pas sous tutelle ou sous curatelle ;
  • de manière logique, vous n’êtes pas soumis suite à un jugement à une interdiction de gérer une entreprise ;  
  • vous êtes de nationalité française, ressortissant de l’Espace Économique Européen, ressortissant Suisse, ou encore ressortissant d’un pays hors Union Européenne mais résidant en France et possédant un titre de séjour. Plusieurs titres de séjour existent, veillez à ce que le vôtre vous autorise à ouvrir une micro-entreprise en France.

Certains titres de séjour ne permettent pas de devenir micro-entrepreneur, donc vérifiez bien si jamais vous êtes ressortissant d’un pays en dehors de l’Union Européenne

Des conditions sur le chiffre d’affaires

Etymologiquement, « micro » vient du grec ancien « mikros » qui signifie petit (c’était la minute culture 😉). Donc votre micro-entreprise ne peut pas dépasser certains seuils de chiffre d’affaires :

Activités de vente de biens et hébergementAutres prestations de services, dont professions libérales autorisées
Seuil de chiffre d’affaires188 700€77 700€

Pour l’activité de location de meublé de tourisme le seuil est réduit à 15 000€ seulement.

Des conditions sur le type d’activité

Visuel représentant l'artisanat, dont les métiers peuvent généralement s'exercer dans le cadre d'une auto-entreprise
Les activités artisanales peuvent s’exercer dans le cadre d’une auto-entreprise

Un micro-entrepreneur peut exercer un grand nombre d’activités différentes. Par exemple un auto-entrepreneur peut être graphiste, couturier, consultant.

En revanche, il n’est pas possible d’opérer sous le régime de la micro-entreprise si :

  • vous exercez des activités agricoles rattachées au régime social de la MSA (sécurité sociale agricole), même si elles sont déclarées auprès de la chambre de commerce et d’industrie ou de la chambre de métiers et de l’artisanat (exemples : paysagiste, jardinier, éleveur, maraîcher, etc.) ;
  • votre activité libérale relève d’une caisse de retraite autre que la Cipav ou de la sécurité sociale des indépendants ;
  • vous êtes un professionnel de l’immobilier (ex. marchands de biens ou agents immobiliers) et que votre activité relève de la TVA immobilière, ou encore si vous louez des immeubles ;
  • votre profession est un métiers de santé tel qu’infirmier, médecin ou chirurgien
  • vous exercez un métier du droit, comme avocat, huissier, notaire ou greffier par exemple
  • votre activité artistique (ex. cinéma, musique) est rémunérée par des droits d’auteur qui dépendent de la Sécurité Sociale des Artistes Auteurs (rapprochement de la maison des artistes et de l’Agessa) ;
  • L’activité de skipper qui dépend de l’ENIM.

➡ Si votre activité ne permet pas de passer par la création d’une auto-entreprise en ligne, vous devrez vraisemblablement créer une structure un peu plus complexe. Dans ce cas, je vous conseille de vous faire accompagner par des spécialistes dans vos choix et démarches, par exemple en passant par Legalstart.

Visuel indiquant qu'il existe 2,715 millions d'auto-entrepreneurs en France fin juin 2023 selon l'Urssaf
Depuis sa création en 2008, l’auto-entreprenariat a rencontré un beau succès en France

En complément de cet article, je vous conseille de lire mon guide des 5 étapes de la création d’une entreprise. Micro-entreprise ou sociétés à capital social, de nombreuses problématiques sont communes et approfondies dans cet article.

A ne pas oublier avant la création : impossibilité de déduire vos frais professionnels

⚠ En tant que micro-entrepreneur, vous ne pouvez pas déduire le montant réel de vos frais professionnels de votre bénéfice imposable.

Ce point est cohérent avec la volonté de simplicité de la gestion de la micro-entreprise. En effet, en tant qu’auto-entrepreneur vous appliquez un abattement forfaitaire sur vos recettes quand vous déclarez vos revenus. Cela vous évite d’avoir à déclarer chacune de vos charges.

Mais peut être préféreriez vous pouvoir déduire vos professionnels (par exemple si vous avez beaucoup de frais et peu de recettes, en début d’activité). A vous de faire le calcul !

Déclarer son activité d’auto-entrepreneur en ligne

Maintenant que vous êtes certain de vouloir créer votre micro-entreprise, passons aux modalités pratiques.

Quand lancer sa déclaration d’activité ?

Evidemment, rien ne sert de mettre la charrue avant les bœufs, donc si vous êtes au stade de l’idée, pas besoin de vous précipiter.

En revanche, ayez conscience que pour pouvoir facturer vos clients, vous allez avoir besoin de votre numéro SIRET.

Et pour obtenir votre numéro SIRET… vous devez déclarer votre activité d’auto-entrepreneur à l’administration !

➡ Dès que vous êtes assez confiants sur le fait que vous allez avoir des clients dans les semaines à venir, et qu’il va falloir les facturer, ne tardez pas à lancer vos démarches.

Où réaliser ses démarches de création de micro-entreprise en ligne ?

La création de votre auto-entreprise en ligne se fera directement depuis le portail e-procédures de l’inpi :

Capture d'écran du portail e-procédures de l'inpi pour effectuer la création en ligne de sa micro-entreprise

Pour ce portail, vous entendrez aussi beaucoup parler de « Guichet Unique ».

❌ En revanche ne perdez pas votre temps sur le site https://formalites.entreprises.gouv.fr/, bien qu’ils disent que vous pouvez déclarer, leur site ne permet nullement d’accéder au Guichet Unique pour réaliser vos démarches. Une expérience utilisateur déplorable…

Les étapes pour déclarer une création de micro-entreprise sur internet

Etape 1 : vous connecter avec FranceConnect ou créer un compte inpi

Une fois sur le portail de l’inpi, vous pouvez vous connecter avec FranceConnect, ou alors créer votre compte. Vous n’aurez alors plus qu’à cliquer sur « Déposer une formalité de création d’entreprise » (voir ci-dessous).

Capture d'écran de la page e-procédures de l'inpi afin d'indiquer où cliquer pour déposer une formalité de création d'entreprise
Le bloc « Déposer une formalité de création d’entreprise » se trouve dans la colonne « Entreprises » à gauche (encadré orange)

Etape 2 : cliquer sur « créer une entreprise »

Un nouvel onglet devrait alors s’ouvrir, vous permettant de visualiser vos démarches sur le Guichet unique. Sur cette page (voir ci-dessous), vous allez pouvoir cliquer sur le bouton « Créer une entreprise » et commencer ensuite à compléter votre dossier.

Le Guichet unique, avec en bas à gauche le bouton "Créer une entreprise"
Le Guichet unique, avec en bas à gauche le bouton « Créer une entreprise »

Etape 3 : indiquer « entrepreneur individuel »

Vous allez alors pouvoir choisir entre :

  • Entrepreneur individuel
  • Personne morale
  • Exploitation en commun

Pour créer une auto-entreprise, sélectionnez « entrepreneur individuel » comme ci-dessous :

Liste déroulante où choisir "entrepreneur individuel" pour créer une micro-entreprise
Choisir « entrepreneur individuel »

Etape 4 : remplissez les différents champs du formulaire

Capture d'écran du formulaire de création en ligne de sa micro-entreprise
Il y a 9 sections à remplir, ce qui se fait assez simplement

Une fois arrivé là, vous n’avez plus qu’à vous laisser guider pour remplir les différents champs :

  • Identité de l’entreprise : ici vous renseignez votre nom, date de naissance, numéro de sécurité sociale, mais aussi si vous souhaitez déclarer et verser vos cotisations sociales mensuellement ou trimestriellement
  • Composition : vous indiquez ici si d’autres personnes que vous peuvent agir au nom de l’entreprise. Vous pouvez laisser vide et passer à l’étape suivante si vous êtes le seul maître à bord
  • Insaisissabilité : la formulation est un peu tordue, mais pour résumer, en marquant « non » vous confirmez que vous ne souhaitez pas qu’on saisisse votre résidence principale et/ou de votre résidence secondaire en cas de problème de votre entreprise
  • Etablissements : vous indiquez dans cette section votre nom commercial. Je ne peux pas reprendre mes initiales, car H&M a déjà été pris malheureusement 😂 ! Vous marquez aussi l’adresse de l’entreprise, s’il y a des salariés ou non, et vous allez devoir décrire un peu votre activité.
  • Options fiscales : vous choisissez à cette étape d’opter pour le versement libératoire ou non. Plus d’infos sur le sujet du versement libératoire de l’auto-entrepreneur ici.
  • Pièces jointes : section pour télécharger vos différents justificatifs
  • Observations et correspondance : vous pouvez marquer vos questions et commentaires à cet endroit, ainsi que préciser l’adresse à utiliser pour les courriers de votre entreprise
  • Récapitulatif : voilà, vous n’avez plus qu’à relire le tout, et quand c’est bon, cliquer sur « Valider le dossier » !

⏲ Si vous avez tous les documents sous la main et les idées très claires dans votre tête, je pense que cela peut se faire en une dizaine de minutes. Dans tous les cas, cela ne devrait pas vous prendre plus d’une heure.

Peur de faire une bêtise ? Envie d’être accompagné ? Les équipes de Legalstart peuvent vous soutenir dans vos démarches

Quels justificatifs sont à préparer ?

Vous n’aurez pas besoin de grand chose. Les justificatifs à avoir obligatoirement sous le coude pour effectuer votre déclaration en ligne sont :

  • une pièce d’identité en cours de validité
  • un justificatif de domicile de moins de 3 mois (ex. facture d’électricité)
  • votre numéro de sécurité sociale
Photo d'une carte vitale avec dans un encadré rouge le numéro de sécurité sociale
Votre numéro de sécurité sociale est sur votre carte vitale (encadré rouge)

Pour le domicile de votre micro-entreprise, s’il s’agit de votre logement, je vous conseille de vérifier :

  • Que le règlement de copro n’interdise pas d’exercer votre activité professionnelle chez vous
  • Si vous êtes locataire, que votre bail ne vous interdit pas d’effectuer votre activité professionnelle au sein du logement

Enfin, vous devez communiquer une attestation de notification au conjoint, concernant les personnes mariées sans contrat ou avec un contrat sous un régime de communauté.

Créer son espace Urssaf depuis son ordinateur

Une fois que vous avez déclaré la création de votre micro-entreprise, vous pouvez ensuite créer votre compte Urssaf pour votre activité d’auto-entrepreneur.

Page web de création d'un compte Urssaf d'auto-entrepreneur
Page web de création d’un compte Urssaf d’auto-entrepreneur

La création de votre compte se fait simplement, et vous n’êtes pas obligé d’indiquer le numéro Siret si vous ne l’avez pas encore reçu.

C’est sur le site de l’Urssaf que vous allez pouvoir suivre et gérer tout ce qui est en lien avec les cotisations sociales.

Le montant de vos cotisations dépend de votre secteur d’activité :

A noter que c’est également via l’Urssaf que vous allez pouvoir effectuer une demande d’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise) qui permet de bénéficier d’une exonération totale ou partielle de cotisations sociales pendant un an. Ce dispositif est sous conditions, et n’a rien d’obligatoire. Tout comme l’ouverture d’un compte bancaire professionnel pour un micro-entrepreneur.

Vous préférez vous faire accompagner ? LegalPlace vous aide

Même si ça n’est pas sorcier, on peut vite avoir des doutes, des hésitations ou des questions quand on crée sa structure. Tout le monde n’est pas à l’aise avec la paperasse et l’administratif, et c’est normal.

Alors si vous avez besoin que quelqu’un vous tienne par la main, des entreprises comme LegalPlace sont là pour vous.

LegalPlace aide les gens à créer leur micro-entreprise
LegalPlace a déjà aidé plus de 300 000 entrepreneurs, sociétés et micro-entreprises confondues

Comme toute bonne start-up, ils savent simplifier les choses complexes, et ainsi votre dossier pour créer votre micro-entreprise est prêt en 10 minutes avec eux. Et si vous avez la moindre question, une assistance téléphonique est à votre disposition.

Pour la petite anecdote, Samuel Goldstein, un des fondateurs de LegalPlace, était en Majeure Stratégie à HEC Paris avec moi en 2012/2013. Une personne bien donc 😉.

De plus, en passant par LegalPlace, vous pouvez créer votre micro-entreprise et votre compte pro en même temps. Le tout pour un tarif compétitif de 6,90€ HT par mois (82,80€ HT par an) ou 9,90€ HT par mois (soit 118,80€ HT par an). Et comme nous allons le voir ci-dessous, avoir un compte pro dédié à votre business, c’est plutôt recommandé.

Plus de 300 000 entreprises déjà accompagnées !

Ouvrir un compte bancaire pro pour sa micro-entreprise : facultatif mais conseillé

En tant qu’auto-entrepreneur, vous devez avoir un compte bancaire dédié à votre activité professionnelle uniquement si votre chiffre d’affaires dépasse les 10 000€ pendant 2 années de suite. Et ce compte bancaire n’est pas obligatoirement un compte pro.

Cependant, j’aurais plutôt tendance à vous conseiller d’ouvrir un compte professionnel pour les raisons suivantes.

Dans les faits, il arrive que des banques en ligne refuse d’ouvrir un compte « normal » pour une activité d’auto-entrepreneur.

Pour avoir des transactions séparées

✅ Avoir un compte bancaire dédié à votre activité professionnel vous permet d’isoler facilement vos transactions en lien avec votre micro-entreprise. Qu’il s’agisse de recettes, ou de charges.

Si jamais un jour ou l’autre vous souhaitez analysez votre activité, faire un point sur votre comptabilité, ou pire que vous faites face à un contrôle fiscal, posséder un compte séparé ne sera pas du luxe.

Devoir faire la part des choses entre du chiffre d’affaires et le remboursement des vacances par vos amis, ou entre l’achat de couches au supermarché et l’achat de fournitures de bureau, franchement ça n’est pas l’idéal.

Pour avoir des comptes séparés, pas besoin que le deuxième compte soit une banque pro me direz vous. Mais vous risquez alors de tirer un trait sur quelques fonctionnalités bien utiles.

Pour gérer la facturation / comptabilité

La phobie administrative ne touche pas que les ministres (si vous voyez de quoi je parle 😉). J’ai souvent entends du autour de moi des entrepreneurs annoncer qu’ils allaient s’occuper de leur comptabilité, ou des factures, avec une mine de désespoir.

Visuel décrivant les atouts du logiciel de facturation de Qonto pour les entrepreneurs
Qonto a intégré un logiciel de facturation à son compte pro,
comme d’autres banques pro en ligne

Les fintechs qui modernisent les comptes pro l’ont bien compris, et ont mis des logiciels de facturation à disposition de leurs clients. Grâce à cela, vous pouvez notamment :

  • Editer un devis ou une facture en quelques clics
  • Avoir des rapprochements automatiques entre vos transactions reçues et vos factures émises
  • Suivre facilement l’état de vos factures (payé / en attente / en retard)
  • Relancer automatiquement vos clients pour les factures en retard
  • Faire des extractions pour votre comptable si vous en avez un

Ces fonctionnalités n’existent pas avec un compte pour particulier, ni avec une banque pro traditionnelle d’ailleurs.

Savez vous que les banques pro ont même conçu des offres spécifiquement pour les auto-entrepreneurs ? Elles ont chacune leurs petites différences. Je vous en dis plus dans ce comparatif des comptes pro pour micro-entreprise.

Parce qu’en plus c’est gratuit !

Bon j’exagère un peu, ça n’est pas tout le temps gratuit. Mais il existe bel et bien des comptes pro pour auto-entrepreneurs qui sont gratuits. Notamment Indy, ou encore Revolut Business par exemple.

Page d'accueil d'Indy, une compte pro gratuit pour micro-entreprise
Indy, initialement un logiciel de facturation, fournit aussi un compte pro gratuit

L’offre d’Indy est sans conteste la plus complète parmi les comptes gratuits :

  • IBAN français,
  • Carte bancaire physique Mastercard, et carte virtuelle
  • Virements et prélèvement SEPA illimités (souvent payant passé un certain seuil chez les banques pro en ligne)
  • Et évidemment un logiciel de facturation et devis au top (leur business d’origine, ils font d’ailleurs partie des meilleurs logiciels de facturation selon notre comparatif)

En plus, Indy vous accompagne aussi gratuitement sur la création de votre entreprise, qu’il s’agisse d’une micro-entreprise ou d’une autre forme de société. Pour en profiter, ça se passe ici.

Pour une vision plus complète des banques pro en ligne, nous avons dressé une analyse des meilleures offres du marché

Combien coûte la création d’une micro-entreprise en ligne ?

✅ Dans l’immense majorité des cas, la simple création d’une activité sous le régime de micro-entrepreneur est gratuite. Parmi les rares exceptions, si vous souhaitez être agent commercial, alors l’inscription au registre spécial des agents commerciaux vous coûtera un peu plus qu’une vingtaine d’euros.

Ainsi, la création d’une micro-entreprise stricto sensu ne vous coûtera rien (à moins de vous faire accompagner). Les frais viendront avec les charges nécessaires à votre développement, ou encore les impôts à payer sur vos bénéficies, ce qui est tout le mal que je vous souhaite ! Bon courage dans votre projet !

Questions fréquentes

Est-il possible d’avoir plusieurs micro-entreprises ?

Non vous ne pouvez pas avoir plusieurs micro-entreprises. En revanche il est tout à fait possible d’exercer plusieurs types d’activités à partir de la même structure.

Est-il possible de créer son entreprise tout en continuant à percevoir le chômage ?

Vous pouvez tout à fait continuer à percevoir le chômage tout en créant votre entreprise. Certains en rigolent même, en disant que France Travail (le nouveau Pôle Emploi) est le plus gros fonds de venture capital, dans la mesure où il aide bon nombre de personnes à créer leur entreprise / leur start-up.

Est-ce qu’un micro-entrepreneur est rattaché à la Sécurité Sociale ?

Le micro-entrepreneur est un travailleur indépendant, et non un salarié. Par conséquent, il n’est pas rattaché la Sécurité Sociale du régime général, mais à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). La protection d’un indépendant est moindre que celle d’un salarié.

Qu’est-ce que l’ACRE ?

L’ACRE signifie Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise. Il s’agit d’un dispositif, géré par l’URSSAF, qui permet de bénéficier d’une exonération totale ou partielle de cotisations sociales pendant un an. Attention, si vous avez déjà bénéficié de ce dispositif dans les 3 années précédentes dans le cadre d’une autre entreprise, vous ne pourrez pas faire une nouvelle demande.

Qu’est-ce que le CAPE ?

Le Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE) correspond à un programme d’accompagnement par une structure, afin de bénéficier d’une aide dans la construction et la mise en place de son projet d’entreprise.

Un micro-entrepreneur peut-il faire des notes de frais ?

La micro-entreprise bénéficiant déjà du régime micro fiscal, un auto-entrepreneur ne peut pas effectuer de notes de frais. Vous pouvez étudier l’intérêt pour vous de créer une EURL ou une SASU par exemple, afin de pouvoir déduire ces frais au réel. Ou encore analyser si vos dépenses correspondent à des frais de débours, qui eux sont déductibles du chiffre d’affaires. Je vous en dis plus dans cet article.

Qu’est-ce que l’immatriculation d’une micro-entreprise ?

L’immatriculation d’une micro-entreprise correspond à sa création juridique. En créant votre micro-entreprise sur la plateforme e-procédures de l’inpi, vous obtiendrez in fine un matricule pour votre entreprise : le numéro Siren ou Siret.

Peut-on créer sa micro-entreprise dans un Centre de Formalités des Entreprises (CFE) ?

Non, depuis le 1er janvier 2023, il n’est plus possible d’effectuer ses démarches de création de micro-entreprise dans un CFE. Tout doit se faire sur la plateforme e-procédures de l’inpi.

Est-ce qu’une micro-entreprise est une société ?

Une micro-entreprise n’est pas stricto sensu une société. Il s’agit en fait d’un régime fiscal et social plus simple dont bénéficie les entrepreneurs individuels. En revanche, une EURL est une société, tout comme une SASU (qui signifie d’ailleurs Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle).

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EURL ou SASU : quel statut devriez vous choisir ? https://finance-heros.fr/eurl-sasu-choix/ https://finance-heros.fr/eurl-sasu-choix/#comments Tue, 21 May 2024 10:27:30 +0000 https://finance-heros.fr/?p=84716 Chez Finance Héros avons pour objectif de vous aider à mieux gérer vos finances personnelles. Or si vous souhaitez devenir, ou êtes déjà, le fondateur d’une société, les choix que vous ferez impacteront directement votre situation financière et patrimoniale. C’est notamment le cas en fonction que vous choisissiez de créer une EURL ou une SASU. […]

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Chez Finance Héros avons pour objectif de vous aider à mieux gérer vos finances personnelles. Or si vous souhaitez devenir, ou êtes déjà, le fondateur d’une société, les choix que vous ferez impacteront directement votre situation financière et patrimoniale. C’est notamment le cas en fonction que vous choisissiez de créer une EURL ou une SASU.

➡ Nous allons voir pourquoi, et je vais tâcher de vous guider vers le meilleur choix en fonction de vos préférences personnelles et de l’ambition que vous avez pour votre entreprise.

EURL et SASU : commençons par quelques définitions

Si vous êtes au tout début de vos réflexions, je vais poser ici les quelques bases concernant EURL et SASU. Si ces concepts vous parlent déjà, vous pouvez passer au paragraphe suivant.

EURL : l’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée

L’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) est la forme unipersonnelle de la fameuse Société à Responsabilité Limitée (SARL).

Cette forme de société est encadrée par le code de commerce : Chapitre III – Des sociétés à responsabilité limitée. (Articles L223-1 à L223-43).

Dans le cas d’une EURL, il y a un associé unique, et la personne en charge de la société (qui peut être également l’associé) s’appelle le gérant. L’EURL se décompose en parts sociales.

Le code de commerce n’autorise la forme de société à responsabilité limitée pour les sociétés d’assurance, de capitalisation et d’épargne. Cela facilitera peut être votre choix !

SASU : la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle

A l’image de l’EURL, la SASU est la forme unipersonnelle de la Société par Actions Simplifiée (SAS).

Le code de commerce est également le texte qui encadre ce type de société. Il s’agit du Chapitre VII : Des sociétés par actions simplifiées. (Articles L227-1 à L227-20).

Concernant le vocabulaire, un Président est à la tête d’une SASU. Les titres financiers associés à une SASU sont des actions.

La gestion opérationnelle de la SASU peut être confiée à une personne physique ou une personne morale, ayant habituellement le titre de Directeur Général (DG). A noter que pour l’EURL, le gérant doit obligatoirement être une personne physique.

Les points communs entre SASU et EURL

Avant d’aborder les différences entre SASU et EURL, commençons par voir quels sont leurs points communs.

Des formalités de création identiques

Dans les deux cas, la création de la société peut s’effectuer en ligne, directement depuis le portail e-procédures de l’inpi. Si vous souhaitez avoir une idée du parcours, vous pouvez consulter ce guide de création d’une micro-entreprise en ligne. Plusieurs étapes sont communes ou assez similaires.

Le portail e-procédures de l'inpi, pour créer sa SASU ou son EURL
Le portail e-procédures de l’inpi

Contrairement aux micro-entreprises, les SASU comme les EURL nécessite d’apporter un capital social. Même si le minimum de ce dernier ne s’élève qu’à un euro. Pour en savoir plus sur le sujet, je vais plus dans le détail au sein de mon article sur le dépôt de capital.

Une SASU ou une EURL devra également ouvrir un compte bancaire professionnel. Trouvez celle qui vous convient le mieux grâce à notre comparatif des banques pro en ligne.

Une responsabilité limitée à l’apport en capital

Bien que la SASU n’ait pas dans son intitulé « responsabilité limitée » comme l’EURL, dans les deux cas la responsabilité financière de l’associé unique est bien cantonné à son apport en capital.

Ainsi, en cas de difficultés rencontrées par votre entreprise, votre patrimoine personnel ne sera pas mobilisé A moins que vous ayez par exemple réalisé des prêts avec caution personnelle, mais dans ce cas là c’est normal.

En cas de fautes graves de gestion (ex. fraude) alors votre responsabilité ne sera pas limitée à votre apport en capital.

EURL ou SASU ? Les principales différences

Je vais maintenant aborder les points qui différent entre une SASU et une EURL. Ce sont évidemment ceux-là qui vont importer pour faire votre choix de forme de société.

Plus de protection sociale pour le Président de la SASU

Le Président de la SASU est « assimilé salarié ». Donc hormis les dividendes, il peut se rémunérer en se versant un salaire, qui sera soumis à des cotisations sociales. Celles-ci lui permettent d’être couvert par la protection sociale, comme le serait un salarié de l’entreprise (ex. en cas d’arrêt maladie), à la différence prêt qu’il n’a pas le droit au chômage.

⚠ Evidemment, cela n’est vrai que si vous vous versez un salaire ! Si vous ne vous versez pas de salaire, alors vous ne payez pas de cotisations, et donc vous n’êtes pas couvert.

Moins de charges sociales pour l’associé de l’EURL

La protection sociale pour le Président de SASU apporte de la sérénité, mais cela a un coût : les charges sur votre salaire représentent environ 82% du salaire net.

L’associé unique de l’EURL n’est pas assimilé salarié, mais Travailleur Non Salarié (TNS). Par conséquent il est affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), ce qui entraîne une couverture sociale moindre, mais également un coût moindre. Les charges sur votre revenu en tant qu’associé de l’EURL représentent environ 45% de la rémunération nette.

Voici un tableau pour comparer le coût d’un salaire net annuel de 40 000€ :

EURLSASU
Salaire net40 000€40 000€
Pourcentage de charges sociales45%82%
Coût des charges sociales18 000€32 800€
Coût total58 000€72 800€

⚠ Avec une EURL, même si vous ne vous versez pas de rémunération, vous devrez quand même payer certaines cotisations. Donc si vous ne pensez pas vous versez de salaire pendant un certain temps, la SASU peut être préférable.

Des régimes d’imposition par défaut différents

Le régime d’imposition par défaut de l’EURL est celui de l’Impôt sur le Revenu (IR). A l’inverse, le régime par défaut de la SASU est celui de l’Impôt sur les Sociétés (IS).

Pour rappel, en 2024 le taux d’IS standard est de 25% du résultat imposable. Sous certaines conditions, le taux d’IS est réduit à 15% jusqu’à 42 000€ de bénéfices.

A noter qu’il s’agit là de régimes d’imposition par défaut, cependant :

  • L’EURL peut passer à l’Impôt sur les Sociétés, mais attention car cette décision est irréversible
  • L’associé de la SASU peut opter pour l’Impôt sur le Revenu au début de la vie de l’entreprise et sous certaines conditions. Dans ce cas l’imposition à l’IR durera 5 ans, puis la SASU repassera à l’IS.

Plus de liberté et de flexibilité pour les statuts juridiques d’une SASU

Les statuts juridiques d’une EURL sont beaucoup plus encadrés par la loi que ceux d’une SASU. Ainsi, si les obligations statutaires d’une EURL ne vous conviennent absolument pas, vous devrez vous tourner vers la SASU.

➡ Pour vous aider dans la rédaction et la compréhension des statuts, je vous conseille de vous faire accompagner, par exemple par Legalstart.

Pas de cotisations sociales sur les dividendes d’une SASU contrairement à l’EURL

Nous avons vu plus haut que sur le salaire, le Président d’une SASU supporte plus de charges sociales que l’associé d’une EURL. En revanche, les dividendes d’une SASU ne sont pas soumis aux cotisations sociales, contrairement aux dividendes versées dans le cadre d’une EURL.

Ceux-ci sont soumis aux cotisations sociales, mais uniquement pour la somme qui dépasse 10% du montant suivant : capital social + primes d’émission + sommes versées en compte courant.

➡ Si vous souhaitez vous rémunérer principalement via le versement de dividendes, dont l’imposition par défaut est la flat tax de 30%, le choix de la SASU peut s’avérer plus judicieux.

Dépôt de capital initial : un minimum plus faible si vous optez pour l’EURL

Comme évoqué plus haut, la création d’une SASU comme d’une EURL requiert un dépôt de capital social. En revanche, vous n’êtes pas obligé de verser toute la somme d’un coup.

Pour la SASU, vous devrez apporter au moins 50% du capital social en numéraire (= en argent) lors de la création de la société, puis vous aurez 5 ans pour compléter.

En optant pour l’EURL, le minimum ne s’élève qu’à 20% uniquement, et vous aurez toujours 5 ans pour verser le solde.

Hadrien
Les conseils de Hadrien

Le minimum de capital social étant fixé à 1€ seulement, choisir entre SASU et EURL sur ce critère ne paraît pas très pertinent. Mais bon, je vous donne l’ensemble des informations quand même !

En cas de cession des titres, des frais moins élevés avec une SASU

Lorsque vous souhaiterez revendre votre entreprise, sachez que là encore la SASU se trouve être plus avantageuse que l’EURL. En effet, les droits d’enregistrement à payer lors de la cession de vos titres ne sont que de 0,10% pour la SASU, contre 3% du prix de vente pour l’EURL.

SASU ou EURL : le tableau de synthèse

Voici un récapitulatif des avantages et des inconvénients à propos de la SASU et de l’EURL :

Avantages
  • Meilleure protection sociale avec la SASU
  • Plus de liberté dans la rédaction des statuts de la SASU
  • Seulement 0,10% de frais d’enregistrement lors de la cession de titres d’une SASU
  • Pas de cotisations sociales sur les dividendes versés via une SASU
  • Moins de cotisations sociales avec l’EURL
  • Dépôt de capital initial de seulement 20% minimum avec l’EURL
  • Possibilité de cumuler activité de micro entrepreneur et présidence d’une SASU

Inconvénients
  • Des charges plus élevés sur le salaire d’un Président de SASU (82% vs. 45%)
  • Des frais d’enregistrement de 3% dans le cadre de cession de titres d’une EURL
  • Un dépôt de capital initial minimum de 50% dans le cadre d’une SASU
  • Des cotisations sociales à verser quand vous êtes en EURL, même si vous ne vous versez pas de rémunération

Pour des conseils sur mesure et un accompagnement, vous pouvez par exemple vous tourner vers Legalstart.

Comment choisir entre SASU et EURL en fonction de vos objectifs

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise forme de société, mais plutôt la forme de société qui sera la plus adaptée pour répondre à votre ambition entrepreneuriale.

Vous souhaitez créer une entreprise importante : optez pour la SASU

La plupart des start-ups qui à un moment vont devoir lever des fonds, ou ouvrir le capital à d’autres associés, ont tout intérêt à choisir la forme d’une SASU pour commencer.

Il est plus facile de passer d’une SASU à une SAS (Société par Actions Simplifiée) que d’une EURL à une SARL.

Et au moment de la revente de votre boite, les frais d’enregistrement de 0,10% au lieu de 3% pour l’EURL peuvent vite valoir une petite somme si votre entreprise a connu un certain succès.

➡ Si vous avez un projet ambitieux, prenez donc l’option de la SASU de préférence.

Au cas où vous hésiteriez encore, voici l’article qu’il vous faut pour trancher : SASU avantages et inconvénients.

Vous préférez maximiser vos revenus réguliers : l’EURL sera plus adaptée

Avec presque 40% de cotisations sociales de plus à verser pour le salaire du Président de SASU comparativement à l’associé de l’EURL, cela fait une sacré différence sur le salaire net.

Donc si vous préférez compter sur vous même plutôt que le système de protection social français, alors l’EURL vous conviendra sans doute mieux. En revanche, pensez tout de même à vous créer une épargne de précaution en conséquence, et anticipez la préparation de votre retraite !

Questions fréquentes

Peut-on cumuler le statut de micro-entrepreneur et d’associé unique d’une EURL ?

Non, vous ne pourrez pas être l’associé d’une EURL et avoir une micro-entreprise à côté. En revanche, cela est possible avec la SASU.

Peut-on faire des notes de frais lorsqu’on exerce via une EURL ou une SASU ?

Oui, ces deux formes de société vous permettre d’effectuer des notes de frais, qui rentreront donc dans vos charges et viendront réduire votre revenu imposable. A noter qu’en revanche il n’est pas possible d’avoir des notes de frais en étant micro-entrepreneur, car cela n’est pas permis au sein du régime micro fiscal.

EURL ou SASU : lequel est le plus protecteur pour le dirigeant ?

Dans une EURL, le dirigeant fondateur de la société est un travailleur non salarié. A l’inverse, le président d’une SASU est un dirigeant assimilé salarié. Par conséquent, le dirigeant d’une SASU paie plus de cotisations sociales, mais il est aussi mieux protéger.

Sous quelle forme juridique un freelance peut-il exercer ?

Un freelance peut choisir d’exercer comme micro-entrepreneur, ce qui sera le plus simple, mais nécessite de remplir certaines conditions (ex. maximum de chiffre d’affaires). Autrement, le freelance peut choisir le statut juridique de la SASU ou de l’EURL. A noter que chaque forme juridique dispose de ses avantages et de ses inconvénients.

Existe-t-il une différence entre EURL et SASU au niveau des apports requis à la création de la société ?

Pour l’EURL comme pour la SASU, le dépôt de capital minimum n’est que de 1 euro. En revanche, si vous décidez des apports de 1 000€ en numéraire, l’EURL nécessitera de déposer 200€ minimum (20%), tandis que la SASU nécessitera de verser 500€ minimum (50%). Dans les deux cas, vous devrez verser le solde dans les 5 ans qui suivent la création de la société.

La fiscalité est-elle identique entre EURL et SASU ?

Non, le régime fiscal de l’EURL par défaut est une imposition sur le revenu, tandis que le régime fiscal par défaut de la SASU est l’impôt sur les sociétés. Cependant, à sa création la SASU peut opter pour l’imposition sur le revenu pendant 5 ans.

Quelles sont les étapes de création d’une entreprise ?

La création d’une entreprise peut se résumer en 5 grandes étapes. Tout d’abord il y la définition de votre projet, puis l’identification des financements nécessaires à sa concrétisation. Ensuite vous devrez créer juridiquement votre entreprise, qu’il s’agisse d’une micro entreprise ou d’une société à capital social, comme une EURL, une SASU, une SA, etc. Dans le cas de ces dernières, vous devrez obligatoire ouvrir un compte bancaire professionnel. Enfin, vous devrez tout mettre en place pour être opérationnel dès le premier jour au niveau administratif et des impôts. Pour plus de détails, lisez mon article sur les 5 étapes de la création d’une entreprise.

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L’excédent brut d’exploitation (EBE) : définition et calcul https://finance-heros.fr/ebe-calcul/ Tue, 26 Sep 2023 07:42:39 +0000 https://finance-heros.fr/?p=60911 Qu’est-ce que l’EBE ? L’Excédent brut d’exploitation est un agrégat financier qui indique le niveau de rentabilité opérationnelle d’une entreprise. L’EBE fait partie des 8 soldes intermédiaires de gestion (SIG). L’EBE correspond à la différence entre le chiffre d’affaires de l’entreprise et l’ensemble de ses charges rattachées à l’exploitation (les achats de marchandises, les charges de […]

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Qu’est-ce que l’EBE ?

L’Excédent brut d’exploitation est un agrégat financier qui indique le niveau de rentabilité opérationnelle d’une entreprise. L’EBE fait partie des 8 soldes intermédiaires de gestion (SIG).

L’EBE correspond à la différence entre le chiffre d’affaires de l’entreprise et l’ensemble de ses charges rattachées à l’exploitation (les achats de marchandises, les charges de sous-traitance, les charges externes, les salaires et charges sociales, les impôts et taxes).

Concrètement, si l’EBE d’une entreprise est positif, cela signifie qu’elle arrive à vendre ses produits (ou services) plus cher que leurs coûts de production : son modèle économique est rentable, donc viable. En revanche, si l’EBE d’une entreprise est négatif, cela signifie qu’elle n’arrive pas à vendre ses produits (ou services) plus cher que leurs coûts de production : son modèle économique n’est pas rentable et donc non viable.

Dans l’exemple suivant, les sociétés A et B génèrent 200 000 € de chiffre d’affaires chacune au 31/12/N .

EBE - Méthode de calcul
Société A et B – Comptes de résultat

La société A dégage un EBE positif de 20 000€ (ses coûts de production sont inférieurs à son chiffre d’affaires). En revanche, la société B dégage une perte de 5 000€ (ses coûts de production sont inférieurs à son chiffre d’affaires). Ainsi, la société B n’est donc pas bénéficiaire et son modèle n’est pas viable à long terme.

➡ L’EBE est un agrégat important à calculer lorsqu’il s’agit d’apprécier le niveau de rentabilité de l’entreprise qu’on analyse.

Comment calcule-t-on l’EBE ?

L’EBE d’une société se calcule à partir de son compte de résultat, c’est-à-dire à partir de ses produits (comptes de classe 7) et de ses charges (comptes de classe 6) exceptés :

  • les dotations aux amortissements (élément constitutif du « résultat d’exploitation ») ;
  • le résultat financier ainsi que le résultat exceptionnel car ils sont sans lien avec l’activité opérationnelle de la société ;
  • l’impôt sur les bénéfices (l’IS en France).

L’EBE se calcule à partir du chiffre d’affaires ou à partir du résultat net.

Prenons l’exemple de la société ABC dont le compte de résultat issu des comptes annuels au 31/12/N se présente de la façon suivante :

EBE - compte de résultat
Société ABC – Comptes annuels

Calculons l’EBE de la SAS ABC au 31/12/N ⤵

Calcul de l’EBE à partir chiffre d’affaires

La formule de calcul à partir du chiffre d’affaires est la suivante :

EBE = chiffre d’affaires – achats consommés – consommations extérieures + subventions d’exploitation – impôts et Taxes – salaires et charges sociales.

➡ EBE = 950 000 (CA) – 400 000 (sous-traitance directe) – 80 000 (frais généraux) – 20 000 (services extérieurs) – 200 000 (salaires et charges sociales) – 60 000 (impôts et taxes) = 190 000€

À noter que dans cet exemple, les autres charges d’exploitation n’ont pas été incluses dans le calcul de l’EBE car elles ne sont pas liées à l’activité opérationnelle de la société.

Calcul de l’EBE à partir du résultat net

L’EBE se calcule également à partir du résultat net :

EBE = résultat net (RN) – résultat exceptionnel – résultat financier – dotations aux amortissements et provisions d’exploitation – reprises aux amortissements et provisions d’exploitation – transferts de charges +/- autres produits ou charges d’exploitation – impôt sur les sociétés.

Ainsi : EBE = 120 500 (RN) – 5 000 (résultat exceptionnel) + 18 000 (résultat financier) + 20 000 (DAP) – 5 000 (RAP) – 5 000 (transferts de charges) + 500 (autres charges d’exploitation) + 46 000 (IS) = 190 000€

➡ À nouveau, nous retrouvons bien le même montant d’EBE au 31/12/N soit 190 000€.

À quoi sert l’EBE et pourquoi est-il important ?

L’EBE, un repère de valorisation

L’EBE est un repère de valorisation pour les banquiers et investisseurs.

Par exemple, une société qui dégage un EBE de 300.000€ pourrait être valorisée 2.400.000€ si le multiple retenu s’élève à 8 (8 fois le montant de l’EBE dans cet exemple : 8 x 300.000€ = 2.400.000€).

À noter que le multiple retenu pour le calcul de la valorisation dépend de nombreux facteurs tels que le secteur d’activité dans lequel la société évolue, la taille de l’entreprise, la conjoncture économique, les actifs et des passifs détenus par la société, les perspectives de croissance, etc.

L’EBE, un indicateur de capacité d’emprunt

La majorité des banques déterminent le montant qu’elles peuvent prêter à une société en fonction de leur EBE. Les banques peuvent prêter jusqu’à 3 fois le montant de l’EBE dégagé par la société. Ce multiple dépend de la politique de risques déterminée en interne au sein de chaque établissement bancaire.

Reprenons notre exemple précédent : notre société dégage un EBE de 300.000€ au 31/12/N. Si la politique interne à la banque consiste à prêter au maximum 3 fois le montant de l’EBE, alors notre entreprise pourrait emprunter jusqu’à 900.000€ auprès de la banque (EBE x 3 = 300.000 x 3 = 900.000€).

Quelles sont les différences entre l’EBE et l’EBITDA ?

Pour rappel, l’EBITDA ou « Earnings Before Interests Taxes Depreciation and Amortization » en anglais se traduit par les « Bénéfices avant intérêts, impôts et dotations aux amortissements et aux provisions sur immobilisations ». L’EBITDA permet de mesurer la rentabilité d’une entreprise indépendamment de sa structure financière (les dettes impliquent des intérêts), de ses investissements (les actifs impliquent des amortissements) et du paiement de l’impôt sur les bénéfices (l’impôt sur les sociétés en France).

Il existe deux grandes différences entre l’EBE et l’EBITDA :

1ère différence : L’EBE est un indicateur normé qui est défini par le Plan Comptable Général (PCG) et qui fait partie intégrante des soldes intermédiaires de gestion (SIG). Le calcul de l’EBE est donc précis et ne peut pas être nuancé. L’EBITDA n’est quant à lui pas normé.

2ème différence : Contrairement à l’EBE, l’EBITDA intègre des éléments suivants :

  • Les charges et produits exceptionnels ;
  • La participation des salariés.

En revanche l’EBE intègre les provisions d’exploitation ce qui n’est pas le cas de l’EBITDA.

Quelles sont les différences entre l’EBE et le résultat d’exploitation ?

La principale différence entre l’EBE et le résultat d’exploitation sont les dotations aux amortissements qui reflètent la politique d’investissement de la société. D’autres écritures, que l’on retrouve plus rarement, sont aussi à retraiter.

EBE et résultat d'exploitation - différences
De l’EBE au résultat d’exploitation – Tableau
  1. Les reprises sur amortissements et provisions d’exploitation peuvent être de différentes natures. Il peut s’agir de la reprise d’une provision liée à une créance client douteuse (créance pour laquelle on suspectait que le client n’allait pas régler) qui avait été comptabilisée l’année précédente et que l’on annule au cours de l’exercice (car le client a finalement réglé sa dette).
  2. Les transferts de charges correspondent aux contreparties que la société percevra plus tard, une fois le montant de la charge décaissée. Par exemple, une société qui embauche un jeune en contrat d’apprentissage pourra prétendre en contrepartie à des aides de l’État (ces versements par l’État seront comptabilisés en produits d’exploitation et plus particulièrement au sein du compte des transferts de charges).
  3. Les autres produits ou charges d’exploitation correspondent à des opérations qui sont sans lien avec l’activité principale de la société mais qui ne relève toutefois pas un caractère exceptionnel.

Quels sont les principaux ratios liés à l’EBE ?

Les principaux ratios financiers calculés à partir de l’EBE sont les suivants :

La marge d’EBE

Lorsqu’il est positif, l’EBE à lui seul ne permet pas d’apprécier le niveau de rentabilité d’une société. En effet, un dirigeant cherche à connaitre son niveau de rentabillité. Pour cela, il est nécessaire de calculer la marge d’EBE. Celle-ci se détermine en rapportant le montant de l’EBE au chiffre d’affaires généré :

Marge\:d\:'EBE =\frac{EBE}{chiffre\:d'affaires}

Prenons l’exemple des pharmacies A et B :

EBE - Marge d'EBE
Marge d’EBE – Exemple

À première vue, on constate que la pharmacie B génère un EBE plus important que la société A (450.000€ VS 325.000€). Nous serions donc tentés de conclure que la pharmacie B est plus rentable que sa concurrente A. Néanmoins, lorsque l’on rapporte le montant de l’EBE de chacune de ces pharmacies à leur chiffre d’affaires, on s’aperçoit que la société A produit une marge d’EBE plus élevée que la pharmacie B (soit 33% pour A contre 30% pour B).

➡ En conclusion, bien que la pharmacie B dégage un chiffre d’affaires et un EBE plus important que la pharmacie A, l’activité de la pharmacie A est plus rentable que celle de la pharmacie B. 

Le ratio de levier financier

Ce ratio mesure la capacité de l’entreprise à rembourser ses dettes à long terme (ses emprunts bancaires par exemple) à partir de son EBE. En pratique, les banques acceptent généralement de prêter à une entreprise jusqu’à 3 fois le montant de leur EBE (cela dépend de la politique de risque définie au sein de la banque).

Le ratio de levier financier se calcule comme suit :

Ratio\:de\:levier\:financier =\frac{Dette\:financière\:nette}{EBE}

Prenons l’exemple ci-après de la société F dont la dette financière nette s’élève à 540.000€ et l’EBE à 215.000€.

EBE - Ratio de levier financier
Ratio de levier financier – Exemple

➡ Dans cet exemple, on constate que la banque LCL a prêté 600.000€ à la société F au 31/12/N soit un peu plus de 3 fois le montant de son EBE (3 x 215.000 = 645.000€). Le ratio de levier financier de la société F s’élève à 2,51 : cela signifie qu’il lui faudra environ 2 ans et demi pour rembourser son emprunt bancaire. Ce ratio est rassurant pour la banque qui en conclut qu’il faudra donc moins de 3 années à la société F pour rembourser intégralement son emprunt.

Le ratio de rentabilité brute

Ce ratio permet de savoir si les investissements qui ont été faits par l’entreprise sont rentables ou non (et s’ils le sont, à quelle hauteur). Il se calcule comme suit :

Ratio\:de\:rentabilité\:brute=\frac{EBE}{Capitaux\:investis}

Les capitaux investis (ou « capitaux engagés ») représentent la somme des capitaux propres et de l’endettement net de la société (appelé aussi « dette nette » ou « dette financière nette »).

Prenons l’exemple des sociétés F et G :

EBE - Ratio de rentabilité brut
Ratio de rentabilité brut – Exemple

La société F dégage un EBE de 215.000€ pour 740.000€ de capitaux investis soit un ratio de rentabilité brute de 29%. Concernant la société G, son EBE s’élève à 300.000€ pour 900.000€ de capitaux investis, soit un ratio de rentabilité brute de 33%.

➡ Concrètement, ces taux indiquent que 100€ engagés par la société F rapportent 29€ contre 33€ pour la société G. En conclusion, G est plus rentable que F.

Quelles sont les limites de l’EBE ?

L’EBE ne prend pas en considération les politiques d’investissement et de financement de l’entreprise. Pour certaines activités, l’EBE peut donc être insuffisant comme indicateur financier afin de mesurer de manière pertinente la rentabilité réelle de l’entreprise.

Prenons par exemple le cas d’un magasin vendant des produits régionaux, situé en pleine campagne. Imaginons que le gérant du magasin décide de remplacer les deux vendeurs qu’il embauche par des systèmes de casiers automatisés avec caisses automatiques intégrées. En supprimant les charges salariales, l’EBE de notre magasin augmente. Toutefois, les investissements qui ont été réalisés par l’entreprise afin de remplacer les caissiers par des systèmes automatisés ont un coût ! En effet, les systèmes de caisses ont été financés grâce à des emprunts bancaires, ce qui a donc une incidence sur le résultat financier du magasin. Par ailleurs, ces casiers automatiques font désormais partie du patrimoine de la société et doivent être amortis chaque année. Les dotations aux amortissements correspondantes auront donc un impact sur le résultat d’exploitation.

➡ Dans notre exemple, un meilleur EBE ne signifie pas que l’entreprise dégage une rentabilité opérationnelle supérieure. L’EBE, le résultat d’exploitation et le résultat courant avant impôt devront être analysés conjointement.

Questions fréquentes

La TVA est-elle comprise dans l’excédent brut d’exploitation ?

L’EBE est un indicateur financier toujours présenté en montant hors taxes. En effet, l’EBE est calculé à partir des produits et des charges du compte de résultat eux aussi présentés hors TVA. Rappelons que la TVA est transparente pour l’entreprise qui ne joue que le rôle de collecteur pour le compte de l’administration fiscale.

Qu’est-ce que la capacité d’autofinancement ?

La capacité d’autofinancement (CAF) est un indicateur financier qui permet de mesurer la capacité d’une entreprise à couvrir la variation de son BFR, investir et enfin rembourser ses dettes sans recours à de nouveaux financements (augmentation de capital, emprunts bancaires, apports en compte courant ou subventions par exemple).

Qu’est(ce que le ROCE

Le ROCE (Return On Capital Employed) est un ratio financier qui permet d’évaluer la performance financière d’une entreprise. Le ROCE d’une société est égal au rapport entre son résultat d’exploitation après impôts et la somme de ses capitaux propres et de sa dette financière nette.

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Chiffre d’affaires : définition, calcul et interprétation ! https://finance-heros.fr/chiffre-daffaires/ Fri, 08 Sep 2023 15:56:49 +0000 https://finance-heros.fr/?p=52924 Le chiffre d’affaires, ou CA, correspond au montant des ventes de biens et services réalisées par une entreprise au cours d’une période donnée (généralement l’année civile). Autrement dit, le chiffre d’affaires correspond aux recettes de l’entreprise. Comment calculer le chiffre d’affaires, quelle est son utilité et comment l’interpréter ? Réponse dans cet article ⤵️. Comment […]

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Le chiffre d’affaires, ou CA, correspond au montant des ventes de biens et services réalisées par une entreprise au cours d’une période donnée (généralement l’année civile). Autrement dit, le chiffre d’affaires correspond aux recettes de l’entreprise.

Comment calculer le chiffre d’affaires, quelle est son utilité et comment l’interpréter ? Réponse dans cet article ⤵.

Comment calculer le chiffre d’affaires ?

La formule du chiffre d’affaires

Qu’il s’agisse d’une activité de prestation de services ou de ventes de biens, la formule est la suivante :

Chiffre\: d'affaires = \sum Prix\:de\:vente\:unitaire\times Quantités\:vendues

Généralement, le chiffre d’affaires d’une entreprise est présenté hors taxes (HT). En effet, la TVA n’est pas une charge pour l’entreprise qui joue uniquement le rôle de collecteur (l’entreprise devra restituer la TVA collectée à l’administration fiscale). C’est précisément pour cette raison qu’on dit que la TVA est « transparente » pour l’entreprise.

Par ailleurs, le CA comptabilise l’ensemble des ventes facturées par l’entreprise, qu’elles soient encaissées ou non. En revanche, les avoirs, ristournes ou remises émis par l’entreprise doivent être déduits du chiffre d’affaires (cela permet de ne pas gonfler artificiellement son montant).

Exemple de chiffre d’affaires

Prenons l’exemple d’un magasin d’articles de sport qui a vendu 3 000 t-shirts à 24€ TTC (20€ HT) et 1 000 casquettes à 36€ (30€ HT) sur une période donnée. Son chiffre d’affaires s’élève alors à 90 000€ [(20 x 3 000)+(3€ x 1 000)].

Si les casquettes vendues ont toutes fait l’objet d’une réduction de 50%, le chiffre d’affaires s’élève alors à 75 000€ [(20 x 3 000)+(3€*50% x 1 000)].

Pourquoi et comment estimer un CA prévisionnel ?

Le chiffre d’affaires prévisionnel correspond à l’estimation du CA de l’entreprise sur une période donnée. Cette estimation est généralement faite par le dirigeant de l’entreprise ou par les personnes en charge de la comptabilité et des finances.

Pourquoi estimer un chiffre d’affaires prévisionnel ?

Un chiffre d’affaires prévisionnel à deux utilités principales :

  • il permet de matérialiser les objectifs de l’entreprise et d’aligner tous les dirigeants sur cette ambition. Le CA prévisionnel est l’un des agrégats les plus importants du budget de l’entreprise.
  • il constitue le point de départ de la préparation du business plan (qui détaille le compte de résultat sur plusieurs années prospectives). Ce document est par exemple indispensable si l’entreprise est à la recherche de financements (prêt bancaire, ou levée de fonds).

Comment estimer le chiffre d’affaires prévisionnel ?

Estimer le chiffre d’affaires prévisionnel revient à valoriser les éléments qui composent son calcul c’est-à-dire les prix et les volumes de vente.

Faire cet exercice nécessite de se poser une multitude de questions parmi lesquelles :

  • Comment évolue la demande de mon marché ?
  • Qui sont les principaux concurrents de l’entreprise et dans quelle mesure peuvent-ils nuire à mes parts de marché et aux tarifs que je pratique ?
  • Faut-il prévoir de l’inflation et donc une augmentation des tarifs de vente ?
  • Vais-je commercialiser de nouveaux produits dans les prochaines années ?
  • Est-il prévu que je commercialise mes produits à l’étranger ?
  • Est-ce que je prévois de racheter un concurrent ?

Bref, autant de questions nécessaires pour poser les jalons stratégiques du développement de votre entreprise.

Pourquoi le CA est-il autant scruté ?

Le chiffre d’affaires, l’alpha de l’analyse financière

Le chiffre d’affaires est à la base de la grande majorité des soldes intermédiaires de gestion (SIG) et des ratios qui permettent d’analyser la performance financière d’une entreprise. À titre d’exemple :

  • l’Excédent brut d’exploitation (EBE) est la différence entre le chiffre d’affaires et l’ensemble des charges opérationnelles de l’entreprise sur une période donnée. En outre, le taux d’EBE divise l’EBE par le chiffre d’affaires ;
  • la capacité d’autofinancement (CAF) est la différence entre le chiffre d’affaires et l’ensemble des charges décaissées de l’entreprise sur une période donnée ;
  • le Price to earning ratio (P/E) divise le prix d’une action par son bénéfice par action (le bénéfice est lui-même le résultat de la différence entre le chiffre d’affaires et l’ensemble des charges issues du compte de résultat) ;
  • le Return on Capital Employed (ROCE) divise le résultat d’exploitation par les capitaux investis (le résultat d’exploitation étant lui-même une marge sur chiffre d’affaires).

➡ Bref, le chiffre d’affaires est un incontournable de l’analyse fondamentale. Il est en quelque sorte « l’alpha »de la performance financière. Pour filer la métaphore, l’oméga serait plutôt la trésorerie générée par l’activité.

Le chiffre d’affaires pour analyser un marché

Le chiffre d’affaires est un indicateur clé pour analyser les tendances d’un secteur. Une analyse des chiffres d’affaires des principales entreprises qui composent un secteur permettra de facilement se faire une idée de la santé du marché.

Par exemple, si nous analysons l’évolution du CA d’Hermès et Chanel entre 2018 et 2022, nous constatons que le secteur du luxe suit une tendance plutôt haussière depuis 2018, malgré un léger ralentissement en 2020 lié à la crise du COVID.

Hermès et Chanel - Evolution du chiffre d'affaires
Hermès et Chanel – Evolution du CA (en milliards d’€)

Le chiffre d’affaires, pour valoriser une entreprise

Le chiffre d’affaires à un impact direct sur la valorisation d’une entreprise. En moyenne, une entreprise qui réalise un petit CA sera moins bien valorisée qu’une entreprise qui réalise un gros CA. Prenons l’exemple de l’entreprise A qui réalise 1 M€ de CA et 30% de marge d’EBE (soit 300K€) et une entreprise B qui réalise 10 M€ de CA et 30% de marge d’EBE (soit 3 M€). La logique voudrait que chacune d’elles soit valorisée X fois leur marge (10 fois par exemple soit 3 M€ pour A et 30M€ pour B). En réalité A sera plutôt valorisée 7x (soit 2,1M€) et B plutôt valorisée 12x (soit 36M€). Ainsi, plus une entreprise a un CA élevé, plus sa valorisation est importante (jusqu’à un certain point).

Par ailleurs, il est difficile de valoriser une start-up sur la base de ses marges (souvent inexistantes). Bien souvent, elles seront valorisées sur la base de leur CA.

Le chiffre d’affaires et son utilité fiscale

D’un point de vue fiscal, le CA intervient souvent comme seuil pour l’assujettissement ou non aux obligations déclaratives. À titre d’exemple, nous pouvons citer son utilisation comme plafond :

  • Pour l’obtention et le maintien du régime de microentrepreneur ou de micro-BNC ;
  • Pour le calcul de la valeur ajoutée taxable de la CVAE (Cotisation sur la Valeur ajoutée des entreprises) ;
  • Pour l’éligibilité de la franchise en base de TVA (non-assujettissement à la TVA) ;
  • Pour bénéficier de l’exonération de la C3S (Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés) ;
  • Pour bénéficier d’une imposition au taux réduit d’impôt sur les sociétés.

De plus, étant un agrégat comptable qui figure au compte de résultat il est renseigné sur de nombreuses déclarations fiscales : Liasse fiscale, déclaration de TVA, CVAE…

Comment analyser le chiffre d’affaires ?

Pour analyser le CA d’une entreprise sur une période donnée, comme par exemple sur un trimestre, nous sommes amenés à le comparer au CA d’un autre trimestre. Plusieurs axes d’analyse sont possibles :

  • Comparer les CA de trimestres qui se suivent. Cette comparaison est intéressante lorsque l’entreprise a des volumes d’activité stables tout au long de l’année.
  • Comparer les CA des mêmes trimestres mais sur des années différentes. Cette comparaison est intéressante lorsque l’entreprise à une activité saisonnière. Apple, par exemple, connaît un gros pic de ventes d’Iphones lors du quatrième trimestre. Par conséquent, les analystes financiers de l’action Apple compareront en priorité le CA du T4 de l’année N avec le CA du T4 de l’année précédente (plutôt que le CA du T3 de l’année N).

L’analyse du taux de variation

Lorsque l’on analyse un CA, le premier réflexe est de calculer son taux de variation. Il permet de connaître le taux de croissance (ou décroissance) du CA entre 2 périodes. Il se calcule de la manière suivante :

Taux\:de\:croissance =\frac{CA \:n-CA\:n-1}{CA\:n}\times100

Prenons comme exemple la société Hermès qui a réalisé un CA 2021 de 9,0 Mds€ et un CA 2022 de 11,6 Mds€. Son taux de croissance de CA est de 28,8% [(11.6 – 9.0) / 9 x 100].

L’analyse de l’effet prix & volume

L’évolution du chiffre d’affaires d’une entreprise peut être décomposée en un effet prix et un effet volume. À titre d’exemple, un CA qui passe de 1M€ à 2M€ peut à l’extrême s’expliquer par :

  • une multiplication des tarifs de vente par 2 (si mes volumes vendus sont restés identiques)
  • une multiplication des volumes vendus par 2 (si les tarifs sont restés identiques)
  • un mix des deux (une augmentation des volumes vendus et une augmentation des tarifs).

En fait, l’effet prix correspond à la variation des prix à volume constant et l’effet volume la variation des volumes à prix constant. L’effet dû à la variation commune du prix et du volume s’appelle l’effet « combiné » :

  • Effet prix = quantité N-1 × (prix N – prix N-1)
  • Effet volume = prix N-1 × (quantité N – quantité N-1)
  • Effet combiné = (quantité N – quantité N-1) × (prix N – prix N-1)
Chiffre d'affaires : effet prix et volume
Chiffre d’affaires | Effet prix & volume

Prenons l’exemple d’une sandwicherie qui réalise 15 000€ de CA en septembre (grâce à la vente de 1500 sandwichs à un tarif de 10€) et 24 000€ de CA en octobre (grâce à la vente de 2 000 sandwichs à un tarif de 12€). La croissance de 9 000€ de CA entre septembre et octobre se décompose en :

  • un effet prix de 3 000€ [1500×(12 – 10)]
  • un effet volume de 5 000€ [10x(2000-1500]
  • un effet combiné de 1 000€ [(2000 – 1500) × (12 – 10)]
Sandwicherie | Effet prix et volume

L’analyse de l’effet périmètre

Une variation du chiffre d’affaires peut aussi résulter d’une évolution du périmètre d’activité de l’entreprise. Dans ce cas, les analystes font souvent une analyse à périmètre constant.

Imaginons un restaurant qui réalise un CA de 800K€ en 2021 avec 4 restaurants puis un CA de 1 300K€ en 2022 avec 6 restaurants (dont 550K€ avec les deux nouveaux restaurants) :

  • le chiffre d’affaires total est en hausse de 63% (1300/800) ;
  • le chiffre d’affaires à périmètre constant est en baisse de 6% [(1300-550)/800].

Questions fréquentes

Quelle est l’orthographe de « chiffre d’affaires » (avec ou sans s) ?

« Chiffre d’affaires » s’écrit invariablement avec un « s ». En effet, le mot « affaires » est toujours au pluriel car il fait référence à « plusieurs affaires ».

Comment calculer le chiffre d’affaires ?

Le CA d’une activité s’obtient en sommant les ventes réalisées (de biens ou services) pendant une période donnée. Chiffres d’affaires = Prix de vente unitaire x Quantités vendues

Quelle est la différence entre le chiffre d’affaires et résultat ?

Le résultat correspond à la différence entre le chiffre d’affaires et les dépenses de l’entreprise. Le chiffre d’affaires indique un niveau d’activité tandis que le résultat indique un niveau de rentabilité.

Le CA est-il hors taxes (HT) ou toutes taxes comprises (TTC) dans un compte de résultat ?

Dans un compte de résultat, le CA est toujours présenté hors taxes. En effet, la TVA n’est ni un produit qui lui appartient ni une charge qui lui incombe. La TVA est neutre pour l’entreprise, c’est pourquoi elle n’est pas prise en compte.

Comment accroître son chiffre d’affaires ?

Une entreprise a deux leviers pour augmenter son CA. Soit augmenter ses ventes, soit augmenter ses tarifs. C’est ce qu’on appelle l’effet volume et l’effet prix.

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La capacité d’autofinancement (CAF) : définition et calcul ! https://finance-heros.fr/caf/ https://finance-heros.fr/caf/#comments Wed, 06 Sep 2023 09:25:41 +0000 https://finance-heros.fr/?p=59519 Qu’est-ce que la capacité d’autofinancement (CAF) ? La capacité d’autofinancement (CAF) est un indicateur financier qui permet de mesurer la capacité d’une entreprise à couvrir la variation de son BFR, investir et enfin rembourser ses dettes sans recours à de nouveaux financements (augmentation de capital, emprunts bancaires, apports en compte courant ou subventions par exemple). […]

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Qu’est-ce que la capacité d’autofinancement (CAF) ?

La capacité d’autofinancement (CAF) est un indicateur financier qui permet de mesurer la capacité d’une entreprise à couvrir la variation de son BFR, investir et enfin rembourser ses dettes sans recours à de nouveaux financements (augmentation de capital, emprunts bancaires, apports en compte courant ou subventions par exemple).

La capacité d’autofinancement d’une entreprise se calcule en retranchant de son résultat net (issu de son compte de résultat), l’ensemble des écritures comptables sans impact sur la trésorerie (aussi appelés « écritures non cash »). En d’autres termes, la CAF d’une entreprise correspond à son résultat net « cash ».

⚠ Attention, la CAF ne mesure pas la performance opérationnelle d’une entreprise. En effet, la performance opérationnelle d’une entreprise se retrouve dans son compte de résultat. La différence entre la CAF et le résultat net se situe dans les écritures comptables non cash.

⚠ Attention, la CAF ne mesure pas non plus la trésorerie d’une entreprise issue de son activité opérationnelle. En effet, le montant de trésorerie effective d’une entreprise se retrouve dans son tableau de flux de trésorerie (la CAF n’inclut pas la variation de BFR alors que le cash-flow opérationnel la prend en compte).

Comment calculer la CAF ?

La CAF d’une entreprise se calcule à partir de son compte de résultat. Il existe deux méthodes pour calculer la CAF :

  • La méthode additive, à partir du résultat net ;
  • La méthode soustractive, à partir de l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE).

Calcul de la CAF à partir du résultat net

La méthode additive calcule la CAF à partir du résultat net de l’entreprise.

CAF - Méthode additive
CAF – Méthode additive

Elle consiste à éliminer du résultat net l’ensemble des éléments « non cash », c’est-à-dire l’ensemble des mouvements comptables qui n’ont aucune incidence sur la trésorerie de votre entreprise. Il s’agit principalement :

  • Des charges non décaissables. Il s’agit de charges calculées en comptabilité qui ne se traduisent par aucun mouvement de trésorerie. Par exemple, les dotations aux amortissements évaluent la perte de valeur des actifs de votre entreprise dans le temps du fait de leur utilisation. Cette perte de valeur fait l’objet d’une écriture comptable qui passe en charge dans votre compte de résultat. Mais cette charge n’a aucun impacte direct sur la trésorerie de votre entreprise. Ainsi, parce qu’elle n’a aucune réalité en termes de trésorerie, les dotations aux amortissements sont retraitées de la CAF. À noter, qu’à terme, il vous faudra réinvestir pour renouveler vos actifs (mais il s’agira alors d’une écriture bilancielle).
  • Des produits non encaissables. Il s’agit de produits calculés et comptabilisés par la société mais qu’elle ne pourra jamais encaisser. Il s’agit notamment des reprises de provisions ou d’amortissement. Si votre entreprise a provisionné une créance qu’elle a jugée irrécouvrable elle a d’abord passé une charge en « dotant une provision » (charge non décaissables). Si finalement le client paye sa facture (bonne nouvelle !), l’entreprise peut reprendre sa dotation et constatera alors un produit (produit non encaissable). Ce sont l’ensemble de ces écritures qu’il s’agit de retraiter dans le calcul de la CAF.

Pour calculer la CAF à partir du résultat net, il est également nécessaire de retraiter les écritures comptables qui se rapportent à la vente d’immobilisations (situées dans le résultat exceptionnel). En effet la CAF à vocation à indiquer ce que l’exploitation de l’entreprise offre comme autonomie financière. Il ne s’agit donc pas de polluer l’analyse avec des plus-values ou moins-values de cession d’actifs. Il s’agit donc de retraiter :

  • Les produits de cession des éléments d’actifs (PCEAC). Ils correspondent au montant des ventes d’actifs que l’entreprise a réalisées.
  • La valeur nette comptable d’éléments d’actifs cédés (VNCEAC). Elle correspond à la valeur résiduelle que valent comptablement les immobilisations le jour où l’entreprise décide de les céder.

À noter que la différence entre les PCEAC et les VNCEAC correspond à la plus-value réalisée sur l’actif cédée par rapport à sa valeur comptable.

Calcul de la CAF à partir de l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE)

Le montant de la CAF peut être également évalué à partir de l’EBE.

CAF – Méthode soustractive

Pour ce faire, vous devrez :

  • soustraire de l’EBE les charges décaissables qui se situent en dessous de l’EBE (principalement comprises dans le résultat financier et le résultat exceptionnel (sans oublier l’IS) ;
  • y ajouter les produits encaissables qui se situent en dessous de l’EBE (principalement comprises dans le résultat financier et le résultat exceptionnel également).

L’excédent brut d’exploitation (EBE) est l’un des huit soldes intermédiaires de gestion (SIG).

Exemple

Calculons la CAF selon les deux méthodes existantes, à partir du compte de résultat illustratif de la société XYZ SAS au 31/12/N.

XYZ SAS – Compte de résultat

Calcul de la CAF à partir du résultat net

CAF = résultat net + charges non décaissables – produits non encaissables + VNCEAC – PCEAC

➡ CAF = 473.000 (résultat net) + 20.000 (dotations aux amortissements et provisions) + 2.000 (VNCEAC) – 40.000 (reprises sur amortissements et provisions) – 6.000 (PCEAC) = 449.000 €.

Calcul de la CAF à partir de l’EBE

EBE = CA HT – achats de marchandises montant HT – charges externes HT – impôts et taxes – charges de personnel + subventions d’exploitation.

Et

CAF = EBE– charges décaissables + produits encaissables.

Ainsi, dans notre exemple :

EBE = 1.000.000 (CA HT) – 300.000 (achats et charges externes HT) – 50.000 (impôts et taxes) – 130.000 (charges de personnel) = 520.000 €.

Et

➡ CAF = 520.000 (EBE) – 20.000 (intérêts d’emprunt) – 1.000 (amendes et pénalités) – 150.000 (impôt sur les bénéfices) + 100.000 (revenus financiers des titres de participation) = 449.000 €.

🎯 Les deux méthodes de calcul de la CAF mènent, bien entendu, au même résultat (449.000€).

Pourquoi la CAF intéresse-t-elle les tiers ?

La CAF, une mesure de la rentabilité de l’entreprise

Tout comme le taux d’EBE (ou taux d’EBITDA), le taux de résultat d’exploitation (ou taux d’EBIT) et le taux de résultat net, le taux de CAF (aussi appelé « taux de rentabilité de l’activité ») donne une indication sur la profitabilité de l’entreprise.

Rentabilité\:de\:l'activité =\frac{CAF}{Chiffre\:d'affaires}\times100

Si ce ratio est égale à 25%, cela signifie que 25% de mon chiffre d’affaires se transforme potentiellement en trésorerie. Pour rappel, je dis « potentiellement » car la condition est d’être bien payé par les clients. En effet, lorsque le chiffre d’affaires est comptabilisé, il n’est pas encore encaissé et peut potentiellement faire l’objet d’un litige.

Pour déterminer si la CAF de votre entreprise est bonne, vous devez vous assurer qu’elle représente à minima :

  • 5% du chiffre d’affaires si votre entreprise est soumise à l’impôt sur le revenu (IR)
  • 15% du chiffre d’affaires si votre entreprise est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS).

➡ Une CAF positive est une bonne nouvelle car cela signifie que l’entreprise est financièrement autonome (ou en partie au moins) et qu’elle ne dépend pas de financements externes pour financer ses activités.

La capacité d’autofinacement est indispensable pour mener une bonne analyse fondamentale d’une entreprise (en particulier une bonne analyse financière)

La CAF, un indicateur déterminant pour emprunter

Tout comme le levier financier (dette financière nette / EBE ou EBITDA), le ratio dette financière nette rapportée à la CAF donne une idée de la capacité d’une entreprise à rembourser sa dette. Une banque accepte généralement de prêter à une entreprise jusqu’à 3 fois le montant de sa CAF.

À titre d’exemple, si je génère 1 000 000 € de chiffre d’affaires et 200 000 € de CAF par an alors une banque acceptera de me prêter jusqu’à 3 fois ma CAF, c’est-à-dire 600 000 € (3*200 000€). La banque se dit qu’il faudra 3 ans de CAF pour être intégralement remboursé, ce qui la rassure.

CAF négative : est-ce grave docteur ?

Une entreprise mature qui a une CAF négative n’est pas un signal positif : elle indique que l’entreprise ne dégage pas suffisamment de trésorerie pour financer ses activités d’exploitation. Dès lors, cela implique que l’entreprise devra faire appel à des financements extérieurs qu’elle aura parfois du mal à obtenir (difficulté à souscrire à des emprunts bancaires par exemple).

Face à cette situation, il devient alors impératif que la société d’améliorer sa CAF via l’augmentation de son chiffre d’affaires et ou la diminution de ses charges. Attention la recherche d’économies à travers l’augmentation des produits encaissables et / ou la diminution des charges décaissables doit être minutieusement étudiée avant sa mise en œuvre. En effet, une augmentation trop brutale des prix de vente, par exemple, pourrait être contreproductive et faire fuir vos clients vers la concurrence.

Certaines entreprises ont des CAF négatives sans que cela soit pour autant un mauvais signal. C’est le cas par exemple des start-up qui se lancent et qui ont besoin de temps pour atteindre la rentabilité.

Questions fréquentes

Comment calcule-t-on la CAF ?

La CAF peut être calculée via deux méthodes (qui donnent évidemment le même résultat). La première méthode consiste à partir du résultat net auquel on retraite les produits non encaissables et ajoute les charges non décaissables. La seconde méthode consiste à partir de l’EBE auquel on ajoute les produits encaissables et auquel on retranche les charges décaissables.

Comment savoir si la CAF de mon entreprise est bonne ?

Une CAF commence à être bonne dès lors qu’elle représente plus de 5% du CA (si l’entreprise est soumise à l’impôt sur le revenu) ou 15% du CA (si l’entreprise est soumise à l’impôt sur les sociétés).

Comment augmenter sa capacité d’autofinancement ?

Pour augmenter sa CAF il faut soit augmenter les revenus soit diminuer les charges cash de son entreprise.

Quelle est la différence entre la CAF et le résultat net ?

Le résultat net intègre l’ensemble des produits et des charges du compte de résultat, y compris ceux qui sont sans impact sur la trésorerie (les dotations aux amortissements par exemple). A contrario, la CAF exclut l’ensemble de ces éléments dit « non cash ».

Quelle est la différence entre la CAF et le cashflow ?

Le Cashflow recense l’ensemble des flux de trésorerie associés à l’activité opérationnelle de l’entreprise y compris sa variation du besoin en fonds de roulement (qui sont des éléments bilanciels et non issus du compte de résultat). La CAF ne prend, quant à elle, pas en compte la variation du BFR.

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Les Soldes Intermédiaires de Gestion (SIG) : explications https://finance-heros.fr/sig/ Tue, 05 Sep 2023 10:46:25 +0000 https://finance-heros.fr/?p=59132 Les soldes intermédiaires de gestion (SIG) : définition Les soldes intermédiaires de gestion d’une entreprise, appelés de manière courante « SIG », sont des agrégats financiers calculés à partir de son compte de résultat. Les SIG peuvent être présentés au sein d’un tableau pour en faciliter la lecture. Tout comme le compte de résultat, le tableau des SIG […]

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Les soldes intermédiaires de gestion (SIG) : définition

Les soldes intermédiaires de gestion d’une entreprise, appelés de manière courante « SIG », sont des agrégats financiers calculés à partir de son compte de résultat. Les SIG peuvent être présentés au sein d’un tableau pour en faciliter la lecture. Tout comme le compte de résultat, le tableau des SIG est composé exclusivement des produits et des charges de l’entreprise analysée sur un exercice donné (comptes de classe 6 et 7).

Les SIG d’une entreprise permettent de mettre en évidence les différents niveaux de marges utiles à la bonne compréhension de sa performance financière. Il existe 8 soldes intermédiaires de gestion principaux :

  • La marge commerciale ;
  • La production de l’exercice ;
  • La valeur ajoutée (VA) ;
  • L’excédent brut d’exploitation (EBE) ;
  • Le résultat d’exploitation (REX) ;
  • Le résultat courant avant impôt (RCAI) ;
  • Le résultat exceptionnel ;
  • Le résultat net (RN).

Le tableau des SIG se présente de la manière suivante :

Tableau des soldes intermédiaires de gestion
Tableau des soldes intermédiaires de gestion

Les SIG sont toujours présentés en montants hors taxe (HT) tout comme les comptes issus du compte de résultat. En d’autres termes, la TVA, qui est transparente pour les entreprises, n’est jamais comprise dans un SIG.

À quoi servent les soldes intermédiaires de gestion (SIG) ?

Les SIG permettent de comprendre la construction du résultat d’une société, qu’il s’agisse d’un bénéfice ou d’une perte. Ainsi, la présentation des SIG aide les dirigeants, les actionnaires, les emprunteurs ou tout autre tiers qui en a le besoin, à la prise de décision financière. En outre, les SIG facilitent la comparaison de plusieurs entreprises entre elles.

Prenons l’exemple de deux boulangeries. La première génère un chiffre d’affaires annuel de 1 000 000 € et dégage un EBE de 300 000 €. La seconde génère un chiffre d’affaires annuel de 500 000 € et dégage un excédent brut d’exploitation de 200 000 €. Ainsi la première boulangerie dégage plus de marge que la seconde (300 000 € contre 200 000 €). Néanmoins, rapporté à son chiffre d’affaires, la marge d’EBE de la seconde boulangerie est meilleure que la première (200K€/500K€ = 40% vs 300K€/1 000K€ = 30%).

Ainsi, nous pouvons en conclure que la première boulangerie génère plus de marge que la seconde mais qu’elle est gérée de manière moins efficiente. Si je suis le dirigeant de la première boulangerie, je me dis qu’il y a certainement des optimisations à faire pour atteindre le taux de marge de la seconde boulangerie.

➡ L’analyse fondamentale et en particulier l’analyse financière d’une entreprise passe immanquablement par le calcul et l’interprétation de ses SIG.

Un compte de résultat brut présente un à un les comptes de l’entreprise. Le rôle des soldes intermédiaires de gestion est de mettre ces mêmes comptes en perspective de telle sorte qu’ils deviennent facilement interprétables et analysables.

Comment calculer et interpréter les soldes intermédiaires de gestion ?

Comme un bon exemple vaut mieux qu’un long discours, calculons les SIG de la société ABC SAS qui est une société de dépannage informatique. Voici le compte de résultat qui nous a été communiqué (issu de sa liasse fiscale).

ABC SAS : compte de résultat
ABC SAS : compte de résultat

Vous noterez que notre liasse fiscale met en évidence seulement trois SIG : le résultat d’exploitation, le résultat exceptionnel ainsi que le résultat net. Néanmoins, grâce à cette liasse fiscale, il nous est possible de mettre en évidence les autres.

ABC SAS : soldes intermédiaires de gestion
ABC SAS : soldes intermédiaires de gestion

Notons que les SIG peuvent être exprimés en valeur mais aussi en pourcentage du chiffre d’affaires pour mieux apprécier les niveaux de marge et leurs évolutions. Vous noterez également qu’ABC SAS a une production nulle car elle est une société de services et non une société industrielle. Revenons sur chacun de ces soldes intermédiaires de gestion  ⤵

La marge commerciale

La marge commerciale correspond à la différence entre le montant des ventes de marchandises et leur coût d’achat à laquelle on ajoute la variation des stocks.

Marge commerciale = ventes de marchandises – achats de marchandises + variation de stocks de marchandises

La marge commerciale d’une entreprise est utile lorsque l’on cherche à mesurer les performances de son activité commerciale. Cet agrégat est particulièrement utile pour les entreprises de négoce ou de distribution (c’est-à-dire les entreprises qui achètent des biens et les revendent sans aucune transformation).

Lorsque la société commercialise différents produits, il est judicieux de calculer la marge commerciale pour chaque article afin de déterminer précisément lequel génère la marge la plus importante pour l’entreprise (et au contraire, lequel est le moins rentable !). Ainsi, la tenue d’une comptabilité analytique est grandement préconisée si vous souhaitez calculer la marge brute sur chacun de vos produits commercialisés.

La production de l’exercice

La production de l’exercice est un agrégat qui intéresse particulièrement les sociétés qui transforment un produit entre son achat et sa revente. Il s’agit notamment des entreprises industrielles et artisanales.

Production = production vendue +/- production stockée + production immobilisée

À noter que :

  • La production stockée correspond à la différence entre le stock final de biens fabriqués par l’entreprise et son stock initial.
  • La production immobilisée correspond à la production réalisée par une entreprise et conservée par celle-ci en vue de son immobilisation.

La valeur ajoutée (VA)

La valeur ajoutée (VA) traduit le supplément de richesse brute créée par l’entreprise dans le cadre de son activité. Elle se calcule grâce à la formule suivante :

VA = marge brute + production de l’exercice – autres achats et charges externes

La valeur ajoutée sert de base pour le calcul de la TVA.

Dans les faits, la valeur ajoutée est un indicateur financier peu scruté. Un analyste préférera étudier l’excédent brut d’exploitation (EBE) ⤵.

L’excédent brut d’exploitation (EBE)

L’EBE est un indicateur financier qui permet de mesurer la performance de l’activité opérationnelle d’une entreprise avant la prise en compte de sa politique de financement, sa politique d’investissement et les évènements exceptionnels rencontrés.

L’EBE se calcule comme suit :

EBE = valeur ajoutée + subventions d’exploitation – salaires et charges sociales – impôts et taxes

⚠ Les impôts et taxes retraités de la valeur ajoutée dans le calcul de l’EBE n’intègrent pas l’impôt sur les sociétés. Les impôts et taxes incluent par exemple la cotisation foncière des entreprises (CFE) ou la taxe foncière.

❌ L’EBE d’une société peut être négatif : cela signifie que l’entreprise ne produit aucune richesse et que son modèle économique est à revoir. L’origine de l’insuffisance brute d’exploitation d’une société peut par exemple être liée à une marge commerciale trop faible ou encore à des charges fixes trop élevées (masse salariale trop importante ou loyer trop onéreux par exemple).

L’EBE et l’EBITDA sont deux agrégats proches mais pas identiques. L’EBITDA inclut par exemple la participation des salariés ce qui n’est pas le cas pour l’EBE.

Le résultat d’exploitation (REX)

Le résultat d’exploitation diffère ainsi de l’EBE du fait de :

  • La prise en compte des éléments d’exploitation « non cash » au sein du REX : les dotations aux amortissements et provisions ainsi que les reprises sur amortissements et provisions.
  • L’intégration des autres produits et charges d’exploitation tels que les produits et charges divers de gestion courante et les transferts de charges

REX = EBE + autres produits d’exploitation – autres charges d’exploitation + reprises sur amortissements et provisions – dotations aux amortissements et provisions + transferts de charges

⚠ Attention, les éléments financiers et exceptionnels sont exclus du calcul du résultat d’exploitation.

Le résultat courant avant impôt (RCAI)

Le résultat courant avant impôt (RCAI) permet à une entreprise d’apprécier la performance liée à ses activités d’exploitation (résultat d’exploitation) en plus de ses choix en matière de financement (résultat financier).

RCAI = REX + résultat financier

Le résultat exceptionnel

Le résultat exceptionnel se compose de charges et produits exceptionnels c’est-à-dire d’éléments non récurrents pour la société. Les éléments non récurrents sont des opérations isolées qui n’appartiennent ni au cycle d’exploitation, ni au cycle de financement ni au cycle d’investissement de l’entreprise. Il peut s’agir d’amendes ou pénalités, du coût d’un licenciement ou de la cession d’un actif.

Le résultat exceptionnel fait partie intégrante des soldes intermédiaires de gestion (SIG) et se calcule comme suit :

Résultat exceptionnel = produits exceptionnels – charges exceptionnelles

Même si les éléments constitutifs du résultat exceptionnel sont isolés, il n’empêche qu’ils auront bien entendu un impact sur les résultats financiers de la société à la fin de l’exercice.

Le résultat net

Le résultat net fait apparaître le montant de l’enrichissement d’une société ou au contraire de son appauvrissement à l’issue de son exercice.

⚠ Attention, le résultat net ne permet pas de conclure sur le niveau de trésorerie de l’entreprise. D’une part, un certain nombre de charges « non cash » sont prises en compte dans le résultat net (les dotations aux amortissements par exemple). D’autre part, des décalages d’encaissements et de décaissements (la variation du BFR) peuvent augmenter ou diminuer temporairement le montant de trésorerie disponible dans les comptes de la société.

La formule du résultat net est la suivante :

RN = RCAI + résultat exceptionnel – impôt sur les sociétés – participation des salariés

Questions fréquentes

Qu’est-ce que sont les soldes intermédiaires de gestion (SIG) ?

Les soldes intermédiaires de gestion (SIG) d’une entreprise, appelés de manière courante « SIG », sont des indicateurs financiers calculés à partir de son compte de résultat. Les SIG peuvent être présentés au sein tableau. Tout comme le compte de résultat, le tableau des SIG est composé exclusivement des produits et des charges de l’exercice de l’entreprise analysée.

Combien de soldes intermédiaires de gestion existe-t-il ?

Il existe 8 Soldes Intermédiaires de Gestion : la marge commerciale, la production de l’exercice, la valeur ajoutée, l’excédent brut d’exploitation, le résultat d’exploitation, le résultat courant avant impôt, le résultat exceptionnel et le résultat net.

À quoi servent les SIG d’une entreprise ?

Les SIG d’une entreprise permettent, entre autres, de comprendre la construction de ses marges et de son résultat et d’améliorer la lisibilité de ses performances.

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BFR : Qu’est-ce que le Besoin en Fonds de Roulement ? https://finance-heros.fr/bfr/ Wed, 21 Jun 2023 16:30:22 +0000 https://finance-heros.fr/?p=51339 Le BFR (Besoin en Fonds de roulement) est un indicateur incontournable dans la gestion de trésorerie d’une entreprise. Le Besoin en fonds de roulement correspond à l’argent nécessaire à une société pour financer son cycle d’exploitation. Il résulte du décalage dans le temps entre le moment où l’entreprise décaisse de la trésorerie pour assurer ses […]

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Le BFR (Besoin en Fonds de roulement) est un indicateur incontournable dans la gestion de trésorerie d’une entreprise. Le Besoin en fonds de roulement correspond à l’argent nécessaire à une société pour financer son cycle d’exploitation. Il résulte du décalage dans le temps entre le moment où l’entreprise décaisse de la trésorerie pour assurer ses commandes et le moment où elle encaisse de la trésorerie issue de ses ventes. Plus le décalage entre les décaissements et les encaissements est important, plus le BFR est élevé. En outre, le Besoin en Fonds de Roulement peut être présenté en valeur, en pourcentage du chiffre d’affaires ou en nombre de jours de chiffre d’affaires.

Comment calculer, interpréter et améliorer son BFR ? Réponse dans cet article ⤵.

Comment calculer le BFR ?

Le Besoin en Fonds de Roulement se calcule à partir des postes du bilan comptable rattachés au cycle d’exploitation. 

Bilan comptable simplifié

Ainsi, la formule du Besoin en Fonds de Roulement est la suivante :

BFR =Actif\:circulant - Passif\:circulant

Avec :

  • Actif circulant = Stock + Créances clients
  • Passif circulant = Dettes fournisseurs + dettes fiscales et sociales

Exemple de calcul

Soit une entreprise qui a les caractéristiques comptables suivantes au 31 décembre 2022 :

Au Bilan :

Stocks15 000 €
Créances clients25 000 €
Actif circulant40 000
Dettes fournisseurs10 000 €
Dettes fiscales et sociales5 000 €
Passif circulant15 000
Besoin en Fonds de Roulement25 000

Au compte de résultat :

Chiffre d’affaires (montant H.T.)100 000 €
Achats (montant H.T.)50 000 €

Le BFR exprimé en valeur

Dans notre exemple, Stocks + Créances clients – Dettes fournisseurs – Dettes fiscales = 25 000 €. Ainsi, le Besoin en Fonds de Roulement de cette entreprise est positif, ce qui signifie que son cycle d’exploitation mobilise une trésorerie de 25 000 €.

Le BFR exprimé en % du chiffre d’affaires

Pour calculer le BFR en % du CA, il suffit de le diviser par le CA :

BFR\:en\:pourcentage\:du\:CA =\frac{BFR}{Chiffre\:d'affaires}

Dans notre exemple : BFR / CA = 25 000 € / 100 000 € = 25%. Ainsi, le Besoin en Fonds de Roulement de notre entreprise représente 25% de son CA. Autrement dit, 25% de son CA est mobilisé pour financer son activité courante. 

Le BFR exprimé en nombre de jour de CA

Pour calculer le BFR en % du CA, il suffit de multiplier le BFR en pourcentage du CA par 365 :

BFR\:en\:jours\:de\:CA =\frac{BFR}{CA}\times365

Dans notre exemple : BFR / CA * 365 = 25 000 € / 100 000€ * 365 = 91. Ainsi, 91 jours de CA sont nécessaires pour financer le cycle d’exploitation de notre entreprise.

Comment interpréter le BFR ?

Qu’est-ce qu’un BFR positif, à l’équilibre et négatif ?

Un Besoin en Fonds de Roulement positif signifie que l’entreprise encaisse moins vite qu’elle décaisse dans le cadre de son exploitation courante. Ce décalage génère un besoin de trésorerie court terme. Attention, cette situation n’est pas nécessairement alarmante. La majorité des entreprises sont dans cette situation. L’entreprise devra couvrir ce besoin via ses capitaux propres ou via un emprunt.

Un Besoin en Fonds de Roulement à l’équilibre signifie que l’entreprise encaisse aussi vite qu’elle décaisse dans le cadre de son activité courante. Cela signifie qu’elle n’a pas besoin de trésorerie court terme pour financer son activité. L’entreprise autofinance son cycle d’exploitation.

Un Besoin en Fonds de Roulement négatif signifie que l’entreprise encaisse plus vite qu’elle décaisse dans le cadre de son activité courante. C’est une situation très confortable pour l’entreprise car cela signifie que son cycle d’exploitation génère de la trésorerie.

Variation du bilan et impact sur le BFR

Toutes choses égales par ailleurs, la variation des postes du bilan qui entrent dans la composition du BFR, ont un impact direct sur son niveau :

Variation bilancielleInterprétation possibleImpact BFR
↘ des créances clientsLes clients payent plus rapidement✅=> le BFR ↘
↘ des stocksL’entr. consomme ses stocks✅=> le BFR ↘
↗ des dettes fournisseursL’entr. retarde le paiement de ses fournisseurs✅=> le BFR ↘
↗ des dettes fiscalesL’entr. retarde le paiement des ses échéances✅=> le BFR ↘
↗ des créances clientsLes clients payent moins rapidement❌=> le BFR ↗
↗ des stocksL’entr. constitue de nouveaux stocks❌=> le BFR ↗
↘ des dettes fournisseursL’entr. accélère le paiement de ses fournisseurs❌=> le BFR ↗
↘ des dettes fiscales et socialesL’entr. accélère le paiement de ses échéances❌=> le BFR ↗

Le niveau de BFR par secteur

Le niveau de BFR des entreprises peut-être très différent selon leur modèle mais surtout selon le secteur d’activité dans lequel elle évolue.

Ce sont les secteurs où les clients paient au comptant que les BFR sont les moins importants. En effet, les créances clients sont soldées le jour de la vente alors que les dettes fournisseurs profitent d’un délai de règlement. Les secteurs de la restauration, de la grande distribution, du commerce de détail se trouvent généralement en excédent de fonds de roulement.

À l’inverse, le secteur industriel connaît généralement un niveau de BFR élevé principalement en raison d’un haut niveau de stocks, d’encours de production et de créances clients.

Comment améliorer son BFR ?

Lorsqu’on connaît la composition du BFR, il est facile d’envisager des pistes pour l’améliorer (c’est-à-dire le diminuer) et ainsi augmenter le niveau de trésorerie de son entreprise.

La gestion des créances clients

Améliorer son BFR par la gestion des créances clients implique d’accélérer leur paiement. Pour cela, plusieurs leviers sont possibles.

  1. Optimiser les processus administratifs : dématérialisation de la facturation, automatisation des relances etc. ;
  2. Inciter à régler au comptant en accordant des escomptes ;
  3. Demander des acomptes de manière à couvrir le montant des marchandises commandées ;
  4. Indexer la rémunération variable des commerciaux sur le paiement effectif des factures clients et non sur les prises de commandes.

En outre, ces actions ont un impact sur le ratio de rotation des créances clients. Ce ratio mesure le délai moyen de paiement des clients en nombre de jours de CA.

Ratio\:de\:rotation\:clients =\frac{Créances\:clients}{CA\:TTC}\times365

Dans l’exemple précédent : 25 000/(100 000 x (1+20%)) x 365 = 76 jours. Ainsi, au 31.12.2022, les clients de l’entreprise mettent en moyenne 76 jours pour régler leur dette.

La gestion des stocks

Améliorer son BFR par la gestion des stocks implique de les diminuer. Pour cela, plusieurs leviers sont possibles parmi lesquels :

  1. la pratique du juste à temps (ou flux tendus) en commandant les quantités nécessaires au moment exact du besoin. Le risque est de subir une pénurie de matières premières ou marchandises et ne pas pouvoir honorer les commandes ;
  2. l’écoulement des stocks dormants qui tournent très peu. Voire l’arrêt de la production de ces produits.

En outre, ces actions auront un impact sur le ratio de rotation des stocks. Ce ratio mesure le délai moyen d’écoulement des stocks en nombre de jours de CA.

Ratio\:de\:rotation\:des\:stocks=\frac{Stocks}{CA\:HT}\times365

Dans l’exemple précédent : 15 000/100 000 x 365 = 55 jours. Ainsi, au 31.12.2022, les stocks de l’entreprise représentent 55 jours de CA.

La gestion des dettes fournisseurs

Améliorer son BFR à travers la gestion des fournisseurs implique d’allonger le délai de paiement des fournisseurs (dans le respect des conditions contractuelles et légales bien entendu). Pour cela, vous pourrez négocier de meilleurs délais de règlement avec vos fournisseurs les plus significatifs.

En outre, ces actions auront un impact sur le délai de rotation des dettes fournisseurs. Ce ratio mesure le délai moyen de paiement des fournisseurs en nombre de jours d’achat.

Ratio\:de\:rotation\:fournisseurs=\frac{Dettes\:fournisseurs}{Achats\:TTC}\times365

Dans l’exemple précédent : 10 000/ (50 000x(1+20%)) x 365 = 61 jours. Ainsi, au 31.12.2022, les dettes fournisseurs représentent 61 jours d’achats de l’entreprise.

Les encours clients et fournisseurs sont exprimés en TTC au Bilan. Pour homogénéiser le ratio, il faut prendre le chiffre d’affaires et les achats en TTC qui, pour rappel,  figurent au compte de résultat en HT.

Pourquoi le BFR intéresse-t-il les investisseurs ?

Pour évaluer une opportunité d’investissement

Le BFR aide l’investisseur à estimer le niveau d’indépendance financière de l’entreprise qu’il analyse. Par ailleurs, quand il est comparé avec la moyenne sectorielle, le niveau de BFR d’une entreprise donne une indication supplémentaire sur sa bonne gestion ou non.     

Pour anticiper les besoins de trésorerie

Connaître le niveau de BFR de l’entreprise et ses fluctuations au cours de l’année permet de mieux anticiper ses besoins de trésorerie. En outre, cette bonne compréhension des cycles de trésorerie évitera de lui faire prendre des risques sur la continuité de son exploitation.

Questions fréquentes

Quelle est la définition du BFR ?

Le Besoin en Fonds de Roulement correspond à l’argent nécessaire à une entreprise pour financer son exploitation. C’est littéralement l’argent pour que ca « roule ».

Comment calculer le BFR ?

Le BFR correspond à la somme des créances clients et des stocks à laquelle il faut retrancher le montant des dettes fournisseurs, fiscales et sociales.

Qu’est-ce qu’un BFR positif ?

Un BFR positif signifie que l’entreprise à un besoin de financement. Dans ce cas de figure, les créances courantes sont supérieures aux dettes courantes. C’est le cas de la grande majorité des entreprises.

Qu’est-ce qu’un BFR négatif ?

Un BFR négatif signifie que le cycle d’exploitation de l’entreprise génère de la trésorerie. Dans ce cas de figure les créances courantes sont inférieures aux dettes courantes. C’est généralement le cas des entreprises dans la grande distribution.

Un BFR qui augmente est-il une mauvaise nouvelle ?

Un BFR qui augmente n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Si votre activité accélère (ce qui est une bonne nouvelle) vos ventes et donc vos créances clients vont également augmenter. Ainsi, votre BFR sera mécaniquement plus élevé.

Comment financer le BFR de sa start-up ?

Ce sont généralement les capitaux apportés par les actionnaires qui financent les premiers besoins d’une entreprise.

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ROCE : qu’est-ce que le Return On Capital Employed ? https://finance-heros.fr/roce/ https://finance-heros.fr/roce/#comments Mon, 17 Apr 2023 16:52:07 +0000 https://finance-heros.fr/?p=44832 Le ROCE (Return On Capital Employed) est un ratio financier qui permet d’évaluer la performance financière d’une entreprise. Le ROCE d’une société est égal au rapport entre son résultat d’exploitation après impôts et la somme de ses capitaux propres et de sa dette financière nette. ROCE, rentabilité des capitaux investis et ratio de rentabilité économique […]

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Le ROCE (Return On Capital Employed) est un ratio financier qui permet d’évaluer la performance financière d’une entreprise. Le ROCE d’une société est égal au rapport entre son résultat d’exploitation après impôts et la somme de ses capitaux propres et de sa dette financière nette.

ROCE, rentabilité des capitaux investis et ratio de rentabilité économique désignent le même indicateur.

ROCE : un exemple simple pour commencer

Vous décidez d’ouvrir une nouvelle boulangerie en apportant 50 000€ de capital social à l’entreprise et en lui faisant emprunter 50 000€ auprès d’une banque (ceci afin d’aménager votre local, d’acheter un four à pains ainsi que des ustensiles de cuisine).

Comme vous avez de l’expérience, vous savez que cette boulangerie dégagera un résultat d’exploitation après impôts de 20 000€ par an.

➡Le ROCE de votre entreprise s’élève à 20% (20.000/(50.000+50.000)). Cela signifie que chaque 100€ investis par les bailleurs de fonds (actionnaire et créancier) rapporte 20€ chaque année.

Si la boulangerie d’en face dégage un résultat d’exploitation après impôts de 25.000€ à l’aide d’un capital apporté de 70.000€ et d’un emprunt de 70.000€, son ROCE s’élève à 18% (25.000/(70.000+70.000)). La boulangerie d’en face à un taux de rentabilité moins élevé que la votre.

Comment calculer le ROCE ?

Il existe plusieurs formules pour le ROCE ce qui peut créer de la confusion. Plusieurs formules pour un même ratio, comment est-ce possible ? Il existe deux raisons principales à cela.

La première raison est que ce ratio n’est pas normé (comme tous les autres d’ailleurs). Aucune instance comptable légitime n’a imposé une définition officielle du ROCE. Ainsi, chacun peut l’adapter en fonction des spécificités de l’entreprise qu’il souhaite analyser.

La seconde raison est qu’un bilan comptable est équilibré. Les emplois sont égaux aux ressources ou, autrement dit, l’actif économique est égal aux capitaux investis. C’est ce que nous appelons l’équilibre bilanciel.

schéma bilan économique

C’est pourquoi il existe deux formules principales qui donneront le même résultat.

Si vous décidez de faire le calcul par les emplois :

ROCE =\frac{REX (1-IS)}{Actif\:économique}=\frac{REX (1-IS)}{Actif\:immobilisé + BFR}

Si vous décidez de faire le calcul par les ressources :

ROCE =\frac{REX (1-IS)}{Capitaux\:investis}=\frac{REX (1-IS)}{Fonds\:propres + Dette\:nette}

Plusieurs précisions sont utiles.

  1. REX (1-IS) = résultat d’exploitation net d’impôts. Il existe plusieurs synonymes : « résultat opérationnel net d’impôts », « EBIT après impôts » ou encore « Net Operating Profit After Taxes (NOPAT) ». Ces synonymes désignent le bénéfice de la société avant le paiement des intérêts de la dette.
  2. IS = impôt sur les sociétés. En France, il s’élève à 25% du résultat.
  3. L’actif immobilisé correspond au patrimoine de l’entreprise qui a vocation à rester durablement. Il peut s’agir d’usines, de machine-outil ou de brevets.
  4. Le BFR (besoin en fonds de roulement) désigne la trésorerie nécessaire pour financer l’activité de l’entreprise au quotidien. Il correspond à la somme des stocks et des créances courantes auxquels nous retranchons le montant des dettes courantes.
  5. Les fonds propres correspondent aux fonds apportés par les actionnaires ou associés de l’entreprise auxquels s’ajoutent les résultats issus de son activité (et non distribués aux actionnaires).
  6. La dette financière nette désigne la dette financière de l’entreprise (emprunts obligataires ou bancaires) nette de sa trésorerie.

Calculer un ROCE : exemple

Prenons l’exemple de deux entreprises qui évoluent dans le même secteur d’activité. La société A a un volume d’activité plus faible que la société B mais un taux de marge sur résultat d’exploitation après impôts plus élevé : 37,5% pour A (= 7,5/20,0) et 15,7% pour B (=11,0/70,0). Par ailleurs, les deux groupes ont un bilan équivalent rapporté au chiffres d’affaires. En effet, les actifs immobilisés de chacune d’elles correspondent à une fois leur chiffre d’affaires. De plus, leur BFR est égal à 50% de leurs revenus.

Société ASociété B
Chiffre d’affaires 20,070,0
Résultat d’exploitation (REX)10,015,0
Impôt sur les sociétés (IS)2,53,8
Résultat d’exploitation après IS7,511,3
Actifs immobilisés20,070,0
Besoin en fonds de roulement10,035,0
ROCE25,0%10,7%

Ainsi, le ROCE de A s’élève à 25,0% (=7,5/[20,0+10,0]) tandis que celui de B s’élève à 10,8% (=11,3/[70,0+35,0]). Autrement dit, 100€ investis rapportent 25,0€ par an à A et 10,8€ à B pour financer ses apporteurs de fonds. En conclusion, A est plus rentable que B.

A quoi sert le ROCE ?

Le ROCE met en lumière le niveau de rentabilité d’une entreprise. Plus le ROCE d’un groupe est élevé, plus elle est rentable et mieux elle pourra rémunérer ses créanciers et actionnaires.

En outre, le ROCE d’une entreprise peut être comparé au coût moyen de son financement (WACC ou Weigthed Average Cost of Capital en anglais). Trois cas de figure existent.

  1. Lorsque le ROCE d’un groupe est inférieur à son WACC, la marge de l’entreprise ne permet pas de faire face aux exigences de rémunération de ses créanciers et actionnaires.
  2. Lorsque le ROCE est égal au WACC, la marge de l’entreprise permet de payer les intérêts de sa dette et de payer les dividendes attendus par les actionnaires.
  3. Lorsque le ROCE est supérieur au WACC, créanciers et actionnaires sont rémunérés et il reste même un excédent. On dit alors que l’entreprise crée de la valeur.
Grégoire
Les conseils de Grégoire

Pour mettre en perspective le ROCE de l’entreprise que vous analysez, n’oubliez de calculer celui des trois années précédentes (pour voir son évolution) et de le mettre en perspective avec celui d’entreprises comparables.

Qu’est-ce qu’un bon ROCE et comment l’améliorer ?

Le ROCE d’une entreprise est bon lorsque :

  • Il est supérieur au coût de son financement (son WACC) car l’entreprise crée alors de la valeur,
  • Il est meilleur que celui d’entreprises comparables,
  • Il s’améliore dans le temps.

Voici le ROCE moyen par secteur des entreprises composant le SBF 120 (entre 2015 et 2019).

ROCE des sociétés du SBF 120 par secteur
ROCE des sociétés du SBF 120 par secteur | Source : Accuracy

Ce tableau nous permet de constater que les ROCE peuvent évoluer fortement d’années en années. A titre d’exemple, le ROCE moyen du secteur de la chimie est passé de 2,9% en 2015 à 6,9% en 2018. 

Par ailleurs, il existe de fortes différences entre les secteurs. À titre d’exemple, le secteur du luxe dégage un ROCE moyen de 10% en 2019 contre 2,5% dans l’immobilier.

En outre, lorsqu’un groupe est coté en bourse, il est primordial qu’il puisse présenter un ROCE alléchant à ses apporteurs de fonds et à ses investisseurs potentiels. En effet le ROCE est un indicateur de rentabilité et de bonne gestion. Pour améliorer son ROCE, les dirigeants d’une entreprise ont 3 leviers.

  1. L’amélioration de la marge opérationnelle. Cela peut être obtenu en augmentant les ventes ou en diminuant les charges d’exploitation.
  2. L’amélioration du besoin en fonds de roulement. Cela peut être obtenu en diminuant le montant des stocks ou en accélérant le processus de recouvrement des créances clients.
  3. L’optimisation des actifs qu’elle détient. Au lieu de détenir en propre une flotte de véhicules pour les commerciaux, pourquoi ne pas passer par du leasing ?

Questions fréquentes sur le ROCE

Comment calcule-t-on le ROCE ?

Le ROCE d’une société est égal au rapport entre son résultat d’exploitation après impôts et la somme de ses capitaux propres et de sa dette financière nette.

Qu’est-ce qu’on bon ROCE ?

Le ROCE d’une entreprise est bon lorsqu’il est supérieur au coût de son financement, lorsqu’il s’améliore dans le temps et lorsqu’il est meilleur que celui d’entreprises comparables.

ROCE et ROE, quelle différence ?

Le ROCE rapporte le résultat opérationnel aux fonds apportés par les actionnaires et les créanciers. En revanche, le ROE (Return On Equity) rapporte le résultat opérationnel aux fonds apportés par les actionnaires uniquement.

ROCE et ratio de rentabilité économique, quelle différence ?

ROCE et ratio de rentabilité économique sont deux synonymes qui désignent le même indicateur.

Qu’est ce que le résultat d’exploitation ?

Le résultat d’exploitation est l’un des 8 soldes intermédiaires de gestion issus du compte de résultat. Il comprend l’ensemble des produits et charges avant le résultat financier, le résultat exceptionnel et l’IS.

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